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CAFÉ ET CAFÉINE

Le café est une plante de la famille des Rubiacées, comme le quinquina et l’ipéca. L’infusion de café torréfié, prise chaude et sucrée, n’est pas seulement une boisson agréable, c’est une boisson réconfortante, stimulante, excitante, qui trouve fréquemment ses indications en thérapeutique infantile.

CAFE ET CAFEINE.

L’infusion de café sert à masquer le goût de la quinine, et c’est un mode d’administration très usité de ce médicament si désagréable. .Mais il faut bien savoir que le café précipite une partie do l’alcaloïde ; on devra donc doubler la dose et prescrire 20 centigrammes par année d’àge au lieu de 10 dans une demi- tasse de café sucré.

La macération de café vert, usitée autrefois contre la goulte et l’asthme, est bien oubliée aujourd’hui.

Le sirop de café sert à édulcorer les potions toniques, diurétiques, prescrites dans les affections cardio-pulmonaires avec menaces d’asystolie. 11 se prépare avec oOO grammes de café torréfié et moulu pour 4 kilogrammes de sirop simple.

Formule de potion avec sirop de café ;

Teinture de digitale X gouttes

Caféine 0 gr. 40

Benzoate de soude 0 gr. 50

Sirop de café 20 grammes.

Eau distillée GO —

Par cuillerées à potage de trois heures eu trois heures pour un enfant de quatre à cinq ans.

L’infusion de café est très recommandable dans tous les états adynamiques de l’enfance, particulièrement dans les maladies infectieuses, la lièvre typhoïde, la pneumonie, les fièvres éruptives ; elle aidera à réchaulïer l’enfant au sortir du bain froid et à combattre l’algidité. On p’ourra ajouter au café quelques grammes de cognac.

Dans la coqueluche, à la période quinteuse, quand il y a des vomissements inquiétants, on les combattra à l’aide de l’infusion de café ; une cuillerée à soupe après chaque quinte, ou même un quart de tasse (oO, 60 grammes). C’est à J. Guyot (Union Médicale, 1860) qu’on doit l’application du café au traitement de la coqueluche. Voici sa formule : donner le café chaud et sucré, à la dose d’une cuillerée à café au-dessous de deux ans, d’une cuillerée à entremets au-dessous de quatre ans, d’une cuillerée à soupe audessus, 2, 3, 4 fois par jour au moment des repas. Le café est aussi un bon médicament de l’asthme.

CAKÉi.Mi. — Découverte par Runge en 1819, la caféine est un alcaloïde qui se trouve dans le café, le thé, le guarana, la kola, le maté, le cacao. On la retire généralement du thé. C’est de la méthylthéobromine. Elle est cristallisable, peu soluble dans

l’eau (1 p. 100), plus dans l’alcool (1 p. 2o), dans le chloroforme (1 p. 9), moins dans l’éther (1 p. 300). Les sels alcalins tels que le benzoate, le salicylate, le cinnamate de sonde, facilitent sa solubilité dans l’eau, et c’est pourquoi on l’associe toujours à un de ces sels pour l’emploi hypodermique. L’antipyrine favorise également la solubilité de la caféine.

La caféine est un médicament diurétique et tonique du cœur; c’est de plus un médicament d’épargne, qui empêche de ressentir la fatigue, l’essoullement et la sensation de faim.

C’est un excellent stimulant à employer dans tous les états adynamiques de l’enfance, qui relève la force des battements du cœur et excite le système nerveux. Mais cette excitation nerveuse, surtout quand la caféine est employée en injections sous-cutanées, peut dépasser la mesure, et se traduire par de l’insomnie, de la céphalée, du délire (délire caféinique).

Je la prescris à la dose de 10 centigrammes par jour et par année d’âge, en potion ou en solution pour les injections hypodermiques.

Caféine 1 gramme.

Benzoate de soude 1 —

Sirop de cerises 30 grammes.

Eau distillée 80 —

A prendre par cuillerées à potage de deux heures en deux heures (enfant de huit à dix ans).

Caféine 2 gr. 50

Benzoate de soude 3 grammes.

Eau distillée Q. s. pour 10 c. c.

Injecter une seringue de Pravaz (Ogr.25 de caféine) par jour ou deux suivant l’âge.

Citrate de caféine. — [Ce n’est pas un sel défini, mais un mélange de caféine et d’acide citrique; se prescrit en potion à la dose de 10 à 20 centigrammes par jour et par année d’âge.

Valérianate de caféine. — Ce sel a été employé dans la coqueluche; on a fait un sirop de valérianate de caféine ainsi composé :

Valérianate de caféine 1 gr. 50

Sirop de café i 250 grammes.

Les doses sont : chez les nourrissons, 3 cuillerées à café par jour; de deux à cinq ans, 3 cuillerées à dessert; de cinq à dix ans, 3 cuillerées à soupe.

CALCIUM

CAÏNCA

La racine de caïnca [Chiococca anguifuga) contient une matière grasse, une substance amère, une tannique, un acide caïnciqiie, un alcaloïde proche de l’émétine. On peut employer la poudre d’écorce, la décoction (faites macérer 8 grammes dans 250 grammes d’eau pendant quarante-huit heures, puis bouillir huit à dix minutes), Vextrait alcoolique, le sh'op fait avec l’extrait (I p. 150), la teinture^ à 1 p. 5, etc. On a recommandé le caïnca contre les hydropisies (ascite, anasarque) ; il est en effet purgatif et diurétique, et figure parmi les hydragogues les plus puissants. On administre surtout la décoction. La teinture se prescrira dans du vin blanc ou une potion (2 à 4 grammes).

CAJEPUT

L’huile de cajeput ou essence de cajeput s’extrait de plantes aromatiques du genre Melaleuca (Myrtacées). Elle s’obtient pat* distillation des feuilles fraîches. On l’emploie à l’extérieur ou à l’intérieur. On l’a utilisée dans la chorée et les névroses en général, dans les maladies infectieuses, le choléra. A l’extérieur, elle a des propriétés analgésiques. On atténuera sa mauvaise odeur en l’associant à l’eau de Cologne, à l’alcoolat de lavande, etc. A l’intérieur, l’essence de cajeput se donne par gouttes (X à XV). A l’extérieur elle s’emploie pure ou mélangée à des liniments en frictions sur les parties douloureuses.

CALCIUM

Le calcium est un métal dont les combinaisons sont très répandues dans la nature (chaux, carbonates, sulfates, phosphates, sulfures, etc.). L’oxyde et les sels de calcium sont très employés en médecine.

CiiAüx. — La chaux ou protoxyde de calcium (Ca O) s’obtient par la calcination du carbonate ou pierre à chaux. Elle est très avide d’eau. Calcinée et anhydre, c’est la chaux vive\ hydratée, c’est la chaux éteinte. En augmentant la proportion d’eau pour former une bouillie plus ou moins claire, on obtient le lait de chaux., qui

est un excellent désinfectant. En laissant déposer la chaux et recueillant l’eau qui surnage, on a Meau de chaux employée pour l’usage interne chez les enfants atteints de diarrhée, de dyspepsie, etc.

On met dans un bocal de la chaux éteinte en poudre avec 40 fois son poids d’eau, on laisse reposer, on décante, rejetant la première eau; on verse sur le dépôt 100 fois son poids d’eau distillée. On laisse en contact pendant quelques heures en agitant de temps en temps; on laisse reposer encore et on décante Veau de chaux seconde qui devient Veau de chaux médicinale^ un litre contient environ 1 gr. 2o de chaux vive en dissolution ; se prend mêlée au lait, à un sirop, etc. On peut en donner au nourrisson 60 grammes par litre de lait, ou une cuillerée à café étendue de son poids d’eau sucrée avant la tétée. On l’a employée en lavement contre les vers intestinaux. On s’en est servi également en badigeonnages dans la diphtérie pharyngée.

L’eau de chaux sert à la préparation du Uniment oléo-calcaire . Ce liniment s’obtient en mêlant à parties égales l’eau de chaux et l’huile d’amandes douces. Le Codex indique 100 grammes d’huile pour 900 grammes d’eau de chaux, ce qui est défectueux. Le liniment oléo-calcaire a été très employé autrefois dans les brûlures; aujourd’hui on préfère les pansements antiseptiques. Dans le traitement de l’eczéma infantile, du prurigo simple, du prurigo de Hébra, je me suis très bien trouvé des enveloppements faits avec des linges imprégnés de liniment oléo-calcaire; ils peuvent rivaliser avec les compresses d’huile de morue et sont moins repoussants.

Avec la chaux, on prépare un sirop ou saccharate de chaux^ qui contient 25 centigrammes de chaux pour 10 grammes, et qui a été préconisé par Trousseau dans les diarrhées infantiles.

La chaux vive était employée autrefois comme caustique ; on la mêle à la potasse pour faire la pâte de Vienne, au savon médicinal (parties égales) pour détruire les verrues, fongosités, nævi, à l’axonge et au soufre pour guérir la gale. Elle entre dans la composition des pâtes épilatoires et notamment de la ponwiade des frères Mahon si employée contre la teigne. Cette pommade contiendrait 10 p. 100 de chaux et 15 p. 100 de soude.

CAïutoxATE DE CHAUX. — Le carbouate de chaux lavé ou craie préparée est employé comme alcalin et carminatif dans la dys-

CALCIUM

pepsie infantile; on en donne en moyenne 10 à 20 centigrammes par jour et par année d âge :

Craie préparée \

Sous-uitrate de bismuth ( ââ 0 gr. 15

Benzo-naphtol ;

Pour I paquet, en prendre i par jour délayés dans une cuillerée de lait ou d’eau sucrée.

On trouve le carbonate de chaux dans un certain nombre d’eaux' minérales naturelles; parmi ces eaux, il convient de citer au premier rang Pougues.

Phosph.4tede ch.aux (Voy. Phosphore). — Le phosphate tribasique de chaux, vulgairement poudre d'os, a des propriétés antidiarrhéiques et antiacides au moins égales à celles de la craie ; on peut faire des paquets où ces dilTérents sels de chaux sont représentés, et tout le monde connaît bien la décoction blanche de Sydenham, qui est une sorte de tisane phosphatée calcique employée avec ou sans addition de laudanum contre les diarrhées infantiles. Voici sa composition ;

Corue de cerf calcinée et porphyrisée ou phosphate

de chaii.x tri-calcique .'

•Mie de pain

Gomme arabique

Sucre blauc

Eau de fleurs d’oranger

Eau Q. S. pour

10 grammes.

I litre.

Ap rès ébullition, trituration, etc.

Le phosphate de chaux est très employé comme reconstituant chez les enfants anémiques, lymphatiques, scrofuleux, rachitiques, sous forme de solutions acides, de sirops, etc. La préparation connue sous le nom de phosphatine Falières est une sorte de racahout comprenant 2o centigrammes de phosphate de chaux acide, soluble, par cuillerée à soupe.

CiiLOKLHE DE CALCIUM. — Le sel a été prescrit autrefois comme résolutif dans la scrofule; il existe en forte proportion dans l’eau de mer. On le prescrit aujourd’hui comme hémostatique, dans riiémophilie, le purpura, l’épistaxis, en potion :

Chlorure de calcium 2 grammes.

Sirop simple 20 —

Eau 100 —

Une cuillerée à potage toutes les deu.x heures.

Comme topique hémostatique, Carnot l’a associé à la solution de gélatine dont il a donné la formule (Voy. Gélatine).

Chlorure de chaux ou hypochlorite de chaux. — Ce sel se présente à l’étal sec ou à l’état liquide (1 p. 45). C^est un désinfectant énergique qu’on peut employer en gargarisme, collutoire (5 p. 100 de la solution au 45'). ou pour nettoyer les objets souillés (chlorure de chaux liquide). La liqueur de Labarraque est un désinfectant du même genre ayant la composition suivante :

Chlorure de chaux sec 10 grammes.

Carbonate de soude 20 —

Eau 450 —

Employée en irrigations dans la diphtérie à 50 grammes p. 1 000 d’eau bouillie.

Sulfure de calcium. — Le sulfure de calcium est peu employé en formule magistrale ; mais il forme la base de certaines eaux minérales trèsactives, froides ou peu chaudes. Parmi les premières, il faut citer Enghien-les-bains., Pierrefonch.^ Allevard.^ parmi les secondes Camho.^ Gréoidx., etc.

Sulfate de chaux. — Le sulfate de chaux ou plâtre, très répandu dans la nature, quoique à un moindre degré que le carbonate de chaux, est peu usité en pharmacie. Mais on le trouve souvent dans les eaux potables qu’il rend dures, incapables de cuire les légumes [eaux séléniteuses). Il forme la base d’eaux minérales très efficaces, les sulfatées calciques du type Contrexéville.

Le sulfate de chaux déshydraté est très avide d^’eau, et grâce à la solidification rapide de la bouillie que forme son mélange avec l’eau en proportion convenable, il rend de très grands services en chirurgie infantile [appareils plâtrés).

Bromure de calcium. — Proposé pour remplacer le bromure de potassium; on en fait un sirop que certains accoucheurs recommandent pour les nouveau-nés agités, troublant le repos de leur entourage.

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