CHLORE ET CHLORURES
Le chlore a été découvert par Scheele en 1774, puis étudié par Gay-Lussac et Thénard en 1809. Il s’obtient par l’action de l’acide chlorhydrique sur le peroxyde de manganèse. C’est un gaz jaune verdâtre, asphyxiant, provoquant une toux interminable, même à doses faibles. 11 est soluble dans l’eau (3 volumes pour 1 d’eau); on a ainsi Xeau chlorée^ la seule préparation de chlore employée en médecine. On l’a prescrite en potion (1 gramme p. 120), en gargarisme (2 à 3 grammes p. 230), pour l’usage externe en lotions et pommades. Les vapeurs de chlore ont été utilisées comme désinfectant des locaux; le chlore en effet est très avide d’iiydrogène et attaque toutes les matières organiques humides. On produit les fumigations de chlore en faisant agir l’acide chlorhydrique sur l’iiypochlorite de chaux ou chlorure de chaux.
La pommade chlorée (4 grammes d’eau chlorée pour 40 grammes d’axonge) peut être utilisée contre la gale, la teigne. L’eau chlorée,
diluée convenablement, peut servir à la désinfection des plaies fétides de la peau ou des muqueuses, de la gangrène de la bouche, etc. Elle peut être employée comme antiseptique dans les vulvo-vaginites de l’enfance.
CiiLORURCs. — Voir les articles sodium, potassium, calcium, etc.
riULORüRE d’éthyle. — Ce corps, élk(;7' éthylchlor hydrique , est obtenu par l’action de l’acide sulfurique et du chlorure de sodium sur l’alcool. 11 bout à + 10“ et produit un refroidissement assez considérable pour amener l’anesthésie locale, sans provoquer d’eschares. 11 se conserve dans des ampoules de verre ou des récipients métalliques qui le laissent échapper par la chaleur de la main. 11 faut éviter d’approcher une lumière qui pourrait entlammer les vapeurs. Pour s’en servir, on dirige le jet sur la partie à anesthésier, en maintenant l’extrémité du tube à IS ou 20 centimètres de la peau qui aura été préalablement graissée de glycérine, vaseline ou huile. Grâce au chlorure d’éthyle, on peut arracher des dents, ouvrir des abcès, cautériser des verrues, des tubercules verruqueux, etc., sans douleur.
Bardet a proposé le chlorure d’éthyle cocaïné; on pulvérise le chlorure d’éthyle sur la partie à anesthésier préalablement badigeonnée avec une solution concentrée de cocaïne ; ou bien on fait dissoudre le chlorhydrate de cocaïne dans le chlorure d’éthyle, à 1, 2, 3, 4 ou S p. 100. Ce chlorure d’éthyle cocaïné peut être employé en stypage (tampon imbibé et laissé à demeure sur le champ opératoire), ou en pulvérisation, le tube étant placé à 20 ou 30 centimètres. L’anesthésie n’est obtenue qu’au bout de cinq à six minutes, quand le malade a la sensation d’engourdissement. Les dentistes peuvent employer ce genre d’anesthésie pour les opérations buccales.
Sous le nom de coryl, on emploie un mélange de chlorure d’éthyle et de chlorure de méthyle, qui possède aussi des propriétés anesthésiques.
V Anestile est un mélange de 4 parties de chlorure d’éthyle et 1 partie de chlorure de méthyle.
Chlorure de méthyle. — Ce corps, éther me thylchlor hydrique, est plus actif que le précédent. 11 s’obtient en chauffant, en présence de la vapeur d’eau, le chlorhydrate de métbylamine des résidus de betteraves. Il dégage un froid excessif qui se traduit