I. I.V CRISE DES MAGNÉTISEURS. I \ MET VLI.O lOÉUAI'IE
Je serai bref sur un historicjuo que j'ai déjii fait :i plusieurs reprises' mais qu'il est nécessaire de résumer. Quand on feuillette avec curiosité les vieux ouvrages des magnétiseurs français, on trouve cil et li» des descriptions de somnambulismes bizarres caractérisés par une transformation et une guérison subite et monu'ntanée de malades aiq>aravant très névropathes et (b'qirimés. Dans son « Etude du magnétisme animal sous If pi>int de
I. Antomnlisme piyrholoijique , 1889, p. 178; Acciilenis mt'nliiii.r îles liystéricfiies. 1893, p. aaO; .\évroses et iilérs Jixe$. 1888, I, p. 5<). a38. 430 : ntat mrninl <lf$ hystéritiHci, u" «'dilion, 191 1. p. 308, 5'j9, OO9.
vue d'une exacte pratique, » i853, Baragnon parle « de régénération merveilleuse qui s'accomplit tout d'un coup..., d'une résurrection qui s'est opérée toute .seule... et dans laquelle le sujet a repris une entière conscience de son moi' ». On trouve les mêmes remarques dans Pigeaire, « Electricité animale, » 1889; et dans le livre d'Aubin Gauthier « Histoire du magnétisme animal, » 1842, II, p. 873; dans le cours du Braidisme du Dr Philips (Durand et Gros), 188G, p. 97. Maisl'auteur qui adonné la description la plus frappante de ce phénomène me semble être Despine (d'Aix), « Traitement des maladies nerveuses par le magnétisme aux eaux d'Aix », i84o; le livre m'a été signalé par le Dr Gibert (du IlaVre) qui en appréciait l'intérêt. Ce livre est presque entièrement consacré à une seule observation : c'est une étude sur la maladie et le traitement d'une jeune fille de seize ans présentant un état hystérique grave. Estelle à la suite d'une chute peu importante, mais survenue dans des circonstances émotionnantes fui atteinte d'une paraplégie corfiplète avec anesthésie de toute la partie inférieure du corps et troubles dvsesthésiques sur le tronc. Elle était en outre anorexique et ne pouvait tolérer sans vomissements qu'une alimentation très restreinte et bizarre. Elle se plaignait d'un sentiment perpétuel de froid et restait enveloppée dans des couvertures, somnolente, inerte, sans aucune activité volontaire, mais très facilement suggestiblc.
Au cours de diverses tentatives hvpnotiques se développa un état bizarre que Despine appelait « la crise » : cet état était caractérisé par le retour complet du mouvement et de la sensibilité. « Pendant les crises, la sensibilité est partout comme elle était dans l'état primitif de santé... et en mt^me temps Estelle devient capable de courir et même de nager dans la piscine^. » L'état de l'appétit et de la digestion était transformé : « une chose fort remar{|uable chez Estelle est la nature du rég^ime alimentaire qu'elle suit dans l'état de crise et celui (|u'(^lle est forcée d'observer duiant la veille. En crise, revenue dans son état normal d'ancienne santé, Estelle a l'appétance de tout ce qui lui convenait et de ce qu'elre aimait dans ses premiers ans... de plus, elle en mange pendant sa crise avec abondance et impunément; pendatit son état naturel de veille elle ne saurait s'écarter de son régime habituel, du lait et des auifssans en éprouver des crampes