‹ Les médications psychologiquesChapitre 98 sur 123 · I. Delljœiif, Revuf pliilùsophi(jue, i8!^0. II, p. i · texte numérisé non relu

I. Delljœiif, Revuf pliilùsophi(jue, i8!^0. II, p. i

notiser g8 pour loo de leurs malades et les plus modestes ne daignaient descendre qu'à 80 pour 100. Lombroso se moquait déjà de ces statistiques fantaisistes et il demandait si par hasard ces auteurs n'avaient pas eu affaire à une épidémie. Ces mauvaises plaisanteries ont amené la décadence actuelle des études sur l'hypnotisme, elles sont assez punies.

Il est également inutile d'insister sur les hypothèses relatives aux conditions physiologiques de l'hypnotisme, sur la congestion ou l'anémie cérébrale, sur la paralysie ou l'excitation de certaines régions du cerveau, sur les dissociations de certains centres. Ces théories n'ont malheureusement pas plus d'importance que les rêveries des magnétiseurs sur « le fluide nerveux » qui était dirigé à travers l'espace sur les êtres que l'on voulait influencer.

Les théories sociales de l'hypnotisme semblent avoir un peu plus d'intérêt mais nous les avons déjà examinées à propos delà suggestion. M. Ferenczi croit que l'hypnotisme n'est pas autre chose qu'une ancienne passion amoureuse- du sujet transférée sur le médecin : Il est trop facile de répondre que l'on peut être complètement amoureux de son médecin, transférer sur lui toutes ses tendances sexuelles et affectueuses antérieures sans être pour cela hypnotisé : il faudrait au moins ajouter que le sujet entre dans l'état hypnotique par complaisance, pour faire plaisir à son médecin, et nous retomberions dans l'interprétation de l'hypnotisme par la suggestion.

En réalité on est arrivé peu à peu à reconnaître aujourd'hui que les conditions les plus importantes de l'hypnotisme sont des conditions cliniques et qu'il dépend avant tout d'un état particulier du système nerveux et de la pensée chez l'individu que l'on cherche à hypnotiser, « delà disposition momentanée du sujet», comme disait déjà M. Forel'. Une discussion singulière a autrefois amusé quelques esprits : l'hypnotisme est-il un état pathologique ou est-il un état normal ? M.Bernheim déclarait que l hypnotisme de Charcot était une névrose mais que le sien était parfaitement normal. MM. Beaunis, Forel, Yan Eeden, Wetterstrand soutenaient également que leur hypnotisme était une manifestation de la santé morale la plus complète et que tous les

i. Forci, Comptes reiuhis du congres de psycliolniju'. 1SS9, |>. ûi.

LES PROBLÈMES DE L'HYPNOTISME 27:î

individus bien portants pouvaient être transformés de la même façon ; Myers et M. Bramwell renchérissaient en déclarant que l'hypnotisme était même supérieur à l'état normal. D'autres auteurs semblent adopter une position intermédiaire : M. Ochorowicz, M. Ch. Richet ' et peut-être aussi M. Crocq (de Bruxelles) % M. Lœwenfeld^, voudraient faire de la sensibilité hypnotique une disposition mentale anormale, exceptionnelle, si l'on veut, comme les dispositions musicales, mais non pathologiques : ces conceptions semblent aujourd'hui un peu oubliées. L'hypnotisme réel conforme à la définition précédente suppose qu'un individu sous de légères influences peut présenter une scission dans sa conscience et dans sa mémoire personnelle, qu'il est capable d'accomplir des actions importantes, pendant un temps assez long sans en conserver le souvenir et sans pouvoir les contrôler par sa pensée personnelle : il est évident qu'une telle disposition est contraire à l'organisation normale de la pensée, qu'elle peut présenter de véritables dangers et, à moins de jouer sur les mots, on ne peut pas la considérer comme une marque d'équilibre mental et de santé morale.

Un des arguments favoris des auteurs précédents c'est que l'hypnotisme semble être en opposition avec certaines maladies de l'esprit, puisqu'il est souvent impossible de le déterminer chez des malades. J'en suis absolument convaincu : dans nombre de maladies mentales et nerveuses l'hypnotisme est tout à fait impossible. Chez les idiots, chez les déments organiques on n'obtient rien de semblable ; quoique Auguste Voisin ait soutenu avoir hypnotisé des aliénés, des mélancoliques délirants et des maniaques ou des persécutés systématiques, il me semble que l'on a renoncé aujourd'hui à ces tentatives. Si elles étaient faciles ou même possibles, on les aurait continuées, car elles seraient d'un grand intérêt. Gilles de la Tourette remarquait déjà que le somnambulisme provoqué est fort rare chez les épileptiques\ Je me suis intéressé autrefois à ce problème et j'ai essayé d'hypnotiser une vingtaine d'épileptiques : quoique dans de très bonnes conditions pour réussir, je n'ai rien obtenu d'intéressant. Une seule malade m'a présenté un état hypnotique assez net,

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