De Immort, animœf cap. vi, p
POMPONACE. 405
les limites de la raison naturelle. — De veritate quidem hujus positionis apud me nulla prorsus est ambiguitas, cum Scriptura canonica, quœ cuilibet rationi et experiniento humano prœferenda est, cum a Deo data sit, hanc positionem sanciat : sed quod àpud me vertitur in dubium est, an ista dicta excédant limites naturaies ^. >
Des déclarations analogues reviennent chaque fois que l'auteur produit à Tappui de son système une de ces preuves tirées de la raison naturelle.
Distinction sincère ou précaution de leur prudence, cette attitude distingua dès le Moyen-Age les penseurs qui formulaient des enseignements contraires à ceux de rÉglise.
« L'opposition de Tordre de la foi et de Tordre philo- » sophique, que nous avons trouvée... comme le trait » distinctif des averroïstes, est aussi la base du système t de Pomponat. Pomponat, philosophe, ne croit pas à » l'immortalité, mais Pomponat, chrétien, y croit. Ger- » taines choses sont vraies théologiquement, qui ne » sont pas vraies philosophiquement ^. »
Et Bayle ne procède pas autrement sous les ondula-
.i. De ImmorL animœ^ cap. viii, p. 35.
2. Averroès et VAverro'isme, par E. Renan, 2* partie, ch. m, g vi, p. 359.
Tactique persistante!... Le dix-huitième siècle en use, mais avec quelle transparence d'ironie!
< Rome s'est toujours décidée pour Topinion qui soumettait le plus l'esprit humain, et qui anéantissait le plus le raisonnement : je ne parle ici que de l'historique; je mets à part Vinspiration de V Église et son infaillibilité qui ne sont pas du ressort de Vhistoire. »
(Voltaire, Essai sur les mœurs, etc., chap. xly.)
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tions de sa glose narquoise. Entre le doute et le respect, il chemine ainsi, sapant le vieux dogme , opposant les contradictoires, et ne se prononçant pas.
Aussi défend-il vivement la distinction de Pomponace : «Paul Jove*... dit non -seulement que Pomponace, » ayant tâché de prouver que, selon le sentiment d'Aris- » tote, Tâme de l'homme n'est pas immortelle, s'exposa » aux persécutions de la Moinerie, mais aussi que c'est 1 la doctrine la plus pernicieuse qui se puisse voir, et la » plus capable de corrompre la jeunesse et la Morale » chrétienne. Il a sans doute infiniment plus de raison » lorsqu'il rapporte que lorsqu'il se mêle déjuger; car > il n*est d'aucune importance qu'Aristote ait cru la » mortalité de l'âme, ou qu'il ait posé des principes selon » lesquels il n'est pas possible de bien soutenir qu'elle » ne soit pas mortelle. Si donc Pomponace a soutenu j> seulement qu'en se tenant aux principes d'Aristote, on i> ne saurait s'empêcher de dire qu'elle meurt avec le i> corps, son opinion n'est point pernicieuse, pourvu que )) d'ailleurs il reconnaisse l'immortalité de l'âme. Or, » c'est ce qu'il reconnaît expressément et formellement... » En conscience, peut-on accuser d'impiété un homme » qui règle ainsi ses sentiments ? Peut-on l'accuser de )) ne pas croire l'immortalité de l'âme? Sur le même » fondement ne pourrait-on pas soutenir que tous les » théologiens révoquent en doute la Trinité, Tlncar-