STANCE VII
» Le cœur se repaît d'une douce erreur, regardant l'objet aimé en lui-même comme en son œuvre. Puis, parfois le reformant à la lumière divine qui est imprimée en lui^ don rare et céleste, il s'élève de là, de degré en degré, et retourne dans le Soleil incréé, d'où est formée l'empreinte marquée dans le divin objet. Par trois brillants miroirs, une seule lumière, venue de ce visage divin, rallume toute beauté qui orne la raison, l'esprit et le corps; de ce dernier les yeux, et, par les yeux où séjourne son autre servante*, le cœur prend les belles dépouilles reformées en elle, mais non exprimées. D'où, de beautés variées et nombreuses détachées du corps, il forme un concept, dans lequel elle dépeint et figure en un seul objet ce que la nature a divisé entre tous. »
C'est la pure théorie du Banquet^ le procédé de Platon pour s'élever de la contemplation des beautés physiques au culte de l'idéale beauté 1
Quinc' Amor l'alm' in quest' el cor deletta, In lui^ com' in suo parte, anchor vaneggia,