NiCETiSAcoMiNAT., Histor.y lib. H; Venetiœ
54 LES MÉDIGIS.
Par ce goût d'un romanesque accueilli avec prédilection dans leurs récits par les historiens de Byzance, cette société n'est pas tout à fait sans annexion avec celle de notre Moyen-Age occidental, si diverse à tant d'égards, si haïe des sujets de Tempire romain-grec. Ces deux mondes se touchent d'ailleurs par les Croisades, ils communiqueotpar les Vénitiens, les Génois et la Grande- Grèce. Les architectes, les iconographes de Constantinople, ont bâti et décoré San Vitale de Ravenne, Saint- Marc de Venise. Les chevaliers normands de Sicile ont importé les tournois en Orient. Et le paisible Nicétas, décrivant une de ces joutes où l'empereur Manuel, à Antioche, abattit deux champions : « Là, on pouvait voir,
> dit-il, qui tombant à la renverse, les deux jambes en » l'air, jeté bas par ses adversaires, qui renversé de sa » sellé, qui, tournant le dos, fuir à toute bride, qui, » blanc de peur, se musser sous son pavois, d'autres » s'enflammer, voyant que l'adversaire a peur. Frappé » par la furieuse impétuosité des chevaux, l'air fait
> voleter les étendai'ds*. »
C'est qu'aussi les grands heurts des hommes d'armes du Nord, leur tactique primitive, leurs luttes corps à corps, contrastent trop avec la stratégie des Byzantins, servie par la mécanique et la chimie, les catapultes et le feu grégeois de Callinique, lancé par des tubes de bronze 1