Il ne peut être jugé par personne
20. — Nul ne doit oser condamner qui en appelle au Siège apostolique ;
21. — Les causes majeures de toutes les églises doivent lui être portées ;
22. — L'Église romaine n'a jamais erré, et jamais, au témoignage de l'Écriture, elle n'errera ;
23. — Le pontife romain, s'il a été canoniquement élu, devient Saint sans aucun doute par les mérites du bienheureux Pierre, au témoignage du saint évêque de Pavie Ennodius, et selon l'opinion favorable d'un grand nombre des saints Pères, comme il est dit dans les décrets du bienheureux pape Symmaque ;
24. — Par sa permission et sa licence, il est permis aux sujets d'accuser leur prince ;
25. — En dehors de toute Assemblée Synodale, il lui est permis de déposer et de réconcilier les évêques ;
26. — Que celui qui ne s'accorde pas avec TÉglise romaine ne soit pas tenu pour catholique ;
27. — Le pape peut délier les sujets de leur fidélité à un prince inique.
Innocent III (1138-1216), qui prit le premier le titre de vicaire de Dieu, s'exprime ainsi dans son deuxième sermon sur la consécration du Souverain Pontife : (T Fides apostolicse sedis in nulla vnquam turbatione defecity sed intégra semper et illibata permansity ut Pétri privilegium persisteret inconcussum. »
Il compare la dignité pontificale et la royale aux deux grands luminaires placés dans le ciel, Tun brillant de son propre éclat, l'autre d'une lumière empruntée au premier. Dans une phrase de la glose de Zenzelinus sur les Extravagantes de Jean XXII (1316-1334)*, ce commentateur parle de Notre Seigneur dieu le Pape. L'édition de Paris porte le mot Deum supprimé dans les éditions postérieures. « Credere autem domhium deum nostrum Papam conditorem dictœ decretalis, si non potuisset statuere prout statuit^ hœreticum censeretur. i> Deux théologiens espagnols écrivent vers la fin du quinzième siècle : « Le souverain pontife n'a pas été élevé )) seulement à la royauté humaine, mais à la divine, au )) commandement des seuls mortels, des hommes, mais » des anges, non-seulement au jugement des vivants, » mais des morts, et cela non-seulement sur la terre,