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Les Révolutions d'Italie, par fi. Quinet, chap. nî

toujours méconnu des minorités, un caractère essentiel de cette démocratie, c'est Tarabîtion jalouse du pouvoir. On tient moins à être libre que souverain pour sa part, à se garantir de l'oppression qu'à exercer son lot de souveraineté collective. De là, le sort, comme source du pou\oir, tend de plus en plus à se substituer au choix.

L'élection finit par n'être qu'en apparence combinée avec le sort dans ce singulier mode de nomination aux charges, qui gardait le nom menteur de scrutin. En dernier résultat, il ne resta que le sort et l'influence de quelques meneurs politiques très-bien placés au besoin pour l'aider. C'est ainsi que la domination indirecte, mais toute-puissante, des premiers Médîcîs, devait naturellement sortir de cette manière exagérée de comprendre l'égalité démocratique.

En 1328, le scrutin {squittino) est définitivement établi.

Sur ces opérations compliquées, citons Jean Villani. Sa description met en scène la vieille commune, brigues des partis, corporations civiles et religieuses, frocs de moines mêlés aux simarres des magistrats.

f Ceux qui estaient alors Prieurs, avec le conseil d'un bonhomme par sestier (quartier), de concorde trouvèrent ce mode en l'élection des Prieurs et Gonfaloniers, assavoir que Prieurs avecque deux adjoincts populaires par sestier fissent élection et rapport de tous citadins populaires guelfes dignes deToffice du priorat, d'âge de trente ans, en plus, et par semblable mode fissent les Gonfaloniers des compagnies du peuple, ensemble deux du populaire adjoincts par gonfalon, et semblable apport

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fissent les capitaines de party guelfe avec leur conseil, et pareillement les Cinq de la Marchandise, avec le conseil des sept échevinages (cafntudini) des Arts majeurs, deux consuls par Art. Faîcts les dicts rapports en la salle des Prieurs, s'assemblèrent les Prieurs et les Gonfaloniers au commencement du mois de décembre, et avec leurs douze Bons-Hommes conseillers avec lesquels les Prieurs faisaient leurs plus graves délibérations, et avec eux dix-neuf Gonfaloniers des compagnies, deux consuls de chacun des Arts majeurs et six adjoincts ajoutés par les Prieurs, et six par leurs douze conseillers, et d'autres par tous les métiers, si bien qu'en tout estoient au nombre de nouantehuit. Chacun des noms rapportés passait alors au scrutin, moyennant fèves blanches ou noires recueillies par deux frères Mineurs, et deux de Tordre des Prédicateurs, et deux Hermites étrangers, salges et discrets religieux, et une partie d'iceux restoit par tour dans la salle à recueillir et compter les fèves.

» Quiconque avoyt soixante-huit fèves noires estoit approuvé et mis par escrîpt en un registre secret lequel demeura depuis aux frères Prédicateurs. Et son nom escript sur une petite cédule estoit mis en une bourse à six temps daus Tannée, comme il venait. Les dictes bourses estoient mises en une arche fermée à trois clefs et mandée en la sacristie des frères Mineurs, et Tune des clefs tenaient les frères convers de Seltimo..., Tautre le Capitaine du Peuple, et Tautre le bedeau (ministro) des frères. Quand doncques finissoit l'office des Prieurs, avant leur sortie, au moins par trois jours, les Prieurs sortants avec le Capitaine, sonnant et assemblant le conseil, faisoîent venir la dicte arche, et en présence du conseil s'ouvroit, et de deux en deux mois s'ouvroient les dictes bourses, mêlant les bulletins et puis les tirant à.Taventure. Et celui qui estoit tiré estoit Prieur*. »

En résumé, et selon nos formules plus précises :

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