Averroès et VAverroismei par M. E. Renan, p
d main, et lui dis : « Il faut absolument que tu me » contes ce qui t'est arrivé, et comment ou est après la » mort. — Vimiverseli me répondit-il, s'est joint à » VuniverSj et le particulier est rentré dans \si partie. »
Étrange retour ! contée d'abord à l'appui du système opposé à l'immortalité personnelle, cette anecdote est ensuite travestie à la défense de ce dogme.
Toute cette métaphysique du retour à Dieu, si poétiquement symbolisée par le grand artiste de l'Académie, est, par un effort constant deMarsile, rattachée au dogme chrétien de la rédemption. Ses maîtres favoris, ceux qu'il appelle les vieux théologiens {theologi veteres) *, se réclament constamment de Paul et de l'Aréopagite, « les plus sages des théologiens du christianisme'». Bongré, mal gré, tirée à lui, l'orthodoxie catholique sert de passeport à sa pensée, et, en lui-même, peut-être de couverture à sa propre tendance. Mais ce « souverain Jupiter », qu'il célèbre avec Virgile et Orphée, est-il bien, comme le Sommo Giove^ du Dante, « le Dieu crucifié pour nous^ » ?
Ab jove principium, Musœ, Jovis omnia plena.
Ille animus, qui Jupiter dicitur, viget atque implet omnia, et cœlum, quasi citharam quamdam, exagitans cœlestem efficit harmoniam.
i. M. V. y Epist. ,\ih. I, p. 6U.