XXII. Epistola ad qvwndam ducem
Au feuillet 342 de Baluze :
Magne pater patriœ, majorum maxime princeps,
Ad vigilata tibi carmina verte manus.
Carmina per scopulos, per plenas mortibus Alpes,
Misimus, inque brevi, si licet, ipse sequar.
Difficilis labor est, (sed) nil grave nilque molestum
Quod duce, quod domino prœcipieate feram.
Nil potuit gravius mihi cedere quam procul esse
A te, cui, prœter turpia, nulla procul; Qui nullum pateris a te discedere tristem,
Nec gaudes quotiens gaudia nulla moves ; Qui, ne dégénères, titulos œquare paternos
Niteris, atque omnes vincere, pâtre minor ; Pâtre minor solo, major quandoque futurus ;
Dux sequeris, Cœsar antefereris ei.
d'hILDEBERT DE LÂVARD1N 201
Magnud! quid supraque ducem prœnuntia virtus
Sponàet, et imperii vaiicinator onus.
Vult talem gradua ille virum, vir et ipse meretur
Talem successu prospiçuiore gradum- Nolo tenere tuas longis sermonibus aures ;
v Sufficit hora mihi.
Si l'attribution- de Baluze est bien fondée, Hildebert doit avoir fait tenir cette épître à Roger II, duc de Fouille et de Calabre, futur et déjà sans doute prochain roi de Sicile. Quand notre évêque parcourait l'Italie, ce prince l'avait tris honorablement reçu; il pouvait donc avoir formé le projet de l'aller revoir. Mais nous n'insistons pas sur ce commentaire historique, qui n'est . peut-être pas exact. On a dit de Roger qu'il était né * pour fonder un empire; (1) » cependant il n'est pas vraisemblable qu'il ait eu jamais l'ambition de devenir César, c'est-à-dire empereur. Les vers sont assez "bien tournés, et ce qu'on peut louer ou blâmer dans le style rappelle les qualités ou les défauts d'Hildebert. €'est la seule remarque que, pour notre part, nous faisons sur cette pièce.
XXÎIL De pasçione Domini.
Au feuillet 371 de Baluze:
Ponitur in pretio res impretiabilis, ipse
Proditur exiguo venditus œre Deus.
Proditur, accipitur, tanquam latro ducitur idem,
Causam lapsorum crimine mundus agens.
(1) De S.-Priest, UUt. de la conquête de Naples. Voir Biogr. générale, t. XLII, col. 502.
Plebs frémit, accusât prœsul, consentit iniquis
Prœses et infligit flagra minister eques.
Spina coronat eu m, sceptri vice fertur arundo,
Colla patent colaphis, cœdit arundo caput ; Sputa gênas liniunt, oculos velamina celant;
Fert alapas faciès, corpus amara crucis ; Aures multa ferunt convicia, fel daturori,
Yulnera clavorum pes subit atque manus ; Lancea migrantîs pénétrât latus et sibi totura.
Sic horaiaem toto se Deus émit horao.
Nous avons une autre copie de cette pièce, qui nous fait douter qu'Hildebert en soil l'auteur. Cette copie, qui se trouve sans nom dans le n° 16878 (fol. 156) de la Bibliothèque nationale, suit des vers sur saint Joseph et en précède d'autres sur Isaac, les uns et les autres anonymes et pareillement médiocres. Nous croyons ces trois pièces du même poète; mais nous ne croyons pas que ce poète soit Hildebert.