‹ Les mélanges poétiques d'Hildebert de LavardinChapitre 48 sur 118 · LXI. Somnium de lamentatione Pictavensis ecclesim · texte numérisé non relu

LXI. Somnium de lamentatione Pictavensis ecclesim

C'est le récit d'un songe en prose rimée. La pièce est sans aucun nom dans le manuscrit auquel Beaugendre dit Tavoir empruntée, le n° 1529 de la Bibliothèque na. tionale (fol. 104). Ainsi l'attribution de Beaugendre n'est pas même fondée sur une conjecture discutable ; elle est de pure fantaisie. Quelques traits semblent d'ailleurs indiquer que la pièce est beaucoup plus moderne qu'Hildebert - La ville de Poitiers gémit d'être depuis trois ans sans évêque :

Tribus annis noctem passa, Yehor mari nave quassa. • • .

Non exclusit, annis tribus, ' * . Potus sitim, famem cibus. . . .

d'hildebert de lavardin 117

Gela nous paraît faire allusion à la longue vacance dont on rapporte le commencement à Tannée 1271, quand mourut Hugues de Château roux. On lit plus loin:

Me lœdentes, rex, inclina, Ne exultent de rapina ; Facientibus rapinam Rapina sit in ruinam, • .

Nous voyons dans ces rimes un appel au roi Louis IX. La ville de Poitiers ayant été mise en interdit par son dernier évêque, les chanoines, durant la vacance du siège, exigeaient, pour lever cet interdit, le payement immédiat d'une forte amende. Le roi, sur la plainte de la ville, intervint et força les chanoines à se démettre de leurs prétentions. Ainsi la seconde explication confirme la première. Les auteurs de Y Histoire littéraire supposent que ce rythme est d'un clerc poitevin. Nous adhérons très volontiers à leur conjecture.

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