‹ Les mélanges poétiques d'Hildebert de LavardinChapitre 55 sur 118 · LXIX. De quatuor bonis et quatuor inalis · texte numérisé non relu

LXIX. De quatuor bonis et quatuor inalis

Voici les quatre vers auxquels Beaugendre a donné ce titre :

Spernere mundum, spernere sese, spernere nullum, Spernere se sperni quatuor hœc bona sunt.

Quœrere fraude m, quaerere pompara, quaerere laudem, Queerere se quaeri, quatuor base mala sunt.

Il les a, dit-il, extraits du n° 3019 de Colbert, qui est aujourd'hui le n° 3088 de la Bibliothèque nationale. Ils s'y trouvent au feuillet 78, sans titre et sans nom, après une pièce de Marbode : Oratiopœnitentis lapsi (1). Ainsi Beaugendre n'avait aucune

(1) Voir l'édition do Beaugendre, col. 1574,

raison de joindre ces quatre vers aux œuvres poétiques d'Hildebert.

Herrade de Landsberg a transcrit les deux premiers (i) dans le volume dont nous avons parlé. Ces deux vers se lisent aussi, sans nom d'auteur, dans la Somme de Guillaume Péraud (2), dans les sermons sur le Psautier de Philippe de Grève (3), dans le Spéculum ecclesix de Gérald de Barri (4) et dans le Spéculum confessorwm de Geoffroi de Grimouville (5), Ils sont également anonymes dans les n os 8433 (fol. 118, col. 2) de la Bibliothèque nationale, 125 et 215 de Troyes, 710 de Berne. Enfin, en divers manuscrits de la Bibliothèque nationale (6), ils font partie d'un prétendu poème sur le mépris du monde qui figure dans le recueil des Auctores octo sous le nom de saint Bernard. Mais saint Bernard n'a pas plus fait ces vers que le reste de ce poème, fatras de pièces empruntées à plus de vingt auteurs différents (7).

On voit que ces deux vers ont été très estimés. Charles de Yisch et Leysçr (8) racontent que Malachias, archevêque d'Armagh, qui mourut à Glairvaux le 2 novembre 1148, avait coutume de les réciter. N'en est-il pas l'auteur ? C'est à lui que les attribue for- Ci) Biblioth. de l'École des chartes, i ra série, 1. 1, p. 251. (3) Summa de vitiis, tr. VI, part. III, cap. xxxir.

(3) Sermo 251.

(4) Giraldi Gambr. Opéra ; t. IV, p. 295.

(5) Man. lat. de la Biblioth. nation., n» 13479, f. 39.

(6) Notamment dans le n° 8491, fol. 76.

(7) Voir Journal des Savants; 1882, p. 172.

(8) Hist. poetar. medii awt, p. 417.

d'hildebert de lavardin 125

mellement le n° 157 de Valenciennes (1). Quoi qu'il en soit, puisqu'ils étaient connus d'Herrade et de Malachias, il est prouvé qu'ils sont anciens. Nous croyons le second distique plus moderne.

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