‹ Les mélanges poétiques d'Hildebert de LavardinChapitre 72 sur 118 · I. De mutations l Quorum in miss a · texte numérisé non relu

I. De mutations l Quorum in miss a

Il s'agit d'abord de cinq hexamètres, commençant par

Est ratio quod (1) pars aitaris dextera missœ Principium ûnemque tenet ,

que M. l'abbé Bourassé dit avoir lus dans le n° 115 de Tours, après un poème authentique d'Hildebert sur le

(i) lîmi cur.

Sacrifice de la messe. Ces vers sont-ils d'Hildebert? On les trouve, il est vrai, sans nom dans les n" 2905 (fol. 65), 11579 et 15149 (fol. 12) de la Bibliothèque nationale, ainsi que dans les n os 215 et 887 de Troyes, 90 de Saint-Gall et 704 de Berne ; mais Hildebert en est nommé l'auteur dans plusieurs manuscrits anciens, comme len° 14867 (fol. 171) de la Bibliothèque nationale, et dans les Papiers de Baluze, n° 120 (fol. 319 et 371). Nous admettons qu'ils lui sont justement attribués. Mais M. l'abbé Bourassé s'est trompé quandil les a donnés comme inédits à la colonne 1194 de son volume. Ils avaient été premièrement publiés par Jacques Hommey ; Supplem. Patr., p. 459 ; puis ils l'avaient été par Beaugendre, col. 1149, et M. l'abbé Bourassé,. reproduisant le texte de Beaugendre, les avait déjà publiés lui-même. Ils se lisent, en effet, deux fois imprimés, à la col. 1192 et à la col. 1194 de la nouvelle édition.

Us sont beaucoup mieux placés à la col. 1194. On ne comprend vraiment pas pourquoi Beaugendre a pris surjui d'intercaler ces cinq hexamètres dans un long poème en vers élégiaques. La même observation est à faire sur une pièce qui suit, et que Beaugendre aurait dû pareillement insérer dans les Mélanges. C'est une pièce de douze hexamètres, qui, dans les deux éditions, n'en a que onze; ce qui la rend presque inintelligible. La voici telle qu'elle nous est offerte par le n° 2905 (fol. 69) de la Bibliothèque nationale, ancien n? 4168 de Colbert :

Ecclesiœ partes credunt très esse : fidèles, Angelicum cœtum, Domino seraper comiUturo,

d'hildkbert de làvardin 153

Atque viros sanctos merito jam semibeatos.

Tertia torquetur pars, sed vexata piatur.

Ex hoc cœlestis fit mystica fractio panis In totidem partes, cum sit res ipsa superstes. Pars major partem désignât jure peractam.

Altéra de panibus, quœ sicca tenenda jubetur, Pars désignât eos quos dixi semibeatos.

Tertia, quam mos est positam cum sanguine sumi, Prœsentis vitœ signât positos in agone, Quos et adhuc retinet donec sententia purget.

Ces hexamètres, pour la plupart léonins, ne sont pas bons. On peut croire néanmoins qu'Hildebert en est l'auteur. Les copies que nous en avons, dans le n° 2905 et dans le n° 15149 (fol. 14), sont anonymes; cependant le copiste du n° 2905 paraît avoir voulu former non pas un recueil de vers partout choisis, mais un recueil particulier des petites œuvres d'Hildebert.

IL Inscriptiomm chmti(ma/rum libellus.

Nous aurions inséré dans les Mélanges d'Hildebert, où sont déjà de semblables opuscules, les cinquantehuit inscriptions, épigrammes, sentences détachées ou petites pièces qui forment un livre à part dans la nouvelle édition, de la col. 1281 à la col. 1288. M. l'abbé Bourassé lésa trouvées, dit-il, réunies dans le n° 117 des manuscrits de Tours. Ailleurs on les trouve dispersées. La plupart de ces pièces sont, en effet, d'Hildebert, et, quoiqu'elles aient peu de valeur, M. l'abbé Bourassé devait, en ayant fait la découverte, s'empresser de les mettre en lumière. Voici quelques

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notes sur plusieurs de ces pièces* M. l'abbé Bourassé donne ainsi le n° 2 ;

Exsul homo feliœ domo, vescens maie porno, Ob culpœ meritum venit ad interitum.

Dans le n° 3652 (fol. 25) de la Bibliothèque nationale, nous avons cette variante :

Exsul homo felice domo, vescens maie porno, Namque ducem credendo trucem tollit sibi lucem,

Gomme on le voit, la même consonance est trois fois reproduite dans chacun de ces deux hexamètres. Le tour de force est donc plus compliqué; ce qui nous porte à croire que les hexamètres nous offrent l'inscription sous la forme que l'auteur a préférée, te n° 7 n'était pas inédit; nous l'avons signalé particulièrement à la col. 1359 de l'édition de Beaugendre* Ainsi, dans l'édition de M. l'abbé Bourassé, nous le lisons deux fois, aux col. 1282 et 1436. Le n° 10 est, nous le remarquons, mieux placé dans la nouvelle édition que dans celle de Beaugendre (col. 1220), où il est mis en tète d'une pièce qui ne s'y rapporte en rien. Le n° 18 n'était pas non plus inédit. Ajoutons qu'il y manque ici deux vers, tandis qu'il est complet à la col. 1355 de Beaugendre et à la col. 1430 de M. l'abbé Bourassé. De même, le n° 20 se lit deux fois dans la nouvelle édition, col. 1282 et col. 1427 ; la seconde fois d'après Beaugendre. Nous avons aussi deux fois le n° 32, col. 1283 et col. 1426. Ce n° 32 commence dans un de nos manuscrits, le n° 3761 (fol. 72), par

d'hildebert de lavardin 155

Cum te; ce qui vaut mieux. Le n° 45 est donné par M. l'abbé Bourassé d'une façon très peu correcte. Le voici corrigé sur le n° 3761 (fol. 72) de la Bibliothèque nationale et le n° 120 des Papiers de Baluze (fol. 372) :

Interrogation

Omnibus exutos nos et tua jussa secutos

Quœ maneat merces? Die, rex, qui cuncta coerces.

Responsio.

Ante meum vultum cum nil remanebit inultum.

Judicium mecum tractabitur omnibus œquum.

Le n° 50 doit se lire ainsi :

Omne manu factum consumit longa vetustas,

Le n° 53,

In vestimentis non est contritio cordis,

a eu la bonne fortune de devenir proverbial. Matthias Francowitz l'a cité comme tel (1). Le n° 55 n'était pas non plus inédit ; le nouvel éditeur l'avait déjà donné, col* 1279. Le n° 56 nous semble tout à fait indigne d'Hildebert. Pour notre part, nous n'avons rencontré ces hexamètres léonins dans aucun des nombreux recueils qui contiennent plus ou moins de ses œuvres authentiques ou supposées. Est-il plus certain qu'il soit l'auteur du n° 57 ? Gela était douteux pour M. Le Clerc qui, le premier, a publié cette pièce (2). Elle est,

(1) Flacius Illyricus, Varia... de corrupto ecclesùe statu, p. 491.

(2) Hist. lit t. de la Frante., t. IX ; nouv. édit., p. 24 des additions.

il est vrai, sous le nom d'Hildebert dans le n° 3540 (fol. 147) de la Bibliothèque nationale et dans les Papiers de Baluse, n° 120 (fol. 344 et 375) ; mais Beaugendre, l'ayant trouvée deux fois dans ces Papiers, l'y a laissée, et M. Mone, qui Ta de nouveau publiée (i), Ta tirée d'un manuscrit de Garlsruheoù no se lit aucun nom d'auteur. Quant au n° 58, c'est un morceau de prose si mal versifié que nous refusons expressément de l'attribuer à notre évêque, quelle que puisse être l'autorité du manuscrit de Tours. Cette pièce, publiée sous le nom de saint Bernard dans le recueil des Auctores octo, à la fin du poème De contemptu mùndi % n'est pas plus de saint Bernard que d'Hildebert. Elle est anonyme dans les n 08 8023 (fol. 60) et 15155 (foi. 162) de la Bibliothèque nationale, et il est à souhaiter pour l'auteur que son nom ne soit jamais découvert. Disons néanmoins qu'il n'est pas responsable de toutes les fautes qu'on remarque dans le texte donné par M. l'abbé Bourassé. Si l'on croit un jour utile de les corriger, on le fera facilement sur notre n° 15155.

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