LES
L’Eryeine dont il s’agit ici se rapproche beaucoup de celle qui a été décrite dans le numéro précédent. Elle en diffère cependant par son allongement et par sa forme beaucoup plus inéquilatérale, la partie postérieure étant plus longue que l’antérieure. Le bord inférieur de cette espèce est tout. à-fait droit ; il se recourbe et s’arrondit franchement à son extrémité sans aucune trace de troncature, de même que chez l’Erycina biocculta, en d e pl. III fig. 9 et 10. Comme celle-ci la proxima est mince, fragile, transparente, trèsbrillante ; les bords en s’épaississant perdent de leur transparence et prennent alors une teinte blanchâtre. Les sommets sont médiocres, les empreintes musculaires à peu près égales. La charnière est la inême que chez l'espèce précédente, seulement c’est vers le sommet que la dent cardinale se recourbe et forme le crochet. Aïnsi que l’Erycina biocculta la proxima se rencontre très-fréquemment dans les perforations. Il nous est arrivé souvent de la trouver par groupes formés d'individus très-petits et vraisemblablement très-jeunes, renfermés dans la même cavité, et de nombreuses observations nous autorisent à croire que les deux espèces déposent leurs œufs dans les perforations où les jeunes vivent quelque temps en famille, et qu’elles se séparent ensuite pour se répandre dans les excavations voisines. On peut supposer aussi qu’elles parviennent parfois à introduire leurs œufs dans des cavités autres que celles qu’elles habitent ; ce qui porte à le croire c’est qu’il n’est pas rare de rencontrer ces réunions de très-jeunes Erycines dans des espaces trop petits pour avoir pu contenir une coquille adulte ; de même qu'il arrive en d’autres circonstances, que les coquilles sont devenues trop grandes pour sortir du lieu qui les a vu naître.