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Quant aux groupes de notes, sans lesquels il n'y a pas de chant grégorien, ils sont ici, comme dans l'autre système, fidèlement conservés.
Plus nous remontons haut dans la chaîne des siècles, plus est exacle et partout uniforme la manière dont la suite des notes est divisée en formules. Mais à mesure que nous nous rapprochons des âges modernes, bien que la série des notes soit toujours distribuée en formules, cette distribution devient plus arbitraire et moins fidèle à la tradition. Aux quatorzième et quinzième siècles, les amateurs de chant ont d'autres soucis : la composition des motets, et le calcul des temps parfaits et imparfaits absorbent tous leurs loisirs et toute leur attention; le déchant et la mesure ont envahi le sanctuaire; le plain-chant est abandonné à la routine, et s'il en sort, c'est pour recevoir l'empreinte d'un art musical nouveau. Cependant on écrit encore de belles notes sur le parchemin, on les enlumine merveilleusement :
Les groupa de noies sorti essentiels à toiitt
notation.
lies mélo&tes grégoriennes.
Libertés que se dontienl les copistes.
mais que font les notateurs ? Pour eux les groupes de notes ne sont plus qu'une affaire de main et de plume : ils s'inquiéteront peu d'attacher à un groupe une note qui auparavant appartenait à la formule voisine; ils coupent et tranchent sans merci, et recousent à leur guise les notes et les figures. Ainsi, par exemple, supposons que le calligraphie tombe vers la fin d'une ligne sur un groupe trop long pour ce qui lui reste d'espace : sans hésitation aucune et sans le moindre scrupule, il partagera la série des notes qui composent ce groupe, prenant ce qu'il lui faut matériellement pour achever la ligne, et rejetant le reste à la ligne suivante.
Il ne s'écartera pas cependant pour cela des formes graphiques traditionnelles. Qu'il s'agisse, par exemple, d'un groupe de quatre notes descendantes, il les distribuera en deux groupes de deux notes chacun; mais celles-ci seront jointes comme le sont régulièrement deux notes dans le mouvement descendant, c'est-à-dire que le climacus deviendra une double clivis.
CLIMACUS
DOUBLE CLIVIS
Maître souverain des destinées du chant, le notateur, par cela seul qu'il ne sera pas sorti des formes usitées, croira avoir satisfait à toutes les exigences. Souvent il se donnera pleine carrière, sans même avoir, comme dans le cas précédent, l'excuse d'une apparente nécessité. Citons un exemple des licences auxquelles il peut se laisser aller, même dans le cours de la ligne, et sans autre motif que son caprice. Le Répons Vos qui transittiri estis du Lundi de la quatrième semaine de carême, présente sur le mot Domino une suite de torculus d'une grande beauté, tant au point de vue du rhythme que de la modulation. Certains calligraphies ont cru sans doute plus simple de finir les groupes aux notes les plus graves.
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Do- mi-no.
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Chez un grand nombre, ce devient une habitude, presque un principe, de ne jamais finir un groupe, quand il y a encore
ïtyascfi inverses Des neumes.
une ou plusieurs notes susceptibles d être englobées dans la série des rhomboïdes qui font les délices de leur calamus. Jusque-là du moins, ils ne font que substituer un groupe à un autre, et ils demeurent encore fidèles aux formes régulières : ce n'est que plus tard et insensiblement que des figures insolites paraissent sous leur plume. Bientôt cependant, les formules se désorganisent et semiettent, comme on le voit à la dernière ligne des tableaux donnés ci-dessus, pour arriver enfin à la manière moderne, c'est-à-dire à la disparition entière des groupes, et par là à l'exécution martelée qui caractérise le plain-chant actuel.
Arrivons à la conclusion pratique.
Il ne peut exister de doute sur la notation qui convient au plain-chant. Cette notation n'est pas à inventer; nous la trouvons toute faite dans les monuments de la tradition. Elle se compose de notes simples : virga ou punclum ; et de notes composées ou ligatures : podatus, clivis, torculus, etc. Voilà ce qu'il faut reproduire simplement; sans cela on ne peut espérer de restauration sérieuse du chant grégorien. Quand même on ne serait pas certain d'abord de posséder la clef de ces signes, on est sûr du moins, en les reproduisant, de reproduire le vrai chant grégorien, c'est-à-dire un chant noté d'une manière conforme aux vrais principes d'exécution. Il est évident qu'une méthode qui ne pourrait cadrer avec cette notation traditionnelle devrait, pour cette raison seule, être condamnée sans appel. Ce n'est pas à dire cependant qu'une manière de chanter doive être jugée bonne, par cela seul qu'elle concorde avec la bonne notation, ou bien que l'effet en paraît agréable ; car on peut évidemment, sans contredire la notation traditionnelle, comme aussi sans blesser l'oreille, moduler en se servant des mêmes notes que dans les livres grégoriens, d'une façon qui ne serait nullement celle de S. Grégoire. Toutefois, nous le répétons, il y a un grand pas de fait, lorsque l'on peut être certain d'avoir retrouvé la vraie notation, la notation vraiment traditionnelle et grégorienne:. Nous disons retrouver ", bien qu'elle n'ait été perdue que dans l'usage, et depuis un temps relativement court, lorsqu'on le compare à celui où cette notation s'est maintenue saftis altération.
Or la certitude de posséder la notation véritable, celle dont toute la tradition s'est servie pour écrire le plain-chant, résulte
La notation traditionnelle est la seule bonne.
Unité de
la notation.
Jit8 méloDtes grégoriennes.
clairement, croyons-nous, de tout ce qui précède. Nous avons suffisamment fait voir en effet, que la notation primitive et celle qui a précédé immédiatement les altérations dont nous avons parlé, sont une seule et môme notation, qui s'est développée progressivement et régulièrement, comme se développe tout ce qui a vie, comme se développe une plante qui germe, s'épanouit, fleurit, pousse des fruits; mais qui, au milieu de ces transformations successives, est toujours la même plante.
Afin de mieux apprécier la raison archéologique en même temps que la portée pratique des signes de notation, tels que la tradition nous les a transmis en les perfectionnant, nous devons, au risque d'empiéter sur la question du rhythme que nous traiterons plus loin, écarter tout de suite certaines idées fausses ou inexaéles qui pourraient empêcher de bien interpréter plusieurs de ces signes, particulièrement la virga. Ce qui nous conduira à parler des lettres dites significatives , et des signes attribués à Romanus.
CCï)^Pttrt \)L LES NEUMES PAR RAPPORT À LA DUREE