SONS UNIS. SONS DETACHES
Groupes
ascendants.
2° Le scandicus, comme le groupe qui précède, est ascendant; mais il se compose de trois sons, au lieu de deux.
Pour l’écrire, on se sert du podatus auquel on ajoute une note caudée g^ . Celle-ci est la traduction de la virga des neumes. Elle ne pourrait, dans le cas présent, être remplacée par la simple carrée g" . Cette carrée culminante ne reposant que sur l’angle du podatus ne paraîtrait pas suffisamment faire corps avec lui, et donnerait au groupe un aspeél tronqué. L’œil serait inquiet de cette position mal assurée : il réclame un étai pour tenir la note en équilibre. C’est ici en quelque sorte une question d’architeélure. Mais c'est aussi une question de musique, vu l’importance qu’il y a, pour la bonne exécution du chant, à ce que les éléments qui composent chaque groupe de notes forment un tout parfait, et puissent être facilement embrassés d’un coup d'œil.
Trois sons ascendants peuvent être écrits d’une autre manière : c’est-à-dire au moyen du podatus qui, au lieu detre comme tout à l'heure suivi d’une note caudée, se trouve précédé de la carrée Jh . Ainsi écrite, la formule est quelquefois appelée salicus , bien que dans le satines proprement dit, la carrée soit à l’unisson de la première note du podatus aS .
Les séries ascendantes qui comprennent un plus grand nombre de sons, s’écrivent également par le podatus répété autant de fois que cela est nécessaire, et augmenté, s’il en est besoin, ou du pundlum ou de la virga , comme on le voit plus loin, au bas de la page 91.
30 La flexa , autrement dite clinis ou clivis, formule représentant deux sons dont le premier est plus élevé, le second plus grave, commence par une caudée et finit par une carrée V La raison en est facile à comprendre d’après ce que nous avons dit : c’est ici encore, d’une part la tradition, d'autre part l’avan-
Rgute et exécution ues formules.
tage de bien asseoir la formule, pour que l’œil y reconnaisse sans confusion pos'sible un groupe à la fois distinéf et indivisible : ce qui n’aurait pas lieu, si la formule était écrite en notes carrées.
4° Dans le climacus et dans les séries descendantes qui comprennent un nombre de sons plus ou moins grand, les rhombes sont disposés dans la même direction oblique, de manière à ce qu’ils soient tous subordonnés à la note caudée culminante :
Cette note caudée commande en quelque sorte toute la série des rhombes : ceux-ci avec la caudée elle-même sont embrassés d’un même coup d’œil, et forment ainsi un seul tout, bien qu’il n’y ait pas de lien matériel.
5° Le torculus ou pes flexus. Ce groupe figure trois sons dont le deuxième est plus aigu, quel que soit du reste l’intervalle qui les sépare.
Exemples : ■»"" ®*b «*"■
Rhombes.
A cette formule se rattachent toutes celles qui, se composant de plus de trois sons, ont le deuxième, comme dans le torculus , plus élevé que les autres : ces formules s’écrivent au moyen du podatus suivi de plusieurs rhombes sur une même direction descendante :
Ces figures appelées subbipunclis , subir ipunclis etc. pourraient se traduire ainsi :
Mais ce mode d’écriture qui, à la rigueur, pourrait être accepté, lorsque les notes se suivent sur la portée par degrés conjoints, ne serait plus possible lorsque les degrés sont disjoints, car alors le groupe ne ferait plus pour l’œil un tout suffisamment compaél. Avec les rhombes subordonnés au podatzis , l’œil, au contraire, comme dans le climacus , saisit facilement l’unité du
86 Etes imloïues grégoriennes.
groupe, bien que les éléments qui le composent ne se touchent pas matériellement.