DACOSTA
E féroce gamin avait une figure douce, jolie, intelligente, distinguée même, n'annonçant aucun instinct pervers, aucune autre prétention que celle d'accrocher les cœurs. Il avait été assez bon camarade et on l'appelait Coco tout bonnement. Ce fut le digne complice de Rigault, et l'esprit, se refusant à croire à tant de scélératesse dans de si jeunes tètes, est obligé d'admettre que ces Marats imberbes n'avaient point conscience de leurs actes. Dacosta avait traîné ses coudes sur toutes les tables des caboulots du quartier Latin; c'est au milieu des orgies qu'il rencontra Rigault avec lequel il se lia. Débauché et fainéant. Il connut souvent la misère et lit bien des métiers, donna des leçons de mathématiques, fut correcteur de la Cloche et rédacteur de la Libre Pensée.
Lorsque Rigault fut nommé à la préfecture de police, il appela à lui Dacosta, qui ne le quitta plus : secrétaire à la sûreté générale, lorsque Rigault en fut délégué, substitut de la Commune, lorsque Rigault en fut procureur.
Les deux bandits commirent des atrocités