A. DU PONT
UPONT était un joli garçon, à la ligure artiste, à l'œil doux. Il portait de longs cheveux blonds et une belle barbe blonde également qui ne rehaussait point l'expression un peu fade et très-bénigne de sa physionomie. Travailleur infatigable, mari rangé, employé économe, Dupont n'avait de communeux qu'une ambition e.Frénée que servait mal sa timidité naturelle et sa notoire incapacité.
Sa popularité date du second procès de Blois. Simple employé du Crédit foncier, Dupont s'occupait de chimie à temps perdu et lit spécialement des expériences sur la nitro-glycérine. « J'en ai mis, disait-il, à un de ses amis, gros comme un pois sous dix pavés, les pavés ont sauté à quinze pieds en Tair. »
A. DUPONT. 8s
Quelques-uns de ses amis songèrent à utiliser les connaissances de Dupont ; on en parla dans des réunions privées. La police broda un complot sur le tout et présenta l'anodin Dupont comme Tàme de la conspiration. Il fut condamné le 9 août 1870 à quinze ans de prison et rendu à la liberté vingt-cinq jours après par la révolution du 4 septembre.
Il fut pendant le siège employé à la préfecture comme chef de la police municipale. Le 26 mars il fut nommé dans le 3^ arrondissement par 5,752 voix. Délégué à la commission de sûreté générale le 21 avril, il s'y enterra. Il n'est guère question de Dupont dans les séances de la Commune non plus que de son homonyme. Il déclara qu'il ne voyait aucun danger dans la création d'un Comité de salut public qui aurait pour seul mandat de poursuivre et de punir les traîtres, et vota pour.