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en 1841, croyons-nous. Son père s'était enrichi à la façon de la bande noire, achetant en bloc d'anciens biens seigneuriaux, — terres et mobiliers, — et en les revendant en détail. C'est grâce à ce métier qu'il put transmettre à son lils les soixante mille livres de rente dont jouit Tridon.
L'envie et les déceptions ont seules pu jeter cet homme hors de sa voie. Objet de la pitié et peut-être des risées des autres, il s'en vengea par la haine et se trouva naturellement du clan de tous les déshérités et de tous les revendicateurs.
Venu à Pads étudier le droit, il débuta en littérature et en politique par une brochure pu^ bliée en 1864, Les Hébertistes, qui valurent à l'auteur trois mois de prison. Le Critique qui suivit n'eut pas meilleure chance et fut supprimé également.
Sorti de Sainte-Pélagie, il fonda le Candide^ journal hebdomadaire, assez finement fait pour entrer dans la politique sans donner prise à la justice impériale. Il était parvenu à tirer à 11,000 exemplail'es, chose rare en tel cas sous l'Empire. Au commencement de 1865, le vingt et unième numéro fut saisi, et Tridon en qualité de gérant condamné à six mois de prison.
A peine sorti de Sainte-Pélagie, Tridon se fait le chef d'une société secrète qui se réunissait au café de la Renaissance, sur le boulevard Saint- Michel. Là se trouvaient plusieurs hommes, qui ont depuis joué un certain rôle dans la Commune : Protot, Humbert le père Duchêne futur, Sornet qui devait l'imprimer, Levrault, que Protot lit chef de la i'^ division de police, Landowski, qui fut chef de légion. Un beau soir, le commissaire Lagrange parut dans la salle de la conjuration et saisit les conjurés. Tridon, en qualité de président, fut condamné à quinze mois de prison, après avoir fait quatre mois de prison préventive.
Quoique souffrant, il fut impliqué dans le procès de Blois et condamné à la déportation. Il s'enfuit en Belgique et y resta jusqu'au 4 septembre. Il entra alors à la Patrie en danger de Blanqui , qu'il admirait beaucoup, et prit part aux furibondes campagnes du journal contre le gouvernement. Un mandat d'amener lancé contre lui après le 31 octobre n'eut point de suite.
Nommé par deux départements à la fois, la Côte-d'Or et la Seine, à l'Assemblée de Bordeaux, il s'y rendit. Puis, ayant à opter entre cette Assemblée et la Commune, il choisit la Commune et revint à Paris, oii 3,948 vo-
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tants l'avaient nommé dans le 5*" arrondissement. Il iit partie de la commission executive jusqu'au 21 avril. Il présenta un projet de loi pour les échéances, et, sachant le degré de contiance à accorder aux gardes nationaux, il demanda que les scellés fussent mis sur les armoires dans les maisons qu'ils occuperaient. Il signa le manifeste de la minorité et refusa absolument de reparaître à la Commune.
Ecrivain de talent, nature haineuse mais distinguée, pourtant révolutionnaire et blanquiste à tout crin, mais honnête homme encore, Tridon récusa les derniers actes de la Commune. Les secousses douloureuses quelui ontcausées la conduite de ses collègues ont influé sur son tempérament débile et on le dit aujourd'hui mortellement malade.
Tridon était méfiant, méchant et implacable. Laid au physique, laid au moral, il eut quelques familiers que lui firent sa fortune, mais jamais d'amis.