‹ Les membres de la Commune et du Comite centralChapitre 79 sur 142 · VIARD. 24S · texte numérisé non relu

VIARD. 24S

dûment à la Commune et prit souvent la parole, toujours pratique, mais encore plus souvent jeune.

Il fut quelque temps délégué au 11^ arrondissement.

Il eut une assez triste aventure pendant sa gestion aux subsistances. Il avait confié 600,000 fr. à deux individus chargés d'acheter des vivres en province. Les deux individus disparurent avec Fargent et Viard attendit jusqu'au dernier jour les vivres promis.

Il demanda la réduction du prix de VOfficiel en motivant singulièrement sa proposition : « En présence des fautes que nous avons commises, dit-il, je demande que le prix en soit réduit à 5 centimes. » Il se montra assez intelligent lorsqu'il essaya de faire désavouer son manifeste à la minorité.

(( Si nous avons des reproches à nous adresser, dit-il, ce n'est pas en récriminant que nous arriverons à un bon résultat. Il me semble que nous devrions nommer une commission de trois membres qui s'entendrait avec la minorité. » C'est lui aussi qui proposa l'introduction du public aux séances de la Commune.

(( Jeune, mais pratique, » est en fuite. Son arrestation deux fois annoncée a été deux fois

démentie. C'est par ordre alphabétique le dernier membre de la Commune, il clôt dignement cette bande, qui commence par un visionnaire devenu fou et linit par un faquin véreux.

ANDIGNOUX.

N D I G N o u X était un marchand de vin, à tête de bouledogue, grand, brun et âgé de trente-cinq à quarante ans.

Quelques dîners de vendredi saint faits chez lui par une société de libres penseurs le poussèrent à se faire nommer membre de la société. Dès lors il se mêla de politique encore plus que de religion, donna avec la ferveur d'un ignorant tête-bêche dans les théories socialistes et s'affilia à l'Internationale pendant

le commencement du siège. Plus actif qu'intelligent , il prit une part considérable à la réorganisation de l'association dans Paris, et fut secrétaire de la section du Père-Lachaise, section de formation récente.

Nommé membre du Comité central, il en fut le premier président, et en resta toujours une des sommités les moins verbeuses , il est vrai , mais les plus influentes à cause de son énergie. Il était particulièrement lié avec Chouteau, qui habitait le même quartier que lui, et avec Régère, dont Taudace lui plaisait. Il prit part à l'essai d'émeute du 29 janvier mené par Brunel et par Piazza, et signa les premières affiches de la révolution du 18 mars.

Il se porta candidat à la Commune dans le 15^ arrondissement aux élections du 2^ mars. Cette grosse bêtise bouffie de sa personne se croyait assurée du succès, et demanda que l'installation de la Commune fût faite avec toute la pompe possible. Andignoux n'obtint que 1,606 voix. Eclatante défaite. C'est lui et quelques-uns de ses collègues, rebutés comme lui par les électeurs, qui maintinrent le Comité central, afin de ne point laisser s'évanouir le pouvoir qu'ils avaient un moment saisi.

Il y eut, comme on sait, une sorte de conspi-

Page 1