‹ Les Mémoires d'un VeufChapitre 4 sur 33 · MON HAMEAU · texte numérisé non relu

MON HAMEAU

Rien n'est plus beau.

11 y a de l'eau courante, des arbres point trop clairsemés où chante le rossignol.

Des maisons toutes petites dans de grands jardins suffisamment fleuris et bornés par des haies pleines de nids.

Les femmes s'appellent volontiers Basilie, Azelnia, Benjamine, môme Lodoïska, et sont faciles.

Quant aux hommes, trop bons buveurs et très mauvais sujets, les trois quarts d'entre eux sont des Théodulphe, des Raphaël et vont jusqu'à Pamphile.

Parmi les termes d'amitié et les caresses de langage se trouvent : « c Verrat-là, sale maquereau, punaise, poupée ».

On vole terme et on bataille bien, niais on plaide peu. Cette peur des gendarmes et des a grandes manches noires » — ou rouges !

Le patois, très léger, vous a un air Directoire : « toujou, amou, n'est-pàs (pour n'est-ce-pas) mon frè, ma sœu, enco, » avec des férocités apaches ou canaques telles que « y a yauque ladelé » ( il y a quelque chose Là-dessous).

Seulement....

Et voilà pourquoi j-o rentre dans ce Paris maudit, ce Paris redouté du Belge de Baudelaire.

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