‹ Les Mémoires d'un VeufChapitre 7 sur 33 · UN BON COIN · texte numérisé non relu

UN BON COIN

UN BON GOTN

0 rien de ce que votre méchante imagination pourrait croire.

Un débit dont le comptoir ne se ternit que sous des mains sobres ou presque, en tous cas honnêtes et bien élevées ou quasi ainsi. Rare, hefti? un endroit pareil en ce Paris-ci?

Le « patron »,un grand chatain-clair, est d'une jovialité avenante mais qui sait choisir son monde. Vêtu presque toujours d'étoffes claires, par un caprice de blond, sans doute. Jamais on ne l'a vu dans le tricot du troquet, et ça effarouche les galvaudeux du querquier.

La Patronne, beauté royale, a tout le sérieux et la gaieté qu'il faut. Quelquefois sa physionomie claire et franche assume une impassibilité peut-être ironique; mais quand un client lui offre une rose ou riiunible bouquet de violettes, elle s'épanouit d'un vrai plaisir déjeune femme

qui aime des sœurs dans les fleurs. Une cage toute pépiante d'oiselets des Iles sollicite à chaque instant son regard et son sourire.

L'enfant de la maison est une grande petite fille, pâle mais forte, et spirituelle ! et gamine ! et bonne en diable.

Knlîn une dynastie de commis se succède à de longs intervalles, ce qui fait l'éloge de ces jeunes gens et de la maison.

Deux entre autres de ces employés portaient les mêmes noms Papal et prénom présidentiel.

L'un, petit, éveillé, à la frimousse de gavroche et d'Annamite, étonnait le client de ses yeux toujours malins, pas trop méchants, et de ses réparties éTaPantes, comme on dit en ce lieu dont le langage est spécial.

L'autre, robuste garçon, tète de jeune empereur romain, plus calme et non moins espiègle au fond, piquait d'un mot répété à de savants intervalles l'imprudent qui l'avait une fois prononcé à tort : « Très joli», a Je suis dans le sous-sol », par exemple.

P>ref, un personnel très bien.

Parmi les clients de choix, on compte des poètes que chevelus ! et d'autres trop ehau-

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