CHAPITRE IX
Comment le doyen d'Arras , quy avoit esté cause défaire ardoir ceulx quy atxAent esté prins comme Vauldois, tumba malade, et hors de son bon sens.
Environ ce temps , messire Jacques Dubois , maistre et docteur en théologie , et doyen de l'église Notre-Dame d'Arras, comme il alloit en la ville de Corbey, eut une maladie, et fht hors de son bon sens ; on le ramena à Paris. Iceluy messire Jacques estoit reppnté bon clercq ; et le
plaignoient plusieurs ; il y en avoit anqr q«y disoient que c'estoit punition de Dieu, vu que par son admonition et advertissemâit, on avoit prins conmie Vauldois ceulx çy-dessus Dommez, et les avoit-on ards.
Et combien que messire Jacques revint eomme on disoit, en son bon sens, il n'y avoit point de seureté; il falloit qu'il se tint en une diambre, et enfin les membres lui faillirent, il s'alita par maladie : il avoit grands troulx en son corps , et grandes playes , et fut fort martirisé. Disoient aulcuns qu'il avoit esté empoisonné par les Vauldois ou ensorcelé ; et à la par fin , environ le mois de février audit an 146 1 , moonit ledit messire Jacques Dubois , lequel eut tout son bon sens à la mort , et certes il fit belle fin.
L'an 14ai, au mois de juin fut la cause du seigneur de Beauffort plaidoyée en parlement, allencontre des vicaires de l'evesque d'Arras , et contre touts ceulx qui avoient interrogé les prisonniers comme Vauldois : en plain parlement il fut dit , par maistre Jehan de Popiocourt, advocat en parlement, conseiller dudit seigneur de Beauffort, plusieurs cruelles dioses, en donnant de grandes charges à ceulx qui s'estoient meslez de l'inquisition de ladite vaulderie , et sy dit entre aultres choses , que des qu'ung prisonnier estoit prins pour vaulderîe, on luy disoit que s'il n'avouoit, il seroit bruslé , et que s'il avouoit on le lairoit aller, sauf quelque paine , comme ung petit pèlerinage. Quand ils ne voulloient rien confesser, on les mettoit à la torture , tellement qu'il falloit qu'ils coi^essassent tout ce qu'on voulloit. Dit encoires ledit Popincourt , que quand le sieur de Beauffort eust esté mené es prisons , après avoir juré qu'oncques n'avoit esté en ladite vaulderie, messire Jacques Dulx)is se Jetta à genoulx devant ledit sieur de Beauffort , et le pria moult humblement, qu'il confessât d'avoir esté en ladite vaulderie , qu'aultrement il ne le pouvoit empêcher d'estre ards , et touts ses biens et héritaiges confisqués : mais que s'il le voulloit confesser il seroit délivré avant quatre jours , et ne seroit ny mistré ny preschiez ; et que ce qui le portoit à le prier , c'estoit pour la pitié qu*U avoit de luy et de ses enfans^ lesquels demooreroient touts pauvres ; et quant le seigneur de Beauffort l'ouit , il dit qu'il avoit Juré le contraire , a quoy le doyen respondit qu'il ne luy en chaulsist , et qu'on l'en absouderoit ; el par telles parolles et aultres qui estoient longues à * racompter, ledit seigneur de Beauffort confessa avoir esté en vaulderie. Ledit Popincourt dit encoires, que le seigneur de Beauffort aiant oon*