‹ Les mémoires (extraits);Chapitre 62 sur 64 · ÉTRANGE FORTUNE D'UNE FRANÇAISE · texte numérisé non relu

ÉTRANGE FORTUNE D'UNE FRANÇAISE

règne aujourd'hui, et que son mari, jaloux d'elle, longtemps avant d'être roi d'Angleterre, tint enfermée le reste de ses jours, après avoir fait jeter dans un four ardent le comte de Kœnigsmarck. Frédéric, frère cadet de Christophe-Louis ci-dessus, et de Georges-Guillaume, avait usurpé le duché de Zell sur Georges- Guillaume, mari dans la suite d'Eléonore Desmiers, absent à la mort de leur père, qui par son testament avait ordonné que Hanovre et Zell seraient chacun pour les deux aînés à toujours. Georges-Guillaume conquit et garda le duché de Zell, et Christophe-Louis demeura duc de Hanovre. Il se fit catholique en 1657 et mourut en 1679. 11 avait épousé en 1667 Bénédicte-Henriette- Philippine, palatine, sœur de la princesse de Salm et de la dernière princesse de Condé, filles du second fils de l'électeur palatin, roi de Bohême, mort proscrit en Hollande, dépouillé de tous ses États par l'empereur, sur qui il avait usurpé la Bohême. Ainsi cette Eléonore Desmiers Olbreuse était belle-sœur de la duchesse de Hanovre ou de Brunswick, que nous avons vu mourir à Paris, au Luxembourg, il n'y a pas longtemps, et belle-mère du second électeur de Hanovre, premier roi d'Angleterre de sa maison, et grand'mère du roi d'Angleterre, électeur de Hanovre d'aujourd'hui. Malgré l'inégalité de son mariage qui se pardonne si peu en Allemagne, malgré les malheurs de sa fille, sa vertu et sa conduite la firent aimer et respecter de toute la maison de Brunswick et du roi d'Angleterre, son gendre, et considérer dans toute l'Allemagne.

Page 1