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‘0bs..6. — Marie J.., 18 ans. Vue le 25 Octobre 1908.
ANTÉCÉDENTS HÉRÉDITAIRES. — Mère : a eu 4 enfants, règles normales; pas d’hémorragie. Grand'mère a eu coliques hépatiques. Père : rien. Les sœurs ont eu des épistaxis faibles, mais peu graves.
ANTÉCÉDENTS PERSONNELS. — Coqueluche, rougeole dans l'enfance. Les règles apparaissent à 14 ans et demi; régulières, indolores, durent d’abord 10 jours, puis 4 à 5. Les premières ont été de véritables pertes. Epistaxis peu graves mais fréquentes dans l'enfance, sont devenues abondantes et fréquentes (2 à 3 fois par semaine), de jour et de nuit, difficiles à arrêter au moment de la formation. Elles durent ainsi jusqu'en Juin 1908, malgré les traitements employés.
Érar ACTUEL. — Depuis Juin : règles diminuées, épistaxis disparues. Actuellement : teint pâle, muqueuses décolorées ; aspect bouffi de la face des chlorotiques. Taille et habitus général d’une fillette de 14 à 15 ans.
Rien au cœur et aux poumons. Souffle extra-cardiaque et dans les vaisseaux du cou, Tube digestif normal. Urines normales. Abdomen : foie déborde légèrement les fausses côtes, la rate est sensible à la percussion. Ecchymoses faciles sur tout le corps. L'enfant saigne longtemps après piqûre ; il ya 4 ans a saigné plusieurs heures après s'être cognée dans un arbre. Pas d'hémorragie à la chute des premières dents.
ExaAMEN DU sanG. — G. R. 3.250.000, G. B. 4.500. Hémoglobine :0,50. Polynucléaires : 72; mononucléaires : 12; macrophages : 15, éosinophiles : 1; lésions anémiques.
Coagulation du sang au doigt : subnormale, saignement prolongé.
Le sang pris à la veine coule rapidement, sédimente lentement, coagule en 25’. Rétraction minime du caillot, sérum de couleur normale: LÉ
Deuxième examen du sang Janvier 1909 : même coagulation de type plasmatique en 16’. Hémoglobine remontée à 69,
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Traitement sérique : le 9 Novembre, 20 centimètres cubes de sérum de cheval; quelques résultats au début. En 1909 et 1910, injection sérique de 20 centimètres cubes tous les 3 mois. Au total, efficacité douteuse : règles irrégulières, fortes ou quelquefois absentes. Epistaxis de temps en temps.
31 Août 1909 : Coagulation de sang veineux après sédimentation rapide en 22’; caillot peu rétractile.
On tente successivement l'opothérapie : hépatique, thyroïdienne, ovarienne, sans résultat utile.
D'Août 1909 à Mars 1910 : règles normales, peu abondantes, durant 8 jours, sans épistaxis. En Février : forte épistaxis ; en Juillet, épistaxis durant toute une nuit remplace les règles pour 2? mois. En Septembre, réapparition des règles, abondantes et prolongées (12 jours), avec épistaxis pendant 24 heures. Syncope au lit.
Ecchymoses sur le corps. Injection de sérum de cheval tous les 2? mois.
Obs. 7. — FF. Berthe, 14 ans. Vue le 28 Septembre 1909.
ANTÉCÉDENTS HÉRÉDITAIRES. — Mère morte il y a 7 ans. Père toujours malade (?;. Un cousin germain a épistaxis fréquentes et abondantes.
ANTÉCÉDENTS PERSONNELS. — fille unique, née à terme; nourrie au sein jusqu’à 2 ans. Dentition à 8 mois; marche à 1 an.
Bronchites fréquentes. Diphtérie à 9 ans. A cet âge, épistaxis fréquentes pendant 1 an.
DÉBUT DE LA MALADIE. — Règles apparaissent le 8 Décembre 1908, régulières jusqu’en Juin 1909, durant5 à 6 jours. Depuis règles durant 15 jours, même 3 semaines, cessent à peine 5 à 6 jours : écoulement abondant, continu, sang pur avec parfois des caillots. Apparition facile d’ecchymoses; il y a 2 mois, jambes et cuisses couvertes d’ecchymoses. Sans manifestations articulaires.
À L'EXAMEN : Abdomen normal, vulve intacte, touch
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rectal et palper abdominal montrent utérus ‘petit et dur. Aspect anémique. Souffle dans les vaisseaux du cou. Cœur, poumons, reins normaux.
Coagulation du sang veineux quasi normale en 15 minutes, sans sédimentation. Rétraction rapide du caillot. Sérum plus jaune.
ler Octobre. — Hémorragie a cessé au repos. Injections de 20 centimètres cubes de sérum antidiphtérique.
14 Octobre. — Pas de nouvelle hémorragie; le teint se recolore, bon état général.
9 Novembre. — Va à Epinay en bonne santé.
Obs. 8. — Y..., 19 ans.
ANTÉCÉDENTS HÉRÉDITAIRES. — Mère a règles fortes et prolongées (7 à 10 jours), douloureuses le 1er jour. Epistaxis dans l'enfance, ecchymoses faciles. Coliques hépatiques il y a 10 ans, teint jaune. Deux filles, la plus jeune, 15 ans, eut un ictère catarrhal. Cinq tantes maternelles, ont des règles fortes, non anormales; 2 ont eu une jaunisse. Père jaunisse grave il y a 13 ans, quelques années après séjour au Brésil, pas de tendance hémorragique de son côté.
ANTÉCÉDENTS PERSONNELS. — Scarlatine : 4 ans; varicelle à 8 ans.
Appendicile à 17 ans. Epistaxis fréquentes dans la première enfance.
Erar ACTUEL : Jeune fille, grande, forte. Règles apparurent à 13 ans et demi, irrégulières, loutes les 7 à 8 semaines, parfois tous les 2 mois, fortes et prolongées.
Il y a 2? ans, fortes épistaxis en dehors des règles. Depuis 1 an, règles toutes les 5 semaines, abondantes. Il y a 3 mois, pertes abondantes qui n’ont pas cessé mais avec exacerba- Lions aux périodes correspondant aux règles.
Examen gynécologique et examen au cours d'opération pour appendicite ont montré l'intégrité de l'appareil génital.
Examen de sang en Mars:1910 : G.R. 4:200.000; H. 0.80; V..G..0.95. |
Coagulation du sang périphérique normale en 8 minutes,;. arrêt du: sang: facile, rétention quasi: normale, léger émiette-
ment du callot. Sang veineux : écoulement lent sédimen--
é tation légère, coagulation en 20’ à 25’.
Rétraction peu diminuée; émieltement important du caillot ; sérum jaune.
Traitement : injection de sérum de cheval. Maladeperdue de
vue.
Obs. 9. — J. 14 ans.
ANTÉCÉDENTS HÉRÉDITAIRES. — Mère eczémateuse, épistaxis dans la. jeunesse; règles normales ont cessé brusquement à 37 ans, 1 grossesse normale.
ANTÉCÉDENTS PERSONNELS. — Rougeole à 9 ans, oreillons, varicelle.
Ictère à 5 ans, pendant 5 jours, sans fièvre, accompagné d'un vomissement de sang.Règles apparurent à 11 ans, régulières, durant 1 semaine, fortes les 3 premiers jours, non douloureuses, mais précédées la. veille de céphalée. A présenté autour des ongles des pieds et des mains une éruption de phlyctènes hémorragiques, qui. s'infectèrent secondairement. En même temps, sur tout le corps, larges ecchymoses. Pendant 1 an, surtout au moment des règles, ecchymoses surtout aux membres. Saignement des: gencives à la même époque (dents mauvaises).
Erar AGTUEL. — La malade mesure 1 m. 64, pèse 75 kilos, est obèse et paraît plus que son âge. Tendance à l'obésité depuis l'enfance. — Les règles conservent les mêmes carac-
tères. Cœur, poumons, tube digestif, reinsnormaux. Mauvaise qualité d'ongles. faibles: et ponctués. Légère bouffissure des téguments. Légère cyanose: des mains et des pieds toujours froids. Frilosité, poils et cheveux normaux. Apathie géné-
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rale, esprit paresseux ; caractère calme avec crises passagères de coière; pleure et rit facilement.
TRAITEMENT. — 10 jours par mois, lactate de calcium : amélioration. Huile de foie de morue en hiver. Après cure à Saint-Gervais, disparition d’ecchymoses, règles plus courtes. À 16 ans : taille 1 m. 68; poids 81 kilos.
Observations inédites.
Obs. 10. — Mlle L., 22 ans. — 16 Janvier 1919.
Réglée depuis l’âge de 12 ans. Métrorragies abondantes 8 jours par mois, fortes. Parfois courtes hémorragies intercalaires. Pas de douleurs. Pas de caillots.
Aucune autre hémorragie sauf saignement des gencives et des taches de sang à la peau. Aucune hémorragie traumatique.
ANTÉCÉDENTS PERSONNELS. — Quelques maladies de l’enfance sans particularité. Pas de jaunisse. À eu des crises frustes d'appendicite.
ANTÉCÉDENTS HÉRÉDITAIRES ET COLLATÉRAUX. — Un frère a eu une jaunisse. Une sœur, rien. Une autre est morte de tuberculose. La grand’mère paternelle avait des règles importantes; elle a fait des hémorragies utérines graves et longues au cours d’une fièvre typhoïde.
Le père a des saignements importants quand il se coupe en se rasant.
ExAMEN. — Poumon : rien. Cœur : souffle extra-cardiaque, éréthique. Foie, rien. Abdomen, rien. Urines, normales. Grande instabilité du caractère, Tendance à être plutôt triste. Activité alternant avec de la dépression. Frilosité. Pilosité très marquée : beaux cheveux, sourcils et surtout cils très longs, poils véritables sur les jambes abondants . Appétit instable. Sang : temps de saignement 55. Coagulation du sang veineux : temps normal ÿ’, rétraction normale, émiette-
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ment secondaire léger du caillot, sérum plus jaune que normalement.
TraivemENT. — A reçu le 7 Juin 1918 : hémostyl. Puis successivement du chlorure de calcium, de l’adrénaline et de la thyrénine. M. Weil prescrit : le 16 Janvier : glande mammaire (8jours)et pituitrine ; le 26 Février: hémato-éthyroïdine, injection pituitaire. Le 31 Mars : temps de saignement 2. Règles terminées d'hier. Règles plus courtes : 6 jours; assez fortes pendant deux jours; arrêt brusque. Traitement prescrit ce même jour : hémato-éthyroïdine; pendant les règles : adrénaline, repos et cachets de poudre de rhubarbe. Le 29 Avril : extrait de corps thyroïde, 5 milligrammes (1 cachet par jour), adrénaline, poudre de rhubarbe.
Le 26 Mai : extrait de corps thyroïde 5 milligrammes (2 cachets par jour), moelle osseuse, liqueur de Fowler.
Depuis l'administration de corps thyroïde l'amélioration des troubles hémorragiques est manifeste.
Obs. 11. — Mile P., 18 ans, 6 Octobre 1919.
ANTÉCÉDENTS PERSONNELS. — Réglée à 13 ans, les pertes durent 8 jours et sont fortes pendant 3 jours : caillots et douleurs.
A eu à l’âge de 14 ans, une grande épistaxis survenue sans cause, durant un voyage à Paris. L’hémorragie a duré 1 heure assez abondante, et a nécessité un tamponnement. Saignait légèrement du nez depuis quelques jours. Fille unique.
Légère tendance à saigner des gencives et à se faire des bleus, surtout cetle année (1919). Jamais d’hémorragie sérieuse après des coupures. L'arrachement d'une grosse dent n'a pas donné lieu à une grosse perte de sang. L'ablation des amygdales à 8 ans s’est faite sans hémorragie marquée. Rougeole et bronchites légères.
ANTÉCÉDENTS HÉRÉDITAIRES. — La mère a des règles fortes du même ordre. Accouchements normaux. Un enfant du père
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de la mère est mort d’une hémorragie du cordon; trois autres enfants n’ont rien. La grand'mère maternelle est morte d'une maladie utérine s’accompaguant de grandes pertes (renseignements peu précis).
Du côté paternel, pas d’antécédents hémorragiques, mais le père a eu la jaunisse et les grands parents aussi.
À L'EXAMEN de la malade : rien d’important à signaler. Seul le sommet droit est douteux. Foie normal. Teint un peu pâle. Frilosité : pieds toujours froids ; engelures.
Temps de saignement : 8’. Temps de coagulation : 10 à 15”. Légère sédimentation. Rétraction minime dans un tube, nulle dans l’autre. Sérum plus jaune, émiettement secondaire.
Cette malade est en cours de traitement thyroïdien.
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GONCLUSIONS
Les ménorragies de: la: puberté du type décrit par M. P.E. Weil au point de: vue clinique sont indolores et ne s’accompagnent d'aucun autre signe local‘ physique ou fonctionnel que l’hémorragie. Intenses ou prolongées, elles conduisent à Panémie. Les jeunes filles qui en sont atteintes sont réglées précocement et présentent souvent des troubles d'évolution imputables à une dysendocrinie. La ménorragie alterne parfois avec de l’aménorrée et est en général accompagnée d’hémorragies qui peuvent être supplémentaires ou complémentaires des règles.
Ces hémorragies ont souvent précédé la menstruation, et dans la lignée maternelle on retrouve fréquemment ume tendance à saigner. Ces ménorragies semblent ainsi rentrer dans un syndrome hémorragique. La preuve en est fournie par l’examen: du sang’; l'épreuve du temps de.saignement montre qu'il est augmenté,
Pépreuve de la coagulation du sang veineux montre
que celle-ci est en général retardée et anormale, et aussi que le sérum a souvent une teinte cholémique.
La pathogénie de ces ménorragies est éclairée par la clinique qui ne fait découvrir aucune affection locale, mais conduit à la conception d'un syndrome général, dû à une dyscrasie sanguine en raison des antécédents et des lésions du sang. Les épreuves que nous avons indiquées montrent que cette dyscrasie se rapproche davantage de la dyscrasie purpurique que de la dyscrasie hémophilique.
Le diagnostic positif des hémorragies de la puberté est facile. Par contre, le diagnostic différentiel entre les autres variétés de ménorragies et celles que nous décrivons est plus complexe. Il faut éliminer tout d’abord les ménorragies de cause locale, ce qui permet un examen clinique complet. Puis il faut discuter tous les cas de ménorragie de cause générale qui rentrent dans la catégorie des fausses utérines de M. Dalché : chlorose ménorragique de Trousseau, hémorragies de croissance de Dalché, celles dues à une affection du fube digestif, du foie, des reins, du cœur, à une maladie nerveuse à une infection chronique, à une intoæication, à un état hémorragipare, à une dysendocrinie, etc. En dernière analyse ce sont les épreuves que nous avons indiquées qui permettent de faire le diagnostic de dyscrasie sanguine ainsi que l’a démontré M. P. E. Weil. Et on peut se demander si, pratiquées systématiquement,
elles ne démontreraient pas que la dyscrasie sanguine