‹ Les Ménorragies de la Puberté: Dyscrasie SanguineChapitre 4 sur 19 · PR · texte numérisé non relu

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b) Les menorragies sont le plus souvent précoces. — Dans les observations I, IV, V, les premières règles - ‘ sont si intenses que les parents sont obligés de consulter le médecin. Dans les observations VI, VITE, IX, X, XE, les règles sont fortes dès leur établissement. Dans les 3 autres cas, ce n’est qu’au bout de 3 mois (obs. Il), de 4 ans (obs. III), de 7 mois (obs. VID, que les ménorragies apparaissent. Donc ménorragies précoces dans les deux tiers des cas.

c) Anomalie soit dedurée, soit d'intensité. — Les règles au lieu de 3 à 6 jours, durent chez nos malades : 8 jours (obs. V, IX, X, XI), 10 jours (obs. IV, VI, 15 jours (obs. I, VIT), chez certaines fillettes (obs. Il et II), elles peuvent ne pas cesser pendant des mois.

L’intensité des pertes est variable : tantôt elles sont considérables de façon continue (obs. VE, VIF, VIHIE, X), tantôt elles sont plus fortes les premiers jours (obs. X, XI), ou au contraire à la fin des règles (obs. I et IV), tantôt enfin, quand elles durent très longtemps, elles présentent des exacerbations lors des époques menstruelles (obs, VIII). Dans l'observation V, la mère signale qu’en dix minutes une garniture est traversée. Le repos horizontal fait diminuer l’hémorragie (obs. IT), ou reste sans action (obs. IN).

d) /rréqularité de la menstruation. — Chez certaines de nos malades, des périodes d’aménorrée succèdent aux périodes ménorragiques. C’est ainsi que dans

l'observation VI les règles sont irrégulières, faibles ou

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même absentes. Dans l'observation VIIT : depuis l’âge de la formation, les règles sont irrégulières, reviennent toutes les 7 à 8 semaines, quelquefois tous les 2 mois, fortes et prolongées..

e) Présence de caillots: — Normalement, le sang des règles ne coagule pas et il n’y a pas de caillots dans les menstrues. Chez nos malades, on note la présence de caillots dans les deux tiers .des cas. Cela est sans doute dû à la longue durée des pertes et au séjour prolongé du sang dans le vagin à cause de Phymen. Il semble, en effet, que les caillots se forment dans le vagin, car, à de rares exceptions près, leur expulsion ne provoque pas de coliques utérines.

f) L'examen local ne permet pas de déceler une lésion de l'appareil génital. — Dans toutes nos observations l'inspection des organes génitaux externes, le toucher vaginal ou rectal combiné au palper abdominal n’ont pas permis de découvrir une lésion de lappareil génital. L’examen au doigt ne provoque même aucune douleur. Dans l'observation VIII, une opération pour appendicite permet de vérifier l'intégrité de l’utérus, des trompes et des ovaires. Dans l’observation VII

seulement on trouve un utérus petit et dur sans plus.

2° Signes subjectifs.

Nous insistons tout particulièrement sur ce fait que, localement, nos malades n'accusent aucune douleur, ni

avant, ni pendant les pertes. Dans trois cas seulement

ME

(obs. IT, IV, XI), on note des coliques provoquées par l'expulsion de caillots. Les ménorragies que nous décrivons sont donc remarquablement indolores.

En définitive, l’hémorragie génitale, avec les carac- {ères que nous avons indiqués, est le seul symptôme

local que nous ayons à retenir.

B. — Signes généraux.

Par contre, les signes généraux sont beaucoup plus nombreux. Voici ceux que nos observations permettent de mettre en évidence soit au moment de l’examen, soit dans les antécédents des malades. |

a) « L’anémie ». — Dans la plupart de nos observations les malades se présentent comme de grandes anémiques : leur teint est pâle, leurs muqueuses décolorées; elles ont de la tachycardie et présentent des souffles cardio-vasculaires. Elles-mêmes se plaignent de faiblesse, de fatigue rapide, de palpitations au moindre effort, de vertiges, de bourdonnements d'oreille, de tendances aux syncopes. L’examen du sang pratiqué dans lobservation VI montre des lésions nettes d'anémie. Dans deux cas, celle-ci est si grande qu’on est sur le point d'intervenir chirurgicalement pour arrêter l’hémorragie (obs. IV et V).

b) « Intégrité des grands appareils de l'économie ». Appareil pulmonaire : dans l'observation Ï, on trouve

une légère submatité au sommet droit avéc respiration

fl

faible, Dans l'observation XI, le sommet droit est douteux.

- Appareil digestif: une seule de nos malades (obs. I) est une grande constipée.

Appareil cardio-vasculaire : rien à signaler en dehors des souffles anémiques. :

Appareil urinaire : aucun trouble à relever.

c)#Aspect spécial de quelques malades. — Parmi nos malades, 6 présentent un développement normal. Cependant déux sont très frileuses (obs. X, XD) et l’une présente une pilosité marquée (obs. XI); les cinq autres paraissent anormales : quatre d’entre elles portent

moins que leur âge :

Obs. [. — Ida D..., a r7 ans, mais n’en paraît que 13.

Obs. IT. — May..., a 18 ans, mais n’en paraît que 12, bien qu’obèse.

Obs. IV. — Val. B..., a 14 ans, mais paraït une fillette grêle de 10 ans.

Obs. VI. — Marie G..., a 18 ans, mais n’en paraît que 15.

Enfin la cinquième paraît au contraire plus que son âge.

Obs. IX. — Z. J..., a 14 ans, mais donne l’impres-

sion d’une fille de 18 ans, obèse. Elle pèse 75 kilos et mesure 1 m,. 6%.

D'autre part, chez deux de nos malades (obs. IF, IV); on remarque une teinte un peu jaune des téguments,

« teint cholémique ».

ie

d) Autres hémorragies avant et depuis la puberté, constituant un syndrome hémorragique et pouvant être supplémentaires ou complémentaires des règles :

Nous notons chez nos malades :

Obs. [. — Avant la puberté : les parents remarquent que le moindre choc détermine une large ecchymose, qu’une piqüre d’aiguille donne naissance à une hémorragie souvent abondante. Depuis la puberté : épistaxis, ecchymoses sur le corps, saignement des gencives par

nettoyage des dents.

Obs. IT. — Avant la puberté : épistaxis qui ont cessé avec l’apparition des menstrues.

Obs. II. — Saignement facile des gencives et ecchy- ” moses.

Obs. IV. — Avant la puberté : épistaxis faciles dont

quelques-unes très abondantes. Depuis la puberté : les épistaxis continuent, puis cessent, tandis que des ecchymoses apparaissent, et la chute d’une canine provoque une hémorragie abondante.

Obs. V. — Purpura depuis l’apparition des règles. Obs. VI. —— Avant la puberté : épistaxis fréquentes. Depuis la puberté : les épistaxis reparaissent fré-. quentes avec les règles, et ne diminuent que parallèlement aux hémorragies. En juillet, une épistaxis durant toute une nuit remplace pour deux mois la menstrua- :

tion.

Obs. VIT. — Avant la puberté : ecchymoses faciles

et épistaxis fréquentes. Depuis la puberté : deux mois

lo

avant examen, ecchymoses sur les jambes etles cuisses.

Obs. VIIT. — Avant la puberté : ecchymoses et épistaxis faciles. Depuis la puberté : fortes épistaxis en dehors d’une période menstruelle.

Obs. IX. — Dans l’enfance : hématémèse au cours d'un vomissement. Depuis la puberté, phlyctènes hémorragiques autour des ongles des pieds et des mains, en même temps nombreuses ecchymoses sur tout le corps avec prédominance sur les membres ; saignement de gencives. ;

Obs. X. — Saignement des gencives et taches de sang à la peau.

Obs. XI. — Epistaxis et tendance à saigner des gencives et à se faire des bleus. :

En résumé, et nous attachons la plus grande importance à cette remarque, nos malades présentent un véritable syndrome hémorragique, plus marqué chez les unes, moins marqué chez d’autres, lequel habituellement a précédé les ménorragies, et dont celles-ci ne paraissent être qu'une nouvelle manifestation.

Enfin nous faisons encore remarquer que ces hémorragies divérses (épistaxis, purpura...) peuvent parfois remplacer les règles et constituer ainsi de véritables anomalies menstruelles. Ce sont alors des hémorragies supplémentaires. ou complémentaires, dont se préoccu- pent surtout les malades, les règles n'étant point exagérées, et pouvant même rester insuffisantes ou

absentes (obs. VD.

e) Tendance aux hémorragies chez les ascendants et les collatéraux dans la lignée maternelle.

Obs. L. — La mère a des règles abondantes durant quelquefois plus de 8 jours.

Obs. IT. — La mère a eu dans sa jeunesse de grandes pertes menstruelles qui se prolongeaient parfois jusqu’à 15 jours. Un accouchement a été suivi d’une perte importante après la délivrance. Une tante maternelle présente également des pertes longues et abondantes. |

Obs. III. — La mère a des règles plus longues et plus fréquentes que normalement.

Obs. IV. — Mère bien portante; a eu une hémoptysie à 18 ans et des épislaxis.

Obs. V. — A la ménopause, la mère à eu de grandes hémorragies qui ont duré 4 ans. Une tante maternelle a de grandes épistaxis. Un frère a eu à 16 ans du pur-

pura avec douleurs rhumatismales.

Obs. VI. — Des sœurs ont eu des épistaxis faciles. Se Obs. VI. — Un cousin germain saigne facilement

et abondamment.

Obs. ViIE. — La mère a eu des épistaxis dans l’enfance et présente des règles fortes durant 7 à 10 jours. Des tantes maternelles ont aussi des règles fortes.

Obs. IX. — La mère a eu des épistaxis dans la jeunesse.

Obs. X. — Grand’mère avait des règles importantes,

Dose

et fit des hémorragies utérines graves au cours d’une fièvre typhoïde .

Obs. XI. — La mère a des règles fortes. Un enfant du frère de la mère est mort d’une hémorragie du cordon. La grand’mère maternelle a eu de grandes pertes.

Donc, dans la lignée maternelle,” tendance aux hémorragies, moins marquée cependant que chez nos malades .

f). Lésions sanguines : retard de la coagulation, sérum jaune, augmentation du temps de saignement :

Deux épreuves ont servi dans l’examen du sang de nos malades : à) : l'épreuve de la coagulation du sang, pris à la veine. £) : Pépreuve du temps de saignement selon le procédé de Duke.

+) Epreuve de la coagulation du sangpris à la veine, — « Le sang recueilli #n vitro, se coagule normalement, après prise veineuse, dans un temps variant de 5 à ro minutes. Au bout de quelques heures le caillot se rétracte et exsude un sérum Jaune clair ». (P. Emile Weil).

Voici le résultat de cette épreuve dans nos observations : |

Obs. I. — Ecoulement rapide du sang;la coagulation se fait sans sédimentation dans un temps variant de 20 à 30 minutes; le caillot se rétracte moins que normalement, mais ne s’émiette pas; sérum plus jaune que normalement.

SR 7, NEA

Obs. II. — Coagulation en 12 à 15 minutes; le caillot se rétracte bien; émiettement assez minime; sérum jaune.

Obs. II. — Coagulation sans sédimentation en 15 minutes; bonne rétraction du caillot; sérum un peu plus jaune que hormalement.

Obs. IV. — Coagulation en 20 minutes après sédimentation d’un cinquième environ. Rétraction incomplète du caillot, latérale, sans émiettement, sérum jaune.

Obs. V. — Coagulation en 15 minutes après sédimentation, rétraction imparfaite, latérale, sérum un peu jaune.

Obs. VI. — Ecoulement rapide du sang veineux; sédimentation assez lente, coagulation en 25 minutes, rétraction du caillot très minime. Sérum de couleur normale.

Obs. VIT. — Ecoulement rapide du sang veineux. Coagulation en 15 minutes, sans sédimentation. Rétraction rapide, sérum plus jaune que normalement.

Obs. VIIT. — Ecoulement assez lent du sang veineux. Sédimentation légère, coagulation en #0va 25 minutes; rétraction légèrement diminuée; émiettement important du caillot. Sérum jaune.

Obs. X. — Coagulation en 5 minutes, rétraction normale et émiettement secondaire du caillot. Sérum jaune.

Obs. XI. — Coagulation en 10 à 15 minutes, légère sédimentation. Rétraction minime ou nulle. Emiette-

ment secondaire. Sérum jaune.

En résumé, la coagulation est ou voisine de la nor-

male où un peu retardée, ne se faisant qu'entre. la quiuzième et la trentième minute; la rétraction du

callot est souvent diminuée, il s'émiette parfois à sa

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