INTRODUCTION
jLn badinant, dans les Contes a ma Fille j avec l'enfance des femmes, je contractai, sans y songer, une si douce habitude de causer avec elles, que cédant au charme qu elles font éprouver , à lintérét qu elles inspirent , je crus alors pouvoir, par des Conseils ^ diriger leur adolescence. Ces Conseils qu'elles ont reçus avec autant de confiance que de bonté , m'ont suggéré l'idée de les suivre dans
Tl INTRODUCTION.
les liens de rhyménée ; et l'étiuïe des Jeunes Femmes ma conduit insensiblement à celle des Mères de Famille.
Voilà con:iment, sans y songer^ on va plus loin quon ne pense 5 voilà comment entraîné d un site à un autre, en étudiant les plus belles productions de la nature ^ on se trouve avoir fait une route au-dessus de ses forces , et que la prudence aurait défendu d'entreprendre.
Je ne me suis point toutefois dissimulé que cette quatrième et dernière époque de la vie des femiueSj était la plus difficile à pein-
INTRODUCTION. S'il
dre, et la plus importante au bonheur de la société. Ce ne sont plus en eftet de simples esquisses, des couleurs gracieuses, des portraits agréables, qui pourraient suiïïre :
le cadre est trop vaste, trop imposant y il eut exigé les pinceaux dun moraliste profond, une touche ferme, une sage distribution.
Il exige sur-tout un grand courage, celui de poser sur le premier plan du tableau , certains vices qu'on cherche à confondre parmi les ridicules. Il faut donc se résoudre au ressentiment, aux murmures de ces mères jalouses^ personnelles, hypocrites, impru^