‹ Les mères ennemies; drame en trois partiesChapitre 26 sur 81 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

RHODZKO, LE TARTARE

RHODZKO

Vaincu ! Immobilisé ! Vais-je donc mourir ici, sous la dent de quelque bête, ou de faim? Oh ! ils triomphent encore, toujours, eux, les maîtres!

Le Tartare s'approche lentement.

LE TARTARE

Je suis là.

RHODZKO

Oh ! détache-moi.

LE TARTARE

Je suis resté pour te délivrer. Je n'ai pas compris tout ce que tu leur as dit, mais j'ai entendu que tu parlais des hommes égaux. Tu avais raison. Quiconque sait monter un cheval nu, à la crinière rase, fendre un Kosak d'un seul coup de Sùbre du crâne à l'entre-cuisse, et boire un seau de lait fermenté sans reprendre haleine, est un homme qui n'a pas de maître. Le steppe est assez grand pour que tous les vents y soufflent ; et le vent du sud n'est pas le seigneur du vent septentrional. C'est pourquoi je suis revenu. Tu es libre. Voici ton cheval, fuis.

Rhodzke, dégage de» lien», étend trt bras longuement. RHODZKO, d'une toix farouche

Tu te détireras ainsi, antique servitude, après les tyrans égorgés ! (u court vers son eherai.) Merci ! adieu !

LE TARTARE

Où vas-tu ?

RIIODZKO, li main sur I encolure de soi cheval

A Varsovie.

LE TARTARE

Chez le roi S'atiislas?

IUIODZKO

Chez le roi.

LE TARTARE

Fourquoi ! Que lui diras-lu ?

RIIODZKO

Je lui dirai : « Voulez-vous être le chef de quatre millions d'hommes libres, au lieu d'être le valet de quelques grands seigneurs ? Délivrez les esclaves, ils vous livreront les maîtres. »

LE TARTARE

Tu veux que la Pologne se soumette '!

RHODZKO, A chevnl

Pour que ses meilleurs fils se redressent.

LE TARTARE

Le roi Stanislas, c'est Catherine, c'est la Russie !

RIIODZKO

Qu'importe de quel cùu; souffle le vent de la liberté !

LE TARTARE

Comme Stanislas, tu seras un traître !

Rhodzko, en passant devant la croix, lui montre !e poing. RHODZKO

Jésus-Christ, peut-être, avait humilié Judas !

11 ùtsptinilt.

FIN DU TROISIEME TABLEAl

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