SCÈNE Vill
BOLESKI, RHODZKO
RHODZKO, au fond, appuyé sur une tombe
La justice éternelle n'est pas satisfaite à si bon marché.
ANDRÉ BOLESKI, épouvanté, sans se retourner
Qui me parle ?
RHODZKO, immobile
Qu'as-tu donc fait pour émouvoir la miséricorde? L'ours, le loup, le chien aiment leurs petits. Crois-tu que les dévouements de l'instinct suffisent à effacer les crimes de l'intelligence?
ANDRÉ BOLESKI
Oh! quel spectre me juge!
RHODZKO, s'avançant avec un rire
Un spectre, monseigneur? L'orgueil de votre remords vous égare ; votre châtiment ne vaut pas un miracle.
ANDRÉ BOLESK1
Que viens-tu faire ici'.'
RHODZKO
Vous avez quitté le campement en secret : j'ai pensé que je ferais bien de vous suivre.
ANDRÉ ROLESK1
J'entends. Ma présence ici, tu la révéleras au roi ou à l'impératrice, et tu me perdras, nVst-ce pas?
RHODZKO
Oui, plus tard. Peut-être Kn attendant, je suis heureux de vous annoncer que vous n'avez rien fait qui compromette le succès de notre expédition. (BoiesM le regarde, étonne.) Il était facile de prévoir votre tentative de trahison et plus facile de la déjouer.
Que dis-tu ?
RHODZKO
La forêt est libre.
ANDRÉ BOLESKI
La forêt est libre?
RHODZKO
En revanche la plaine est occupée.