‹ Les mères ennemies; drame en trois partiesChapitre 75 sur 81 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

Les mêmes, IVAN.

IVAN

Cette porte ouverte! pas de sentinelles ! — il s'est enfui !

C'est Ivan !

IVAN

Vous, mon père! qu'est-il arrivé ?

Ivan arracbo los chaînes qui lient encore Bol<-ski- BOLESKI

Merci... Sois bon!... oublie ta haine... aide-moi à délivrer ton frère.

IVAN

Mon frère ! (Après un silence.) Oui, je le délivrerai.

Bole;.ki, aidé par Ivan, délie Etienne qui se redresse et étend les bras. BOLIÎSKI

Rejoins tes compagnons.

ETIENNE

Et vous ?

BOLESKI

Ne t'inquiète pas de moi. Je n'ai rien à craindre. Pars.

Etienne va vers le fond. Ivan s'est plocé devant la poiie. IVAN, à Etienne

Vous ne sortirez pas d'ici.

BOLESKI

Juste ciel !

IVAN

Je t'ai délié pour que tu pusses te défendre.

BOLESKI, te jetant entre eux

Mes enfants ! . - .

i;i [ENNB

Soyez tranquille, mon père, je ne me battrai pas avec votre fils.

IVAN

Tu te battras ! j'ai pris ta fiancée.

BOLESKI, à Iran

Tais-toi !

ETIENNE

Elie ne vous aime pas !

IVAN

J'en ferai ma femme.

ETIENNE

Non !

IVAN

Ou ma maîtresse.

ETIENNE

Misérable !

BOLESKI, <". î:tienne

Etienne !

IVAN

Je bais ton pays plein de lâches tels qu3 toi!

BOLESKI

C'est ton frère, malheureux !

IVAN

Lui, votre fils'.' Peut-être. On sait ce que vaut sa mère !

Oli ! Je vous tuerai !.

IVAN

Allons donc ! Et situ n'as pas d'arme., (ivan arrache r.,,,,. de Boieski) tiens, prends celle-ci !

Etienne ;i saisi l'épée, les deux jeunes gens tombent en garde. BOLLSkI

Gains, vous ne vous frapperez qu'à travers moi ! (Les deux jeunes Ken.s baissent la tête). Voyons, enfants, c'estune affreuse folie ! (un silence.) Toi, Etienne, rends-moi cette épée. (Etienne,

très ému, donne l'épée.) Merci. (A Ivan.) Toi, IvaO, l'emetS la

tienne au fourreau, (ivan obéit ù regret.) Ah ! c'est bien, (a îîtienne.) Et maintenant va, mon fils, va !

Le jiùre est entre les deux jeunes hommes. Ils so jettent un regard de haine. André Boieski, d'un geste qui supplie à la fois et qui ordonne, les sépare. Etienne sort lentement.

Au milieu de la l'èle nocturne le pavillon du glace érige sa toute blanche et lumineuse ; il est plein de bruils de danses, do musiques et de rires; car c'est là que la fête seigneu-

riale donnée par Sophia Ivanowna. Dans l'une des salles du clair palais, la foule populaire, à qui l'on a permis de venir admirer le lieu où se divertissent h s barines, écoute, admire, lient cent pi divers. — Au fond une grande porte, ouverte sur une galerie ; à gauche une porte donnant sur le salon où dansent les seigneurs el les dames; à droite, une fenêtre : à droite, plus près de la rampe, une autre porte, très petite, sans ballant.

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