‹ Les merveilles de l'architectureChapitre 6 sur 110 · MYCÈNES · texte numérisé non relu

MYCÈNES

de deux pierres inclinées Tune vers l'autre . Nous verrons plus loin ce triangle vide ménagé au-dessus des architraves pour soulager le linteau.

« On montre encore à Mycènes, dit notre Pausanias, la fontaine de Persée et des chambres souterraines où Ton dit qu'-^trée et ses enfants cachaient leurs trésors. Près de là est le tombeau d'Atrée et de tous ceux qu'Agamemnon ramena avec lui après la guerre de Troie , et qu'Égisthe fit périr dans le festin qu'il leur donna. ^ La tradition désigne comme étant le trésor souterrain d'Atrée un tumulus voisin de l'Acropole; la façade seule en est visible ; on y entre par une haute et large porte dont le linteau plat est surmonté d'un vide triangulaire. Deux moulures ornent l'architrave et les jambages. Des deux pierres du linteau, la plus grosse pénètre dans la voûte et doit peser cent soixante-dix mille kilogrammes; elle a près de soixante-cinq mètres cubes et mesure plus de huit mètres de long sur dix de profondeur.

Un long et large passage (vingt mètres sur six) donne accès dans une très-grande salle circulaire. Toutes les assises , par lits horizontaux, ont été posées en saillie les unes sur les autres , puis retaillées sur place de manière à supprimer les saillies et à former une surface régulièrement courbe. Cette méthode d'encorbellement a produit une voûte hardie, de quatorze mètres, en forme de ruche. T-^

murs ont six mètres d'épaisseur ; au fond ^ dans le roc, est creusée une grande et haute pièce carrée. Rien ne ferme aujourd'hui ces demeures souterraines, et nulle trace de ferrures n'a été retrouvée ; mais sait-on si de hautes palissades n'étaient pas plantées dans le sol, ou si l'entrée n'était pas dérobée aux yeux par un amas de terre qu'on pouvait enlever dans les circonstances solennelles ?

Parmi les quarante et un monuments pélasgiques étudiés en Italie, ceux du Monte Circello^ à dix lieues de Rome, présentent un aspect très-pittoresque. Une montagne à sept pointes les élève à cinq cents mètres au-dessus de la mer. Tout en haut est le temple de Gircé. Sur cette terre sacrée entre toutes, on montre le tombeau d'Elpénor, un de ces compagnons d'Ulysse auquel Gircé flt perdre la figure humaine; c'est un cône écrasé, régulièrement formé d'assises de pierres quadrangulaires , et qui occupe douze mètres carrés.

Dans les maisons , dans les églises même d'Alatri, on peut suivre la succession de trois périodes bien distinctes : le Pélai^ge est devenu Romain , et le Romain chrétien ; mais la race n'a pas changé. Saint Pierre n'a fait que prendre la place du dieu Faune. L'époque pélasgique a gardé intacts son aspect et son caractère dans un Lupercal carré , dédié à Pan , et surtout dans certaines portes surmontées d*énormes linteaux. Sur l'une des archi'

ALATRI, CŒRE. 21

traves de l'acropole se voient des sculptures emblématiques ; ailleurs, en divers endroits, trois figures très-distinctes de Pan , d'Hermès et de Faune.

On a découvert à Cervetri, autrefois Cœre, capitale de Tantique roi Mézence, un» tombeau trèsvaste, tumulus recouvert d'un autre tumulus, où

cinq chambres funéraires aboutissaient à deux salles très-longues et trës-élroites, voûtées en encorbellement, et percées d'excavations elliptiques. Dans la première salle, un char, des armes, des vases , des figurines , accompagnaient le lit de bronze qui avait reçu le mort. On fait remonter ce tombeau environ au neuvième siècle avant notre ère. Quant aux excavations taillées dans le rocher, elles seraient plus récentes; elles contenaient des urnes funèbres; et l'incinération des corps semble annoncer déjà le voisinage et l'influence des Grecs et des Latins.

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