CHAPITRE IL
Je n'ai pas besoin de vous répéter, P P
mes enfans, dit M. de Lormeuil , ce que vous savez aussi bien que moi,
savoir : qu'il y a quatre élémens : la terre, le feu, l'air et l’eau.
On les nomme élémens, parce qu'ils entrent dans la composition de tout ce qui existe, et que rien dans la naiure ne pourrait exister sans l’un d'eux; leur concours mutuel étant indispensable pour maintenir l’existence de ce vaste univers. En parcou-
rant ensemble lesnombreuses propric-
16 LES MERVEILLES és des élémens , vous verrez que Ce concours admirable , ces étonnans
rapports , cette harmonie parfaite , ne peuvent être que le chef-d'œuvre d’un créateur aussi bon que puissant, aussi sage que prévoyant.
En commençant par la ferre , nous verrons un élément quinous soutient, puisque si nos pas ‘avaient point d'appui, nous ne pourrions CONServer notre équilibre, car, n'ayant point d’ailes pour nous soutenir dans l'air, ni de nageoires pour fendre les eaux, il a fallu une base pour appuyer lédi-
- fice mobile que la bonté de Dieu venait de créer. La terre a donc remplacé le chaos.
Elle nous nourrit, puisque ses suCS
DE LA CREATION. ra fécondent les arbres , Les plantes, les
fleurs, qui tous y prennent racine.
Que de productions variées ne recèlet-elle pas dans son sein? Ce premier élément fournit à l’existence de tous les êtres animés; tout ce qui flatte nos sens, soit par la saveur des fruits, l'odeur si embaumée des fleurs , est à la terre; mais il est facile dé reconnaître que, dans cet empire, si vaste et si riche, tout a été créé pour l'homme , qui en a été fait comme le vice-rot de la Divinité.
Les arbres nous fournissent un ombrage délicieux ; les productions de la tcrre alimentent les jouissances de notre sensualité; les troupeaux, qui
lui doivent leur nourriture, fournissent
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leurs toisons brillantes, que l’industrie métamorphose en vêteniens chauds et moëlleux , pour garantir l’homme de la rigueur des hivers.
Dans les entrailles de la terre, on trouve ces marbres précieux avec lesquels la sculpture transmet à la postérité les noms et les actions glorieuses des grands hommes ; les pierres étincelantes qui ornent les diadèmes ; ces métaux si utiles avec lesquels homme est parvenu à opérer tant de prodiges; ces minéraux si variés, qui contribuent à-la richesse des contrées qui les recèlent,. |
Ces innombrables familles d’antignaux , de végéluur ; de rinéraur ,
ne prouvent-elles pas la purssance eë
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Ja richesse de cet élément qui les con-
tient ou les alimente? Eh bien, mes enfans, voyons le isolé des autres élé- “mens, et sa puissance ainsi que ses richesses s’écrouleront tout-à-coup.
Si lé feu vivifiant du soleil n’échauffe pas de sesrayons les arbres, les fleurs etles plantes, ils n'auront ni force, ni odeur, ni saveur : languissant sans croître et sans produire , leur création deviendrait inutile, et, comme l’être de tonte perfection ne pouvait rien créer d’inutile, il ne l’a pas fait.
Voyonsencore cette terre, quenous admirions tout-à-l’heure, privée d’eau.
Quel spectacle aride nous présenterait-elle? Les semences qu'on lui au-
rait confiées ne germeraient pont; la
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rare végétation qui pourrait la couvrir se dessècherait prompiement ; jamais ces tapis moëlleux qu'un gazon toujours vert nous présente n’existeraient: ces suaves émanations , qui flattent si agréablement noire odorat, ne pourraient avoir lieu, puisque les
fleurs ne pourraient plus entr’ouvrir
leurs calices embaumés ; elles seraient
desséchées avant d’avoir pu éclore.
Voilà donc deux autres élémens abso- Jument indispensables pour fertiliser Ja terre.
Nous allons voir que le concours de
l'air ne lui est pas moins nécessaire.
Avez-vous remarqué, mes enfans,
combien, dans les temps d’orages ,
vous respiriez difficilement ? combien
DE LA CRÉATION. 21 les animaux même paraissent acca-
blés? c’est que, n’aspirant pas l’air avec l’abondance qui est nécessaire à la vie, sa privation devient un principe de mort,
Cette privation produit le même effetsur les végétaux que sur les animaux. Ainsiles productions de la terre, qui tirent parleurs racines lessucsnourriciers qui les alimentent, reçcoiventen grande partie leur accroissement de l'air, qui favorise le développement de leurs tiges, de leurs branches, de leurs feuilles et de leurs fleurs.
Sans l’action bienfaisante de l'air, tout resterait en stagnation , el n'obtiendrait aucun développement.
Ge rapide examen du rapport qui
existe entre les élémens, suffira, je l'espère, pour vous ‘faire apprécier toute la puissance , toute la sagesse de l'ouvrier qui les a créés; voyons maintenant ce que c’est que l'élément du feu, objet premier de notre conversation.
Le feu, qui réunit des propriétés bien distinctes, éclaire, vivifie et détruit. Dieu , dans sa puissance infinie , créa l'élément du feu, qui devait nonseulement wivifier tout ce qui tient à la végétation, mais produire la lumière et éclairer l'univers. Et ici, mes enfans, admirons cet étonnant effet d’une création divine. Le soleil, cet astre lumineux , paraît; il dissipe les
ténèbres et produit la lymière, sans
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DE LA CRÉATION. 23 laquelle l’homme ne pourrait jouir d’aucune des merveilles qui embellissent la terre. Ce globe magnifique contribue donc non-seulement à f6conder la terre, mais il l’embellit, C’est lui qui nous fait jouir, deux fois par jour, de l’imposant spectacle de son lever et de son coucher. Vous en avez. joui plus d’une fois, mes enfans, et vous conviendrez sans peine qu'il n’y a point de décorateur assez habile pour rendre avec vérité ces flots de pourpre et d’or qui annoncent la présence du flambeau de l’univers; ou qui puisse imiter ces configurations varices , Ces nuages bizarres , ces nuances de toutes les teintes, dans
lesquelles disparait en se jouant l’astre
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