‹ Les Merveilles de la science ou description populaire des inventions modernes. [2], Télégraphie aérienne, électrique et sous-marine, câble transatlantique, galvanoplastie, dorure et argenture électro-chimiques, aérostats, éthérisationChapitre 82 sur 136 · SOUS LE RÈGNE DE LOUIS XVI, MDCCLXXXV · texte numérisé non relu

SOUS LE RÈGNE DE LOUIS XVI, MDCCLXXXV

JEAN-PIERRE BLANCHARD DES ANDELYS EN NORMANDIE ACCOMPAGNÉ DE JEFFERIES, ANGLAIS,

LES AÉROSTATS

PARTIT DU CHATEAU DE DOUVRES DANS UN AÉROSTAT, LE SEPT JANVIER A UNE HEURE UN QUART ; TRAVERSA LE PREMIER LES AIRS AU-DESSUS DU PAS-DE-CALAIS, ET DESCENDIT A TROIS HEURES TROIS QUARTS DANS LE LIEU MÊME OU LES HABITANTS DE GUINES ONT ÉLEVÉ CETTE COLONNE LA GLOIRE DES DEUX VOYAGEURS.

roi. De Launay, le procureur du roi du corps municipal, lui adressa ce discours :

« Il est bien flatteur pour nous, monsieur, de vows posséder ici, au même jour ét à la môme heure où vous descendîtes Tan passé; mais îa vue de cette colonne, Inscription qui s'y trouve, donnée par l'Académie, nous interdisent tout compliment. Ce monument et l'acte de son inauguration, que nous allons signer avec vous, monsieur, vont y suppléer : l'un et Vautre passeront à la postérité la plus reculée,

Fie. 277. — Le docteur Jeffeiïes.

I Blanchard se rendit à Guines, pour l'inauguration de cette colonne, etil s'écria, dit-on, en apercevant le monument élevé à son courage :

« Je ne crains plus le persifflage et la calomnie. Grâce à Dieu, Messieurs, il faudrait cinquante mille rames de libellés entassés pour masquer ce monument sur toutes ses faces. »

Les magistrats de la ville de Guines, le maire et syndic de la noblesse, se rencontrèrent au pied de la colonne, avec Blanchard escorté de quelques officiers de l'armée du

l'un et l'autre immortaliseront la mémoire du premier des aéronautes qui ait osé traverser la mer ; enfin l'un et l'autre attesteront notre juste admiration sur un événement qui formera la plus glorieuse époque dans l'histoire de ce siècle. »

Blanchard répondît :

« Messieurs,

Cette colonne, précieux fruit de votre amour peur les arts, l'inscription qui s'y trouve, dont l'a honorée l'Académie, disent tout pour vous, et disent beaucoup plus que je n'ai mérité. Mais comment m'acquitter ? De quels termes me servir pour vous exprimer mon admiration et ma reconnaissance à des procédés aussi nobles que généreux? Silence et respect. Voilà, messieurs, où se réduit ma réponse. »

Un repas était préparé à Guines. 11 fut suivi

d'Un bal. Les seuls ornements delà salle de bal, étaient le portrait de Blanchard, avec l'image de la colonne monumentale de la forêt. Au-dessus du portrait, étaient ces vers :

Autant que le Français, l'Anglais fut intrépide ; Tous les deux ont plané jusqu'au plus haut des airs ; Tous les deux, sans navire, ont traversé les mers. Mais la France a produit l'inventeur et le guide.

Les gravures du temps consacrèrent, à Fenvi, le souvenir de cet événement mémorable dans l'histoire de l'aérostation. Au bas de Tune de ces estampes, qui représente le moment où l'aérostat de Blanchard descend sur le rivage, après avoir franchi la mer, on lit les vers Suivants :

Le ^êcheur^q^:s^^£^'^nâit son bras tendu,

Laisse tomber 'éfJïgfeepBste confondu .

Les yeux fixés^eiel^^aïibé1 sur, sa charrue,

Le laboureurJ^j?oifcet les sùï4 dans la. ^ue ;

Le timide berger ies croit des immortels,

Et dans son eceiir troublé leur dresse des autels.

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