CHAPITRE XX
CONCLUSION, — AVENIR DE LA PISCICULTURE» — LES PÈCHES ET LEURS DÉFAUTS. — LES ÉCHELLES A SAU- MONS.
En considérant l'invention de la pisciculture au point où elle est aujourd'hui parvenue, on ne saurait se montrer trop fier, pour l'honneur des sciences, des faits re-
marquables qui se sont accomplis. Toute une branche nouvelle d'industrie a été constituée, une source inattendue de richesse publique s'est ouverte à l'activité humaine. On peut dire, en effet, qu'il n'exist^aucune autre branche de l'industrie qui puisse présenter, outre les avantages qu'elle assure au consommateur, de pareils avantages au producteur. Les différents cours d'eau, les bassins, les lacs, les étangs, les mares même, dont on poursuit à grands frais le dessèchement, pour les transformer en terres arables, pourront, à l'avenir, devenir des piscines aussi productives que les terrains où croissent les plus abondants pâturages. Il suffira, pour arriver à ce résultat, d'y introduire autant de jeunes poissons que pourront en nourrir ces réservoirs, après s'être préalablement assuré qu'un court espace de temps suffit au développement et à l'entretien de ces animaux. Le rude et continuel labeur qu'exigent, pour porter leurs fruits, les produits de la terre, deviendra ici inutile ; c'est la nature seule qui préparera, avec les ressources dont eiie a doté l'organisation animale, les riches récoltes, qu'il suffira de rassembler. Les produits de cette merveilleuse
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industrie, mettant à la disposition de chacun un aliment éminemment réparateur et salubre, auront pour résultat d'augmenter, dans une proportion sensiblé,pourles classes laborieuses, les moyens d'alimentation, c'est-àdire les sources véritables de la force et de la santé.
Une dernière considération terminera le sujet, que nous venons de traiter.
On s'est trop habitué à renfermer la question delà pisciculture dans le simple fait de l'éclosion artificielle du poisson. La question est infiniment plus complexe. Pour assurer le repeuplementde noscoursd'eau,il faut encore résoudre toute une série de problèmes, qui sont à la fois du ressort de l'histoire naturelle appliquée etde l'administration, Ce n'est que par la solution de toutes ces difficultés partielles, que Ton arrivera à créer et à multiplier au sein de nos fleuves et rivières, ce précieux moyen d'alimentation publique, qui tend à en disparaître de jour en jour. C'est cette pensée que M. Baude a développée dans un article publié le 15 janvier 1861 dans la Revue des Deux-Mondes.
Sortant de la donnée étroite qui a trop prévalu ici en ce qui concerne le repeuplement de nos cours d'eau, Fauteur aborde les questions diverses et multiples, les entreprises nouvelles dans lesquelles il faut entrer pour faire profiter la société des nouvelles découvertes de la science.
« La pisciculture, dit M. Baude, est Fart de multiplier les poissons comme l'agriculture est l'art de multiplier les fruits de la terre; elle doit donc comprendre de même l'ensemencement, l'éclosion et le développement des germes jusqu'à la maturité; la pêche est la récolte. Voir toute la pisciculture dans le frai et l'éclosion des œufs de poisson, ce serait tenir l'éducation du cheval pour achevée dans la saillie et le part de la jument. Le pêcheur Remy n'est point tomhé dans cette erreur : il prétendait repeupler des cours d'eau épuisés, rien de plus, et il Fa fait, son imagination n'a point égaré son bon sens. Imitons-le, et prenons les ateliers d'éclosion pour ce qu'ils sont, c'est-à-dire pour d'excellents instruments de translation des espèces en des eaux auxquelles elles sont étrangères. L'atelier de Hunin-
gùe suffit jusqu'à présent à cette destination : il distribue avec une générosité' intelligente les meilleures espèces pour l'ensemencement, et les procédés de fécondation qu'il emploie ont, entre autres mérites, celui de se prêter à des applications faciles, ce qui assure à l'atelier deHuningue des succursales dans toutes les localités où elles seront nécessaires La translation opérée, le succès du premier ense* mencement garanti, on cessera de recourir au frai artificiel : le frai naturel devra être préféré ; mais le frai est peu de chose, si l'on ne pourvoit à la nourriture du poisson ; puis, la nourriture assurée, il reste à créer une police qui protège le poisson contre les nombreuses causes de destruction dont l'environnent la malice et la maladresse des hommes. »
Toutes ces questions ont encore été à peine abordées ; aucun renseignement préalable n'avait garanti les expérimentateurs contre des déceptions qui n'ont pas manqué de se produire, et qui ont pu jeter quelquefois un jour défavorable sur une industrie appelée pourtant au plus sérieux avenir.
M. Baude établit en ces termes l'ensemble des expériences et des études que comporte et qu'exige la pisciculture, prise à ce point de vue élevé.
« Considérée dans ses rapports les plus étendus, la pisciculture a pour but de convertir en substances appropriées aux besoins de l'homme des matières dont les unes seraient complètement perdues pour lui, et dont les autres acquièrent dans cette transformation un sensible accroissement de valeur. On voit quel vaste champ d'études et d'expériences elle ouvre à l'histoire naturelle et à l'économie publique et privée. Nous avons à rechercher quels sont les besoins et les conditions de développement des bonnes espèces de poissons ; quels végétaux, quels insectes, quels poissons subalternes* sont les meilleurs à propager pour les alimenter ; quelles sont, après l'accroissement de la pâture disponible, les espèces voraces sans profit à écarter du partage, ou même à condamner. Ce cadre comprend toute la botanique et toute la zoologie des eaux. En prenant pour point de départ les travaux des naturalistes qui ont écrit et classé les espèces, il s'agit aujourd'hui de pénétrer les aptitudes, les besoins^ les instincts, les mœurs de chacune d'entre elles, et les recherches, qui s'enfermaient jusqu'ici dans le cabinet ou le laboratoire du savant, doivent se transporter au grand air, sur les fleuves, les lacs, les étangs. Le livre de la nature est ouvert devant les ignorants comme devant les doctes ; tout le monde
peut y vérifier les faits anciennement connus, y faire des découvertes. Et quand la masse des observations recueillies sera suffisante, il se trouvera des esprits élevés qui, comprenant ce que les autres n'ont fait, qu'entrevoir, dégageront la vérité de l'erreur, mettront au jour les liens inaperçus des phénomènes qui paraissent isolés, établiront les rapports des effets avec les causes^ et feront, en un mot, ressortir de ce qui n'est encore que confusion et obscurité un acteur de lui-même, atteignant par des procédés infaillibles des résultats déterminés avec intelligence. »
C'est à l'étude de ces différentes questions que s'applique M. Baude. Il passe en revue les mœurs et les habitudes des poissons susceptibles de servira l'alimentation publique; il les partage en poissons sédentaires et en poissons votjageurs.U Anguille, l'Alose, le Hareng, le Saumon, etc., sont étudiés au point de vue des conditions qui peuvent assurer la conservation de ces espèces dans nos eaux.
M. Baude insiste sur les modifications à apporter à la police de la pêche, dans la vue de faciliter la conservation et la multiplication du poisson dans nos eaux courantes. La législation et l'administration ont une grande influence sur le développement de la production ichthyologique ; comme le remarque l'auteur, elles peuvent faire naître, dans des circonstances naturelles identiques, l'abondance ou la stérilité. M. Baude propose donc diverses modifications à la police actuelle de la pêche.
Nous ne pouvons suivre Fauteur dans l'exposé des diverses considérations de ce genre, mais nous ne saurions omettre les importantes observations qu'il présente à propos des barrages qu'on a créés en travers de la plupart de nos cours d'eau, et qui constituent un obstacle permanent à la conservation du poisson dans nos eaux courantes.
M. Baude assure qu'en France, la pêche a été principalement ruinée par les travaux hydrauliques établis en travers des cours d'eau. Les barrages créés pour les prises d'eau des moulins, des usines, des canaux de dérivation, sont infranchissables pour
beaucoup d'espèces de poissons, et ils le sont souvent pour la Truite et le Saumon, malgré les hauteurs auxquelles ces poissons peuvent s'élancer. Les eaux coupées par des barrages perdent leurs poissons en amont de ces obstacles, parce qu'elles ne sont plus ravitaillées par l'arrivée de nouveaux individus ; elles les perdent en aval, par suite de l'éloignement instinctif du poisson pour les parages où il est privé de la faculté de circuler, mais surtout par l'extinction successive du frai. Supprimer les barrages, priver les usines et l'industrie des forces motrices que leurprocurent les chutes d'eau ainsi ménagées, est un moyen auquel on ne saurait songer. Mais M. Baude demande que, pour concilier deux intérêts également respectables, on adapte aux barrages, suivant leur forme et leur hauteur, des couloirs ou des bassins gradués qui facilitent aux poissons le passage entre deux plans d'un niveau différent.
C'est précisément ce qui a été fait en Ecosse, depuis un grand nombre d'années, pour remettre les Saumons en possession des cours d'eau qu'ils avaient abandonnés. « De l'exécution de cette mesure, dit M. Baude, datera le repeuplement des eaux désertes. »
Les échelles à Saumons dont parle ici M. Baude, sont encore peu connues. Aussi (croyons nous devoir terminer cette Notice en donnant quelques explications sur cette intéressante découverte de l'histoire naturelle appliquée au perfectionnement de l'industrie.
Tout le monde sait que les Saumons, à l'époque du frai, remontent les cours d'eau, pour aller chercher des conditions et des lieux plus favorables à leur reproduction. Mais, en remontant les cours d'eau, ils rencontrent souvent des obstacles, naturels ou artificiels. Les obstacles naturels sont les cascades et les chutes, qu'on trouve fréquemment dans les pays de montagnes. Les obstacles artificiels sont les barrages ou écluses, que nécessitent les besoins de l'industrie, de
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la navigation et de l'agriculture. Ces obstacles ne permettent pas au poisson de circuler librement , et surtout d'aller frayer
dans les endroits convenables. Il en résulte que la reproduction des poissons migrateurs devient insuffisante , et que , par suite , le dépeuplement des eaux s'opère avec rapidité.
C'est pour concilier le service régulier des usines et de la navigation avec celui de la reproduction naturelle du poisson, dans les rivières, qu'on a eu l'idée, en Écosse, d'établir de petits appareils appelés échelles à Saumons, qui permettent au poisson de franchir les barrages naturels ou artificiels. En 4863, M. Cousme, ingénieur en chef des
ponts et chaussées, dans un Rapport sur la pisciculture et la pêche fluviale en Angleterre^ a décrit les divers systèmes
Fig. 610. — Double escalier à chutes serpentantes.
^échelles à Saumons établis en Angleterre,, en Écosse et en Irlande.
ha Société d'acclimatation de Paris , sur la proposition de M. Millet, avait émis, dans le même ordre d'idée, des vœux qui n'ont pas été inutiles, car la loi du 31 mai 1866, relative à la pêche, dit « qu'il pourra être établi dans « les barrages des fleuves, rivières, canaux et « cours d'eau, un passage appelé échelle, , des- « tiné à assurer la libre circulation du pois-
son. »
Les échelles à Saumons „ en usage en Angleterre, figuraient à l'Exposition universelle de 1867. Ce sont des plans inclinés, sur lesquels tombe une mince nappe dreau. Chaque plan incliné est muni de cloisons transversales, interrompuesà unede leurs extrémités,de manière à laisser son ouverture alternant avec la cloison qui précède et celle de la. cloison qui suit. Grâce à cette disposition, le courant est forcé de décrire un lacet; le plan incliné forme une sorte d'escalier, ou d'échelle,
qui met en communication les deux cours d'eau. L'expérience a prouvé que le poisson s'introduit sans hésiter dans ces passages, et qu'il les franchit aisément.
Les échelles à Saumons se construisent suivant deux systèmes, le système à escalier et le système à échelle. Nous trouvons dans l'ouvrage de M. Coste, Voyage sur le littoral de la France et de l Italie , la description de ces deux systèmes.
« Ce système dit à escalier (fig. 610) consiste en une série de réservoirs carrés en bois, posés les uns au-dessus des autres, à la hauteur de deux pieds, comme autant de grandes caisses. Ces bassins, dont le dernier communique de plein pied avec le haut delà chute, pendant que le premier se trouve au niveau de la partie inférieure du fleuve, sont construits et superposés de telle sorte que l'eau se précipitant dans le réservoir le plus élevé rencontre à angle droit la paroi qui lui fait face, et est forcée de s'écouler par une large ouverture latérale. Elle tombé ainsi dans le second bassin, puis dans le troisième, et successivement dans tous les autres par de vastes échancrures qui alternent et produisent dans leur ensemble une aérie de cascades serpentantes. Ce procédé permet aux Saumons et aux Truites, quelle que soit la hauteur du barrage, de passer de Faval à l'amont du fleuve, en sautant d'auge en auge sans trop d'effort et de fatigue.
« Les bassins formant escalier peuvent aussi être rangés sur deux files parallèles, adossées Tune à l'autre par un de leurs côtés. Celte forme n'est qu'une modification de la précédente : l'eau, en passant des compartiments de droite dans ceux de gauche, et, alternativement^ de ceux-ci dans ceuxlà, y serpente également ; mais les points de repos sont plus multipliés, et les chutes moins élevées, ce qui rend l'ascension du poisson plus facile. Ce double escalier a, en outre, l'avantage de pouvoir s'adapter à des localités où il serait impossible de donner à l'escalier simple un développement suffisant en longueur.
« Les échancrures par lesquelles l'eau s'écoule d'un bassin dans un autre, au lieu d'être sur l'un des côtés des cloisons transversales et d'alterner, peuvent occuper le milieu de ces cloisons, de manière à produire non plus des cascades serpentantes, mais une série déchûtes qui se succèdent en ligne droite, depuis le haut jusqu'au bas de l'escalier.
« L'autre système, dit à échelle (fig. 6 H ), est plus simple encore et présente plusieurs vaiiétés. Voici la description du moins dispendieux de ces appareils.
« Dans le sens du courant et sur un plan incliné de
wngt pieds pour un, on construit, au moyen d'un terrassement et de deux fortes cloisons, une sorte de longue stalle, large d'environ vingt pieds et qui rejoint par une pente douce les deux parties de la rivière. Puis de dix en dix pieds on établit graduellement, entre ces deux parois, une série de cloisons transversales formant autant de bassins d'une profondeur convenable. Le milieu de ces cloisons, légèrement échancré, est recouvert par l'eau qui se précipite, tandis que leurs extrémités, s'élevant audessus, opposent au courant une suite d'obstacles suffisants pour permettre au Saumon d'opérer son ascension successive de bassin en bassin. »
Inventés en 1834, en Ecosse, par un propriétaire d'usine , M. Smith , les escaliers à Saumons furent établis dans plusieurs rivières de ce pays, mais c'est surtout en Irlande que ce système a été employé avec le plus de succès. On peut citer particulièrement la pêcherie de Galway, dans laquelle une échelle permet aux poissons de la baie de ce nom, d'arriver dans le lac Corrib, en surmontant un barrage de im,35 de hauteur; une autre échelle lui permet ensuite de passer du lac Corrib dans celui de Mark, dont le niveau est à 12 mètres au-dessus du premier. La pêcherie de Ballysadare a deux échelles : l'une franchit une cascade de 9 mètres; l'autre, une cascade de 4™ ,50. Elles conduisent le Saumon de la baie de Ballysadare dans la rivière formée par la réunion de l'Arrow et de l'Owenmore; une troisième échelle franchit une cascade de 5m,50.
La figure 61 1 montre la forme de r escalier à Saumons^ dite en échelle. Nous donnons plus loin (fig. 612) l'élévation et la coupe verticale de ce même appareil.
En Amérique, les échelles à Saumons , importées d'Ecosse, en 1856 , ont donné les meilleurs résultats.
En France, on a établi des échelles à poissons sur le Blavet, sur le Tarn, au barrage de Mausac, sur la Dordogne^ enfin, plus récemment, sur la rivière de la Vienne, à Châtellerault.
M. Millet a donné en 1868, dans le BuU letin de la Société d 'acclimatation, la descrip-
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tion de l'échelle à Saumons qui a été établie dans cette dernière rivière, à l'intérieur du barrage qui se trouve près de la manufac-
ture d'armes, à Châtellerault, C'est, comme presque toutes les contractions de ce genre, un ouvrage en maçonnerie à gradins, com-
posé de compartiments ou échelons successifs avec ouvertures contrariées.
Avant l'établissement de cette échelle au
milieu du barrage, les poissons voyageurs qui, chaque année, remontent de la mer dans la Loire, et de là dans la Vienne, pour frayer
l'ig, Coupe et élévation de l'échelle à Saumons à chutes en ligne droite.
vers les sources et dans les affluents de cette rivière? se trouvaient brusquement arrêtés par le barrage de la manufacture d'armes. C'était un spectacle curieux que celui des efforts faits par les Saumons pour sauter dans le bief supérieur. On les voyait s'élever, d'un coup, à 1 mètre, lm,50, et quelquefois davantage au-dessus de l'eau, puis retomber, à demi brisés, autant par la dépense de force musculaire, que parla hauteur de leur chute* Ce n'était qu'au moment d'une crue que le poisson pouvait franchir la crête Au barrage. Aussi, depuis la construction de ce barrage, c est-à-dire depuis plus de quarante ans, le Saumon, très-abondant dans la Vienne en aval de ChâtellerauH, avait-il complètement disparu en amont.
A peine avait-on achevé la construction de l'échelle à Saumons dans le barrage de ChâtellerauH, qu'on put en reconnaître toute l'utilité. On vit, en effet, les Saumons, à la première remonte, franchir aisément les
gradins de l'appareil. On en prit de trèsgrande taille, dans un filet que l'on avait placé, à titre d'expérience, en amont du barrage. En même temps, on constata la présence du Saumon en divers points du cours supérieur de la rivière.
Une fois frayé, le passage de l'échelle a été fréquenté par un nombre toujours croissant de poissons voyageurs: Saumons, Aloses, Lamproies ; en sorte que le repeuplement de la Vienne, dans toute sa partie en amont de Châtellerault, semble désormais assuré.
En résumé, les travaux exécutés eh Angleterre, en Ecosse, én Irlande et récemment en France, pour faciliter les migrations du Saumon, en dépit des barrages établis pour les besoins de la navigation ou des usines , ont pleinement atteint leur but, et il est à désirer que l'application de ces appareils soit faite à l'avenir dans, tous les cours d'eau qui présentent des obstacles à la libre circulation des poissons migrateurs.
FIN DE LA PISCICULTURE
TABLE DES MATIÈRES
LA PHOTOGRAPHIE