‹ Les merveilles de la science, ou Description populaire des inventions modernes (volume 3)Chapitre 19 sur 149 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

UN MOT SUR LES MACHINES OSCILLANTES ET LES MA- CHINES ROTATIVES. — INSUCCÈS ET ABANDON DES MACHINES A VAPEUR SURCHAUFFÉE ET DES MACHINES A AIR CHAUD.

Nous venons do faire connaître les nombreux perfectionnements apportés, depuis l'année 1870 jusqu'à ce jour, aux macliines fixes à vapeur. Pour résumer ces modifica-

tions fondamentales, nous dirons que les machines à vapeur ont été transformées dans deux parties très distinctes :

1° Dans le mécanisme de la distribution de la vapeur par les tiroirs, lesquels, se manœuvrant aujourd'hui avec une précision mathématique, permettent d'utiliser dans la plus grande mesure possible la détente de la vapeur. De là la machine Corliss et ses dérivés, c'est-à-dire les machines genre Corliss.

2° Par la réalisation absolue des avantages de la détente de la vapeur au moyen de deux cylindres à vapeur d'inégal volume, et qui sont combinés avec un système de tiroirs et de régulateurs nouveaux. De là les machines dites CompouncI, avec les nombreuses variantes que leur donnent aujourd'hui les constructeurs des divers pays. Nous n'avons parlé encore que des machmes Compound à deux cylindres ; mais en traitant, dans la Notice supplémentaire suivante, des Bateaux à vapeur, nous aiarons à décrire des machines dans lesquelles la détente de la vapeur s'opère dans trois et même dans quatre cylindres successifs (machine à triple et quadruple expansion).

C'est ainsi que la machine à vapeur s'est singulièi'ement perfectionnée depuis l'année 1870, et que l'on réalise aujourd'hui, dans son emploi, une économie inattendue pour la production de la force motrice. Dans les ateliers mécaniques, au lieu de brûler 7 à 8 kilogrammes de houille, comme autrefois, pour obtenir pendant une heure la force d'un cheval -vapeur, on n'en dépense aujourd'hui que 700 grammes en moyenne, à moins que l'on ne veuille produire de très grandes vitesses, ce qui sort des conditions ordinaires de l'industrie.

Pour obtenir cette réduction remarquable dans la dépense du combustible, il a fallu, comme on l'a vu, modifier considérablement les formes de la machine à vapeur; de sorte que l'aspect des machines actuelles diffère

SUPPLÉMENT A LA MACHINE A VAPEUR

sensiblement de celui qu'on leur voyait à lepoque où nous avons publié, dans lesMerveilles de la science, notre Notice sur la Macliine à vapeur. Et si nous avons multiplié, dans cette Notice supplémentaire, les dessins des machines à vapeur et de leurs accessoires, ainsi que des chaudières, c'est afin de pouvoir donner une idée exacte de l'outillage industriel actuel, en ce qui concerne les machines fixes à vapeur.

Il est deux ordres de machines dont l'ordre de notre exposition ne nous a pas permis de parler, et au sujet desquelles le lecteur a le désir sans doute d'être renseigné. Nous voulons parler des machines à vapeur oscillantes et des machines rotatives. C'est par leur appréciation que nous terminerons cette Notice supplémentaire aux machines à vapeur fixes.

Les machines oscillantes et les machines rotatives semblaient condamnées à disparaître, en présence des perfectionnements apportés, tant aux tiroirs, dans les machines ( iOrliss, qu'aux cylindres de détente, dans les machines Compound. Cependant ces deux types de machines sont loin aujourd'hui d'être mis à l'écart. Nous verrons les machines oscillantes conservées encore à bord de plusieurs navires à vapeur ; et nous les retrouverons dans les Locomobiles, fonctionnant pour certains appareils de levage par la vapeur. L'ingénieux mécanisme des cylindres oscillants que nous avons décrit dans les Merveilles de la science (1) a été conservé, sans modifications.

Quant aux machines rotatives., ce type si remarquable en ce qu'il dispense de tout renvoi de mouvement, l'arbre moteur luimême étant mis en action par la force de la vapeur, elles sont encore en usage, non pour la production des grandes puissances motrices, non pour distribuer la force dans des

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ateliers importants, mais pour actionner des machines d'ordre secondaire, empruntant leur effet moteur à la vapeur. Des pompes élévatoires pour l'eau et les liquides, des monte-charge et d'autres appareils du môme genre, font usage de machines rotatives., c'est-à-dire de ces disques creux portés sur l'arbre môme, et dans lesquels la vapeur venant se jouer, pour ainsi dire, à l'intérieur de ce disque, dans des cavités convenablement ménagées, actionne directement cet arbre de couche. Bien entendu que l'on tire parti, dans ce dernier appareil, des nombreux procédés aujourd'hui consacrés pour la meilleure utilisation de la détente de la vapeur. Beaucoup de pompes à eau fonctionnent par le secours de petites machines j à vapeur rotatives dont les constructeurs varient les formes et les dispositions selon leurs idées particulières.

Dans les Merveilles de la science, nous avons consacré un long chapitre (1 ) à l'étude des machines à air chaud, c'est-à-dire dans lesquelles l'air successivement surchautTé et refroidi pousse un piston dans un cylindre, ce qui remplace; l'effet mécanique du piston du cylindre à vapeur.

Les machines à air chaud inspiraient beaucoup de confiance à l'époque oii nous avons écritnotre Notice sur les machines fixes à vapeur. Mais en présence des progrès immenses qu'a faits plus tard la machine à vapeur, ces appareils ont été absolument délaissés. Après une foule d'essais pour créer, dans des conditions pratiques, la machine à air chaud, essais auxquels l'américain Edison s'est lui-même consacré, sans aucun succès, ce genre d'appareils est tombé dans un discrédit complet. La machine à vapeur, modifiée suivant les principes et les découvertes résumés dans ce Supplément, reste donc la maîtresse souveraine du chamj) de

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l'industrie. Tout au plus le moteur à (jaz, dans quelques conditions spéciales, et alors que la question d'économie est secondaire, vient-il se mesurer avec la machine à vapeur, pour la production de petites forces.

On peut en dire autant de la puissance mécanique de l'air comprimé, et de la pression de hautes colonnes d'eau, utilisées dans quelques grandes villes, pour certains cas

particuliers, où il sagit de distriln;er commodément de petits efforts mécaniques. Mais, sauf ces cas isolés et exceptionnels, on peut dire que la machine à vapeur, grâce aux perfectionnements qu'elle a reçus, règne seule aujourd'hui dans les usines, les manufactures, les ateliers, et les bâtiments de tout tonnage, ainsi qu'on va le voir dans les pages suivantes.

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