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CHAPITRE IV

PILES A CHLORURES, lODURES, BROMURES, SULFURES DÉPOLARISANTS. — PILES MARIÉ DAVY, WARREN DE LA RUE, NIAUDET, GAIFFE, LAURIE, DOAT, REGNAULT, BLANC.

Dans certaines piles, la dépolarisation s'effectue par le chlore, et non par l'oxygène ou les oxydes métalliques : ce sont les piles dites à chlorures.

La première de ce genre (après celle de Daniell au chlorure de platine) est la pile de M. Marié Davy, au chlorure d'argent.

Fig. 330. — Pile au chlorure d'argent de M. Warren de la Rue.

Chaque élément se compose d'un vase extérieur, en forme de cylindre, de 13 centimètres de long et de 3 centimètres de diamètre, dans lequel un crayon de zinc non amalgamé tient lieu d'électrode soluble. Au crayon est soudée une lame d'argent, qui constitue le pôle du couple suivant, et autour duquel on a fondu un petit bâton de chlorure d'argent (pôle positif) qu'on isole à l'aide d'un petit cylindre en papier parchemin. Le vase extérieur est fermé par un bouchon en paraffine, et contient une dissolution de chlorhydrate d'ammoniaque formée de 23 grammes de sel pour 1 ,000 d'eau.

Cette pile, dont le comburant est un corps solide, insoluble, qui n'a d'autre rôle que de fournir le chlore nécessaire à la dissolution du zinc, est à courant constant, et ne s'use que quand son circuit est fermé. Sa résistance dépend de son temps de service et de la grandeur de chaque élément. Quant à sa force électro-motrice, elle est relativement énergique.

La pile au chlorure d'argent, imaginée par M. Marié Davy, en 1860, a été perfectionnée en 1868, par M. Warren de la Rue,

qui lui a donné la forme que représente la figure ci-dessus.

M. Marié Davy a encore essayé, comme dépolarisant, le chlorure de plomb. Mais vu le prix assez élevé de ce corps et le peu d'énergie des éléments au chlorure, cette pile n'a pas reçu d'application.

M. Duchemin a essayé, mais sans succès, de dépolariser les piles au moyen du perchlorure de fer.

M. Niaudet a construit une pile constante et assez énergique, dans laquelle il utilise les propriétés dépolarisantes du chlorure de chaux.

Dans le vase poreux, on place une plaque de charbon, autour de laquelle on entasse du charbon concassé, puis une couche de chlorure dechaux,"une nouvelle couche de charbon, etc., etc., jusqu'à ce qu'on arrive au bord supérieur; on ferme le tout avec une couche de poix. A la distance voulue, et retenu par de petits bâtons en bois, le vase poreux est entouré d'un cylindre de zinc, qui trempe dans de l'eau

SUPPLÉMENT A LA PILE DE VOLTA

salée, où il peut rester impunément, puisque ai ce sel, ni le chlore ne peuvent l'attaquer.

Le vase poreux, ainsi que le cylindre de sine qui y est fixé, sont cimentés avec le col du vase, pour éviter tout dégagement de chlore, et on ne laisse qu'une ouverture pour le remplissage de l'eau salée, que l'on prépare en dissolvant dans 100 parties en poids d'eau 24 parties de sel de cuisine, proportion qui donne la plus petite résistance.

Au début, la force électromotrice est de t,5 mit., mais elle tombe, au bout de quelques mois, à 1,38 volt. Toutefois, la réduction de l'hydrogène ne se fait pas complètement; de sorte que la force électro-motrice peut tomber à 1,28 volt., même à 1,03 si l'on ferme la pile à court circuit; mais il suffit d'un court repos pour qu'elle reprenne sa force primitive.

Enfin Gaiffc a construit une petite pile au chlorure d'argent.

L'élément se compose d'un petit cylindre de caoutchouc durci, qui porte un couvercle vissé se fermant hermétiquement. Les deux électrodes sont fixées au couvercle par des écrous. L'électrode négative est un petit creuset en cuivre qui contient du chlorure d'argent fondu, enveloppé dans de la toile. De petits buttoirs de caoutchouc assurent la distance nécessaire de l'électrode zinc, et un bracelet en caoutchouc les serre tous deux contre ces buttoirs.

Cet élément qui contient du liquide ne peut pas être retourné, puisque quand le couvercle est mouillé il se produit aussitôt une fermeture; aussi Gaiffe remplaçait d'ordinaire le liquide par des couches de papier buvard imprégné d'une dissolution de chlorure de zinc à 5 pour 100.

Ces éléments sont très économiques et très commodes pour les usages médicaux.

De même que le chlore, l'iode, le brome et le soufre ont été employés comme dépo-

larisants. Ainsi, M. Lauric a construit une pile dont les électrodes plongent dans une dissolution d'iodure de zinc, à laquelle on ajoute de l'iode.

Dans l'élément de M. Doat, le vase extérieur contient du mercure, où plonge un fil de platine, et le vase poreux renferme une dissolution d'iodure de potassium qui entoure le charbon.

M. Regnault a remplacé l'iode par le brome et l'iodure de potassium par du bromure , sans obtenir de meilleurs résultats.

Enfin MM. Blanc et Savary ont essayé de réduire l'hydrogène par le soufre, et de construire, avec ce métalloïde, des piles impolarisables.

Aucune de ces piles, dont la force motrice est d'ailleurs très faible, n'a reçu d'application pratique.

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