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CHAPITRE VI

PILES A SULFATES BÉPOLARISAMS AUTRES OUE LE SUL- FATE DE CUIVRE. — PILES MARIÉ-DAVY, GAIFFE, RHUM- KORFK, SOMZÉE, BECQUEREL.

Certains sulfates autres que celui de cuivre peuvent être employés comme dépolarisants; mais alors il faut substituer à la lame de cuivre une lame métallique correspondant au sulfate employé, ou bien une plaque de chai'bon.

La plus importante des piles de ce genre est celle qui a été construite par M. Marié- Davy et qui fut, pendant de longues années, en usage en France, sur la plupart des lignes de télégraphie électrique. Elle se compose d'un vase extérieur en

Fig. 342. — Élément d'une pile .Marié-Davy au sulfate de mercure.

verre, où le zinc plonge dans l'eau pure, et d'un vase poreux contenant une bouillie de bi-sulfate de mercure, qui entoure le charbon.

L'élément Marié-Davy aune force électromotrice supérieure à l'élément Daniell : elle est de 1 volt, S, par suite de la dissolution difficile du sulfate de mercure. Les liquides ne se mélangent que très lentement, et lorsqu'il vient toucher le zinc, le mercure séparé ne produit aucune action secondaire ;

SUPPLÉMENT A LA PILE DE VOLTA

il entretient, au contraire, l'amalgame en bon état.

Le prix élevé du sulfate de mercure a empêché la pile Marié-Davy d'être conservée pour l'usage des télégraphes, bien que l'on puisse facilement retirer le métal des éléments épuisés. Par suite du peu de solubilité du sulfate de mercure, le courant baisse rapidement, en court circuit. Enfin, ce qui n'est point le moindre défaut de cet élément, le sel de mercure est un poison violent.

Lorsque tout le sulfate dissous est consommé, il se forme un amalgame de zinc, qui devient positif en face du zinc, de sorte qu'il se produit un retournement du courant. Aussi recommande-t-on d'avoir soin que les éléments qui sont réunis en tension aient tous, autant que possible, une construction semblable, afin que l'un ne vienne pas, avant l'autre, à manquer de sulfate de mercure dissous.

La dissolution du sulfate de mercure peut être hâtée par la division du sel; ce qui peut se faire en le mélangeant avec des morceaux de coke, comme M. Beaufils l'a fait dans l'élément sans vase poreux qui a été employé pendant longtemps par l'administration des lignes télégraphiques.

Afin de rendre cette pile facilement applicable aux appareils médicaux, MM. Trouvé, Gaiffe et Rhumkorfï ont supprimé le vase poreux et se servent de la dissolution du sel de mercure comme dépolarisant et comme comburant.

M. Somzée a encore construit une pile au sulfate de mercure et charbon qui possède, sous un volume très restreint, une grande force électro-motrice, une grande constance et une très longue durée.

MM. Becquerel et Marié-Davy ont encore utilisé le sulfate de plomb comme matière

dépolarisante, mais l'énorme résistance intérieure qu'offrent ces piles les a fait abandonner.

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