‹ Les merveilles de la science, ou Description populaire des inventions modernes (volume 3)Chapitre 86 sur 149 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

LA GALVANOPLASTIE ACTUELLE. — EMPLOI DES MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES POUR LES OPÉRATIONS GALVANO- PLASTIQUES. — SYSTÈME ACTUEL DE MESURE DES FORCES ÉLECTRIQUES. — LES UNITÉS USUELLES : LE VOLT, l'aM- PÈRE, LE OHM, ETC.

La galvanoplastie a reçu, dans ces dernières années, de grands perfectionnements, qui sont dus au progrès général de la connaissance des phénomènes électriques. Les améliorations apportées à la reproduction galvanique ont apparu dès qu'on a possédé des appareils capables de produire l'électricité économiquement et en grande quantité.

L'appareil qui est aujourd'hui presque exclusivement en usage, dans les industries de quelque importance, pour la production de l'électricité, c'est la machine dynamoélectrique, que nous avons décrite dans ce volume. Dès son apparition, cette machine a provoqué une véritable révolution dans toutes les branches de l'électrochimie.

En même temps, la science s'est enrichie d'un système de mesure des forces électriques, sans lequel aucun calcul, aucune comparaison, ne pourraient être faits avec rigueur.

Les électriciens du milieu de notre siècle ne pouvaient mesurer que très imparfaitement l'intensité des forces électriques mises en œuvre. On trouve, en effet, dans les ouvrages de cette époque, la tendance à rechercher, pour les effets électriques, des termes de mesure et des comparaisons d'une valeur si contestable, qu'ils ne pouvaient conduire qu'aux plus graves erreurs.

Les électriciens modernes ne sont, au point de vue scientifique, que des mécaniciens ; car l'électricité forme aujourd'hui l'une des branches les plus importantes de la mécanique. C'est en assimilant les forces électriques aux phénomènes de l'hydraulique, que les électriciens modernes ont constitué la théorie scientifique de l'électricité.

Pour exposer les phénomènes primordiaux sur lesquels est basée la galvanoplastie, il est nécessaire de faire connaître

SUPPLÉMENT A LA GALVANOPLASTIE.

succinctement le système actuel de mesure des quantités électriques.

Sans décrire, ce qui nous entraînerait trop loin, la manière dont on est arrivé à créer le système de mesure employé journellement, il nous suffira d'expliquer la nature des unités qui le composent.

Tout courant électrique, disent les électriciens modernes, est produit, comme tout courant d'eau ou de fluide quelconque, par une dénivellation ou une pression. Cette pression, lorsqu'il s'agit d'électricité, s'appelle la tension, et elle est représentée par une différence de potentiel ou différence de niveau électrique. La tension se compte en volts.

Qu'est-ce que l'unité appelée volt, du nom du fondateur de la science de l'électricité en mouvement?

Le voltQsi légèrement inférieur (6 pour \ 00 environ) à la tension fournie par un élément de pile de Daniell.

Il est bon de faire remarquer, à ce sujet, que la tension est indépendante de la forme et de la grandeur de l'élément de pile, et qu'elle n'est déterminée que par l'énergie de l'action chimique due aux réactifs employés. Lorsqu'il s'agit d'une machine dynamo-électrique, la tension croît avec la vitesse de la machine, et aussi avec le degré d'aimantation des inducteurs aux pôles desquels tourne l'armature.

Ceci étant posé, nous connaissons assez bien l'unité électrique pour étudier ses relations avec celles qui font partie du même système : nous voulons parler de l'unité de résistance, ou ohm, et de l'unité d'intensité, ou ampère.

Lorsqu'un courant parcourt un conducteur métallique, de même que lorsqu'un courant d'eau circule dans une conduite, il éprouve toujours une certaine difficulté à parcourir ce conducteur. C'est ce qui constitue, pour les liquides, la résistance, ou le frottement, pour employer un mot plus

caractéristique. La résistance au passage de l'électricité, de même qu'au passage de l'eau, est d'autant plus grande que le conducteur est plus long et plus fin.

L'unité employée pour la mesure des forces électriques, s'appelle le ohm. C'est la résistance d'une colonne de mercure de 1 millimètre carré de section (1"°',14 de diamètre, si elle a la forme circulaire), et 1",06 de longueur.

Lorsqu'entre les deux extrémités de cette colonne, on produit une différence de potentiel égale à un volt, il en résulte, dans le conducteur, un courant électrique, dont l'intensité est prise pour imité de débit : c'est ce que l'on nomme V ampère.

L'intensité exprimée en ampères représente donc la vitesse d'écoulement de l'électricité, ou encore le volume débité par seconde.

Or, en galvanoplastie, la quantité de métal déposée dans l'unité de temps, est exactement proportionnelle à l'intensité du courant chargé de produire la décomposition

La production de ce courant représente un certain travail, par conséquent une dépense, et l'on peut, en tenant compte de ce que nous venons de dire, évaluer avec une grande exactitude la dépense que représente le dépôt d'un certain poids de métal.

L'électro-chimie a pris, depuis quelques années, un tel développement industriel, qu'il a fallu établir dans cette science, des spécialités. On distingue aujourd'hui Vélectrolyse, la galvanoplastie proprement dite, et Vélectro-métallurgie.

\]électrolyse est la science qui utilise la décomposition des sels métalliques, en vue d'applications industrielles. Elle fournit, en même temps, aux chimistes, l'un des moyens de dosage les plus commodes.

La galvanoplastie a été déjà suffisamment décrite dans notre Notice des Merveilles de

la Science (1) pour qu'il soit inutile d'expliquer ici les opérations dont elle se compose.

Quant à V électro-métallurgie^ c'est une industrie toute nouvelle, qui se rapporte à l'extraction des métaux par l'électricité, et qui permet d'obtenir à l'état de pureté chimique, et en quantités considérables, nombre de corps qu'il était impossible jusqu'ici d'isoler à l'état de pureté absolue, à moins de grandes dépenses. Pour certains métaux même, aucun autre traitement ne permettait d'atteindre un résultat aussi complet.

On peut citer, à ce propos, un fait curieux et bien caractéristique : certaines usines, celle de M. Mouchel, par exemple, fabriquent, parl'emploi de l'électricité, des fils de cuivre qui présentent, comparés au cuivre jadis réputé pur, une conductibilité électrique de 102 pour 100.

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