‹ Les merveilles de la science, ou Description populaire des inventions modernesChapitre 65 sur 104 · GI · texte numérisé non relu

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Kig» S20* — Halle et de HumboTdl répétant lei p%përien&es Ût GalTanI et de Voila (page 618).

les opinions de Fabroiii fussent trop avancées poarson temps, soit qu'il les eut embarrassées d'explications oiseuses, elles n'excitèrent aucune attention. La lutte était si vivement engager, entre les Voltaïstes et les Galvanistes, qu'il fallait, pour être écouté, se ranger sous Fun des deux drapeaux. Fabroni, qui attaquait à la fois les idées de Galvaniet celles de Volta, avait peu de chances d'être compris. Aussi ses travaux ne furent-ils accueillis parloul, même en Italie, qu'avec un froid dédain* Il s'était formé, en 1793, dans TUniversité

« liais ou volt bien cJaîrement^ par les reauitata que J'ai obtenu» du simple coutacl de di*ux inélaui;, c*ost-à-dlre par l'a\\de el It^s cristaux aallnst Qu'il s'agit d'une opératlûh cliimique, el que c'est à elle que Ton doit attribuer tes sensations que Ton éprouve sur la langue et sur l'ceiL // me parât l donc proôtabie que c'est à ces nouveaux campons ùu à leurs éiéments que i*rindoît ce .^(imuhti mystérieux qui Opère let mouvements çonvuhif* de ta fihrt animale dam une grande partie a*4 moint de* phénoménet du galvanimte.

de Bologne, bous la direction d^Aldini, une Société scientifique, dont tous les travaux étaient dirigés contre ceux de Volta. Fonlana, Bassiano, Carminati et Carvadori, professeui^s de Pavie, en avaient fondé une autre, dans cette dernière Université, contre lesCaU vanistes. Sous l'inspiration de Cavalto, de pareilles associations s'établirent en Angleterre en faveur de Volta (1). Pendant cinr] ans, en un mot, rEuropescienlifique se rangea sous Tune ou Tautre de ces bannières opposées. Mais les résultats qui, dans cette période, furent acquis à la science, ne répondirent |>as à Tardeur doctrinale qui les avait inspirés, et avancèrent peu la question, au moins sous le rapport théorique.

Parmi les physiciens dont les travaux

(I) Expérimenta on animal EUciriçiUj^ with thetr appii* cations io Physioio^^^ ('^3.

furent remarqués dans la mémorable lutte engagée entre Galvani et Volta, il faut distinguer surtout Alexandre de Humboldt. L*ouvrage de ce sayant, Expériences sur le gaivo" nisme^ traduit en français en 1799, ayait paru en Allemagne bien ayant cette époque; il contient une foule d'obsenrations intéressantes (1). Personne, ayant de Humboldt, n'ayait appliqué l'arc de Galyani sur un grand nombre d'animaux différents, et sur les diverses parties du corps de ces animaux. De Humboldt découvrit l'action que le courant électrique exerce, chez les animaux vivants, sur les mouvements contractiles des intestins et sur les pulsations du cœur. Dans son zèle pour la science, ce courageux expérimentateur n'hésita pas à se faire enlever l'épiderme par des vésicatoires, afin d'appliquer l'arc métallique sur des parties plus internes du corps mises à nu. Il obtint des résultats curieux relativement à l'influence exercée par le courant électrique sur les sécrétionsdesplaies forméespar les vésicatoires.

De Humboldt étudia avec le plus grand soin le fait, découvert par Galvani, de la contraction musculaire de la grenouille obtenue en repliant ses jambes, de manière à les mettre en contact avec ses nerfs lombaires. Il découvrit aussi ce fait remarquable, que l'on peut obtenir les contractions de la grenouille, en touchant son nerf lombaire, sur deux points différents, avec un morceau de substance musculaire pris sur le même animal vivant.

Les Lettres sur t électricité animale^ adressées en 1792 à Desgenettes et de La Métherie par Valli, de Pise, contiennent des expériences qui méritent encore d'être signalées parmi les travaux de cette époque.

V Essai théorique et expérimental sur le gaivanisme^ par Jean Aldini, sur lequel nous aurons à revenir plus tard, renferme encore

m Expériences 9ur le galvanistne, et en général sur Vexcitation des fibres musculaires et nerveuses, par Frédéric- Alexandre de Humboldt, traduction de l'aUemaiid, par Ja- «olot, médecin. Paris, nw.

beaucoup d'observations intéressantes, et en particulier, ce fait curieux, que l'on peut exciter des contractions dans une grenouille préparée et tenue à la main, quand on plonge ses nerfs dans l'intérieur d'une blessure foite dans les muscles d'un autre) animal vivant.

Dans l'ouvrage de Fowler sur le galvanisme^ on trouve beaucoup d'observations pleines d'intérêt sur les sensations provoquées par le passage du courant électrique dans les animaux; sur l'influence du froid et de la chaleur; sur l'irritabilité musculaire excitée par l'électricité ; sur la reproduction de la substance nerveuse : sur l'action de certains poisons dans le phénomène de la contraction musculaire, etc. (1).

Un long mémoire lu à l'Institut le 26 frimaire an IX, par un physiologiste français, Lehot, contient aussi des résultats très-importants concernant les effets du galvanisme sur le système nerveux.

En 1798, malgré les orages politiques du temps, l'Académie des sciences de Paris voulut connaître et apprécier par elle-même les expériences de l'école bolonaise. Un comité de ce corps savant , composé de Guyton- Morveau, Fourcroy, Hallé, Coulomb, Vauquelin, Sabatier, Pelletan et Charles, fut chargé de répéter ces expériences et de faire un rapport détaillé sur les nouvelles découvertes du galvanisme. Hallé s'occupa particulièrement de cette vérification. Il répéta toutes les expériences d'Alexandre de Humboldt, de concert avec ce savant lui-même, qui s'était rendu à Paris dans ce but. La commission de l'Académie, qui envisagea ce sujet presque exclusivement sous le rapport physiologique, donna de grands éloges aux découvertes de Galvani et aux expériences d'Alexandre de Humboldt. Les mêmes expériences furent répétées en Allemagne par un grand nombre de physiologistes ; Pfaff, qui

(I) Un extrait de Touvrage de Fowler m trouve dans la Bibliothèque Britannique f mal 1796.

s'en occupa particulièrement, combattit quelques assertions d'Alexandre de Humboldt.

Fig 321. — Alexandre de Humboldt

Le galvanisme trouvait pourtant beaucoup de partisans enthousiastes en Allemagne, où Ton n'hésitait pas à le considérer comme une nouyelle branche de la philosophie naturelle. Dans deux mémoires publiés de 1797 à 1798, le docteur J. L. Reinhold avait admis qu'un fluide particulier, analogue, mais non identique à l'électricité, circule dans les nerfs des animaux, et provoque les contractions musculaires. Le chimiste J. W. Ritter, bien connu par ses admirables recherches sur les précipitations métalliques, s'occupa du même sujet, dans un ouvrage publié à Weimar, en 1798, où il s'efforça d'établir l'universalité du galvanisme, en s'appuyant sur un ensemble d'idées philosophiques particulières, d'un ordre entièrement métaphysique, et dont ses compatriotes eux-mêmes ne purent réussir à démêler le sens. A Brème, le professeur G. R. Treviranus publia des expériences relatives à l'action du galvanisme sur les plantes, et au phénomène de la contraction muscu-

laire chez les animaux. En un mot, toute l'Allemagne savante s'occupait alors avec ardeur d'études expérimentales sur ce sujet. Un grand nombre d'opinions contradictoires se faisaient jour pour l'explication des faits secondaires, et bien que la théorie de Gaivani, quant à l'existence d'un fluide électronerveux chez les animaux, fût généralement admise, on peut dire qu'il y avait alors en Allemagne, autant d'opinions que d'expérimentateurs.

Ainsi, jusqu'à la fin de l'année 1799, ni la théorie de Galvani, ni celle de Volta n'avait réussi à fixer la victoire de son côté. Quant aux idées de Fabroni, on ne daignait pas même les discuter. Elles étaient pourtant autrement précise^, autrement concluantes que celles de Volta, fondées, comme nous l'avons déjà dit, sur un principe inintelligible et sur des expériences inexactes; elles étaient bien plus positives que celles de Galvani, qui s'appuyaient sur la donnée, éternellement insaisissable, de la vie.

Telle était la situation des esprits, et l'irrésolution générale des doctrines, lorsque Volta, par un véritable coup de maître, parvint à remporter l'un des triomphes les plus éclatants dont l'histoire des sciences conserve le souvenir. C'est alors qu'il imagina l'appareil admirable qui porte son nom. Cette découverte brillante coupa court à toute discussion, à toute controverse. Elle fixa avec tant d'autorité les idées et la faveur du monde savant, que tout ce qui se rapportait aux opinions de Galvani , perdit immédiatement son prestige ; si bien que, jusqu'à cinquante ans après cette époque, personne parmi les physiciens ne se hasarda plus à prononcer le nom d'électricité animale.

Comment Volta parvint-il à cette découverte si justement admirée, et par quelles observations y fut-il conduit?

Après avoir renoncé à sa chaire de Pavie, Volta s'était retiré à C6me, sa ville natale, pour se consacrer tout entière ses travaux de

recherches. Dans une expérience, bien célèbre et pourtant inexacte, il avait constaté que deux disques de zinc et d'argent isolés par une tige de yerre et mis en contact, puis réparés aussitôt, se chargeaient d'une certaine quantité d'électricité, appréciable par le condensateur et Félectroscope à feuilles d'or. Mais la quantité d'électricité développée par ce simple contact de deux métaux était si faible, qu'il importait d'en augmenter la tension en réunissant plusieurs couples de ces disques métalliques ainsi électrisés par le contact. C'est en rassemblant plusieurs de ces couples, dans le but d'augmenter l'intensité des effets électriques dus au contact, que Volta construisit la première pile qu'un physicien ait possédée. Il nous dit lui-nîême que telle fut l'origine de sa découverte :

« La preuve la plus frappante, dit Volta, du déve- « loppement de Télectricité par le simple contact de « deux métaux, c'est que, dans une de mes expérien- « ces où je me servais de plusieurs couples métalli- « ques, j'obtins une tension électrique deux, trois « ou quatre fois plus grande, selon que j'employais a deux, trois ou quatre couples de zinc ou d'argent. « C'est ce grand résultat qui, à la fin de l'année 1799, ¥ m'amena à la construction du nouvel appareil que « je nommai électro-moteur, et que mes anciennes « expériences ne m'avaient pas encore permis de dé- « couvrir. •

C'est donc en voulant démontrer et confirmer le principe du développement de l'électricité par le contact, que Volta fut amené à construire l'instrument qui porte son nom.

Après avoir exposé les diverses péripéties à travers lesquelles les expérimentateurs ont passé pour arriver à la découverte de la pile de Volta, terminons en essayant de tirer, comme le chœur dans les tragédies antiques, la moralité qui découle de ce récit.

Citiùs emergit verttas ex errore quàm ex conftisione (i), a dit Bacon. Jamais peut-être, dans les sciences, la vérité de cet axiome de Fauteur du Novum Orgamim n'a été mieux démontrée que par la découverte de la pile

(1) La vérité sort plutôt de l'erreur que de la confusion des faits.

de Volta. 11 est rigoureusement exact de dire que cette découverte a été le résultat d'une suite de hasards heureux du côté de Galvani, et d'erreurs de la part de Volta. Pour que Galvani fût mis sur la voie de l'existence de l'électricité animale, il a fallu que l'un de ses amis se trouvât occupé à des expériences électriques, pendant le temps et dans le laboratoire même où l'anatomiste de Bologne poursuivait de' son côté, des expériences physiologiques. Il a Eallu que les recherches anatomiques de Galvani portassent précisément sur les nerCs lombaires et les tnûteles cruraux de la grenouille, c'est-rà-dîre sut'Yéleclroscopeléplus sensible qui exister, ël^donf la propriété, sous ce rapport, était -iitlôf^ Ignorée. Les préparations anatomiqùes de Tun des expérimentateurs s'étant trouvées, par la plus singulière des coïncidences, en présence des appareils électriques de l'autre, il a fallu encore que Galvani n'ait pas voulu se contenter, comme l'aurait fait à sa place tout autre physicien, de l'explication de ce phénomène par le choc en retêur, qui en était pourtant la cause véritable. Enfin, comme si toutes ces rencontres bizarres, ces coïncidences étranges, ne suffisaient point, Galvani, poursuivant pendant six années la solution d'un problème déjà tout résolu pour ainsi dire, fut conduit par un hasard nouveau, à la découverte du fait fondamental qui devait donner naissance à l'électricité dynamique, c'est-à-dire les contractions propres de la grenouiUe, dont il fut inopinément le témoin sur la terrasse du palais Zamboni.

Après la part du hasard, du côté de Galvani, est venue, dans la découverte de la pile, la part des erreurs du côté de Volta. C'est par un enchaînement d'observations inexactes et de mauvaises interprétations des faits (on le verra plus clairement par la suite de ce récit), que Volta fut amené à construire son appareil. 11 est bien extraordinaire qu'un physicien, partant d'une observation erronée, discutant cette observation avec de continuelles

Fig. 32Î, — Volti fonstmll tu décembre J7ft9 réîoctm-iaolcur oo pile *4(M'ii-ique (page Cl 9»

pétitions de principe, et appliquant, comme confirmation de ses idées, les mêmes raisonnements à la construction d'un instrument, ait fini par découvrir, en dépit de tout, le plus merveilleux appareil que la physique possède, par réaliser la plus étonnante con- «|uêie faite jusqu'à nos jours sur les forces naturelles qui régissent Funivers.

Mais remarquons-le, si Volta commit une erreur théorique qui n'a clé bien reconnue qu'à notre époque, il ne tomba dans aucune confusion dans le classement et Finterprétaiion générale des phénomènes compliqués

dont il embrassait Tétude. Il fut toujours logique et conséquent avec lui-même. Malgré les vices de son interprétation théorique, il eut le grand mérite de conserver intact Tensemble synthétique des faits qu'il étudiait ; en un mot, il ne commit Jamais de confusion expérimentale. Au contraire, Galvani et Fabroni étaient tombés dans la confusion : Galvanîj en réunissant dans la même explication la contractilité organique des animaux et la source des effets électriques, deux phénomènes essentiellement différents et qui exigeaient chacun une étude spéciale et ap-

propriéc ; Fabroni, en voulant, à l'inverse, tout rapportera Faction chimique, sans tenir aucun compte de rélectricité naturelle qui circule dans les corps des animaux, et en affirmant avec insistance que les convulsions musculaires de la grenouille pouvaient parfaitement s'expliquer par la 'seule action chimique entre les liquides animaux et Tare excitateur. De quelque côté qu'elle vînt, cette confusion, si elle eût prévalu, aurait arrêté à jamais les progrès de la science. Volta, au contraire, sut éviter ce genre d'écueil, et il vit ses efforts couronnés d'un succès immortel.

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