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CHAPITRE PREMIER CARACTÈRES GÉNÉRAUX DES ANIMAUX MAMMIFÈRES

Règne animal : les vertébrés. — Mammifères. — Classification de Cuvier. — Fonctions de la vie de nutrition: préhension des aliments; estomacs des mammifères. — Circulation du sang : le cœur; les artères; les vaisseaux capillaires; les veines. — Le sang, — La respiration ; asphyxie, — Organes des sens : toucher; goût; odorat ; vue ; ouie. |

Linné le premier a introduit dans la science le nom de Mammifères, dénomination d’autant plus heureuse qu’elle caractérise à elle seule la classe à laquelle elle a été appliquée et qu’elle la différencie ainsi de tout le reste du règne animal. Le mot mam-

mifére veut dire animal pourvu de mamelles ou glandes mammaires.

Le règne animal est divisé en quatre grands em-

branchements qui sont : les Verréerés, les AnNetés, les Mozrusques et les ZooPayTes.

Les vertébrés forment le premier embranchement à cause de la plus grande perfection de leurs actes physiologiques et de leur structure anatomique. |

Les mammifères formant la première classe de lembranchement des vertébrés se trouvent, par conséquent, au sommet de l’échelle animale. La présence des mamelles est le caractère essentiel de cette classe, mais il convient d'énumérer un grand nombre d’autres caractères qui, à quelques rares exceptions

Fig. 1: — Vertèbres de l'homme et des animaux.

près, se rencontrent chez les mammifères. Tous res— pirent au moyen des poumons, organes contenus dans la cage thoracique dans laquelle ils sont suspendus et qui n’ont aucune communication avec les viscères contenus dans la cavité abdominale dont ils sont séparés par un muscle large et plat nommé diaphragme.

Les cétacés sont les seuls parmi les mammifères dont la peau soit absolument dépourvue de poils; chez tous les autres animaux de cette classe, ils existent en nombre variable.

Les globules du sang vus au microscope présentent tous une forme circulaire, quelques animaux seule- ment, les chameaux par exemple, font exception à cette règle, chez eux les globules sanguins affectent une forme elliptique. Presque tous les mammifères

ont des dents dont le nombre et la forme sont va-

. riables avec chaque espèce, leur mâchoire inférieure

est mobile et s'articule avec le crâne, tandis que la

mâchoire supérieure est complétement immobile. —

La langue, variable dans sa forme, dans son développement et dans ses mouvements, existe aussi chez les mammifères et leurs fosses nasales sont protégées, à la partie postérieure, par un opercule appelé voile du palais. |

Comme la classification de Cuvier est à peu près universellement adoptée de nos jours, il n’est pas sans utilité de reproduire le passage dans lequel ce célèbre naturaliste explique et énumère les caractères distinctifs sur lesquels il a basé sa classification des mammifères.

« Les caractères variables qui, dit-il, établissent

« les diversités essentielles des mammifères entre

« eux sont pris des organes du toucher, d’où dépend

« leur plus ou moins d’habileté ou d'adresse, et des

« organes de la manducation, qui déterminent la « nature de leurs aliments et entraînent après eux, « non-seulement tout ce qui a rapport à la fonction « digestive, mais encore une foule d’autres diffé

« rences relatives même à l'intelligence. — La per-

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fection du toucher s’estime d’après le nombre et la mobilité des doigts, et d’après la manière plus ou moins profonde dont leur extrémité est enveloppée dans l’ongle ou dans le sabot. — Le régime se juge par les dents mâchelières, à la forme desquelles répond toujours l'articulation des mächoires. Pour couper de la chair, il faut des mâchelières tranchantes comme une scie, et des màchoires serrées comme des ciseaux, quine puissent que s'ouvrir et se fermer. Pour broyer des grains et des racines, il faut des mâchelières à couronne plate, et des mâchoires qui puissent se mouvoir horizontalement ; il faut encore, pour que la couronne de ces dents soit toujours inégale comme une méule, que sa substance soit formée de parties inégalement dures et dont les unes s’usent plus vite que les autres. — Les animaux à sabot sont tous de nécessité herbivores ou à couronnes des mâchelières plates, parce que leurs pieds ne leur permettraient pas de saisir une proie vivante. Les animaux à doigts onguiculés étaient susceptibles de plus de variétés ; il y en a de tous les régimes ; et outre la forme des mâchelières, ils différent encore beaucoup entre eux par la mobilité et la délicatesse des doigts. On a surtout saisi à cet égard un caractère qui influe prodigieusement sur l'adresse et multiplie leurs moyens d'industrie ; c’est la faculté d’opposer le pouce aux autres doigts, pour saisir les plus petites choses, ce qui constitue la main

| « proprement dite, faculté qui est portée à son plus « haut degré de perfection dans l’homme, où l’extré-

« mité antérieure tout entière est libre et peut être « employée à la préhension. »

Fonctions de la vie de nutrition.

La préhension des aliments a lieu de diverses manières chez les mammifères ; les uns, comme le taureau et presque tous les ruminants, portent les aliments à leur bouche au moyen de leur langue. Les carnassiers saisissent leur proie au moyen de leurs membres antérieurs armés de griffes acérées et la déchirent avec leurs dents aiguës. Le pangolin, le tamanoir, tous deux destructeurs d'insectes, plongent . dans les fourmilières leur langue longue et effilée dont l’enduit visqueux retient les fourmis qui se trouvent en contact avec elle ; l’éléphant se sert de sa trompe, l’homme et les singes de leur main.

L’estomac n’est pas le même chez tous les mammifères ; ceux qui vivent de chair ont l’estomac allongé, sa capacité est relativement petite et ses parois sont épaisses. Certains pachydermes, l’hippopotame par exemple, ont l’estomac divisé en plusieurs poches. Les mammifères insectivores ont l’estomac divisé en deux culs-de-sac. Chez un grand nombre de cétacés, trois estomacs distincts sont placés les uns à la suite des autres et le dernier est subdivisé à son tour en un certain nombre de compartiments.

L’estomac des ruminants est le plus remarquable.

La longueur de l'intestin est variable et en rapport avec le régime alimentaire des divers mammifères. Les carnivores ont l'intestin court, il ne dépasse pas ordinairement en longueur trois fois celle du corps. Chez l’homme qui se nourrit alternativement de chair et de végétaux, l’intestin a une longueur égale à sept fois celle du corps. C’est chez les animaux herbivores

Fig, 2, — Estomac des ruminants.

que le tube digestif présente une longueur plus considérable, ainsi le mouton a l'intestin vingt-huit fois

plus long que le corps, le bœuf vingt-deux fois, le

chameau douze fois et le cheval dix fois, etc., ete.

La circulation du sang.

En passant dans lès organes de la respiration, fonction que nous alions étudier plus loin, le sang subit certaines modifications qui le rendent prepre à accom-

LES MERVEILLES DE LA VIE ANIMALE. 43 = plir les fonctions qui lui sont dévolues. C’est sous l’in- … fluence du mouvement que lui imprime le cœur que

… ce liquide nourricier circule sans cesse, se rendant à

ious les organes pour y distribuer la vie el revenant

de nouveau aux poumons pour se vivifier et réparer … les pertes éprouvées dans sa course.

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Fig. 3. — Théorie de la circulation !.

“ = LA ., , $ A. Circulation du sang veineux par l'artère pulmonaire, —

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FE B. Retour du sang dans l'oreillette gauche, — C. Capillaires du

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