‹ Les merveilles du corps humain; précis méthodique d'anatomie, de physiologie et d'hygiène dans leurs rapports avec la morale et la religionChapitre 4 sur 70 · ET D'ENSEMBLE · texte numérisé non relu

ET D'ENSEMBLE

Étude de FhoMMe.

La connaissance de soi-même , recommandée de tout temps comme la plus utile des sciences, doit nécessairement embrasser des éléments d'Anatomie, de Physiologie et d'Hygiène, c'est-à-dire des notions suffisantes sur nos organes, sur leur jeu régulier et sur les moyens d'entretenir longtemps cette régularité. Une comparaison empruntée à un art mécanique nous montrera tout d'abord l'importance de ces trois sciences, et les rapports qui les unissent. Un horloger fait en quelque sorte de l'anatomie quand il sépare les diverses pièces qui entrent dans la composition d'une montre ; il ferait de la physiologie s'il expliquait les usages et la marche de chacune d'elles; nous faisons presque de l'hygiène lorsque , tenant

notre montre propre etdan^ un milieu convenable, nous avons soin de la monter sans violence, sans secousse et avec régularité.

Vanatomie traite de toutes les parties qui entrent dans la structure des êtres organisés, soit végétaux, soit animaux.

Re^treiptQ à l'homme, cette savante dissection reçoit les noms d'anthropotomie^ à'^anatomie humaine; étendue à tout le règne animal, elle s'appelle anatomie comparée,

L'anatomie dite g-é/zérâî/e s'occupe uniquement de la structure et des propriétés de nos tissus ; Tanatomie descriptive s'attache à faire connaître le nombre, la situation, la forme, les rapports, les usages des différentes parties du cadavre, o\x sujets soumis à la dissection. Qu£intà l'anatomie pathologique, c'est celle qui recherche les nombreuses altérations produites par la maladie sur les divers points de l'organisme; elle fournit souvent de précieuses lumières sur la cause, la nature et le siège de l'affection qui a entraîné la perte du malade.

Dans l'étude de l'homme mort, trois sortes de parties s'offrent d'abord sous le scalpel de Tanatomiste : des parties molles : comme la peau, les muscles, les vaisseaux, les nerfs; des parties fluides : le sang, par exemple, et les différentes humeurs qui en sont séparées; puis, des parties dures ^ telles que les os et les cartilages.

Les tissus pins ou moins résistants qui donnent au corps humain sa solidité , sa stature, ses formes gracieuses et ses belles proportiojis , résultent d*un arrangement merveilleux de globules , de lamelles élémentaires avec certains fluides dont le poids constitue les neuf dixièmes de celui de tout le corps.

Plusieurs tissus sont assemblés pour former un of^ane^ un instrument, de même que plusieurs organes sont réunis pour constituer un appareil ou série d^organes concourant à un même but.

Bichat admettait vingt et un tissus principaux; on les a successivement réduits à treize, à onze, puis à troi^ savoir : le tissu cellulaire, le musculaire et le nen^eux. Les os, les cartilages, les tendons, les aponévroses, les membranes séreuses et muqueuses, enfin les variétés de tissus composés de fibres ne sont, selon toute apparence, que des modifications du tissu cellulaire.

Pour étudier successivement les organes de même nature , on divise Tanatomie descriptive en huit branches distinctes, savoir :

i"* Vostéologie^ étude des os ;

a® LiSL s/ndesmologie, étude des ligaments;

3® La myologie, étude des muscles;

4® \jaL nécrologie ^ étude des nerfs;

5" \Jangèiologie^ étude des vaisseaux;

6" ISadénologie^ étude des glandes ;

7® La splanchnologie^ étude des viscères ;

8" hsidermo/ogie, étude des téguments généraux.

Sans doute, cet ordre est loin d'offrir les avantages de Tordre physiologique généralement adopté au-

jourd'hui, et que nous avons suivi dans les trois parties de notre travail ; mais il s'adapte parfaitement à ces notions préliminaires, destinées à offrir le catalogue raisonné de toutes les pièces qui entrent dans la composition dcTédifice humain.

1° Ostéolo^ie.

On donne ce nom à la branche de Tanatomie qui traite des av, ou organes passifs du mouvement. L'étude de la structure du corps humain commence toujours par celle des os, parce que leur ensemble constitue une charpente intérieure destinée à fournir des points d'appui et d'attache aux parties molles ; parce qu'ils forment de grandes cavités qui logent et protègent les organes les plus essentiels à la vie ; enfin, parce qu'un grand nombre de muscles, de •nerfs et de vaisseaux empruntent leur nom aux os qu'ils font mouvoir ou qu'ils nourrissent.

Des Os en général.

Les os 9 qui se présentent 'comme les parties les plus solides, les plus résistantes du corps, ne sont pourtant qu'une substance gélatineuse, ou mieux, que des cartilages durcis par des sels calcaires déposés dans leurs cellules \ Et en effet^ pendant les premiers temps de la vie, le squelette humain est mou

» Si l'on fait macérer les os dans l'acide murialique ou chlorhydrique, ce liquide en dissout les matières pieiTCuses , sans attaquer le cartilage. — IVaprès l'analyse de Derzélius, les os humains, complètement dépouillés de graisse, sont composés, sur cent parties, de : cartilage, 32,17; vaisseaux, l,i3; sous-phospliate de chaux avec un peu de fluorure de calc7um, 53, Oi ; carbonate de chaux, 11,30; phosphate de magnésie," 1,1G; enfin, sourie, avec un peu de chlorure de sodium, i ,20 = 100.

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et flexible comme celui de certains poissons, tandis que, dans la vieillesse, il offre un ensemble de pièces dures et dépourvues d'élasticité, se fracturant parfois au moindre choc.

L'arrangement de la matière gélatineuse, ou oi^anique, avec la matière terreuse, ou inorganique, a fait distinguer dans les os deux tissus : l'un spori' gieux^ occupant en général l'intérieur de l'os; l'autre compacte^ qui en recouvre la surface. Remarquons ici une disposition toute providentielle : dans les os qui occupent peu de place, tout en protégeant par leur solidité des organes importants, c'est le tissu compacte qui prédomine; dans ceux, au contraire, d'un plus grand volume, mais dont le poids ne doit point nuire à la vitesse du mouvement, le tissu n'est dense qu'à l'extérieur , puis il offre à l'intérieur de grandes cellules ou même des canaux appelés médullaires y parce qu'ils sont remplis d'une substance grasse, connue sous le nom de moelle et dont on ignore l'usage.

Relativement à leur forme, les os se distinguent en longs, plats et courts. Les premiers seulement ont une cavité médullaire; leur corps est cylindroïde, leurs extrémités sont renflées, recouvertes de cartilages ; et les tubes dont leur tissu semble composé, ont une disposition longitudinale. Dans les os plats, ces tubes sont parallèles à la surface de Tos, tandis que dans les os courts , ils sont remplacés par des cellules, organisation spongieuse qui diminue la pesanteur, tout en augmentant la surface.

On remarque sur beaucoup d'os des éminences qui donnent attache à des parties molles; les ana-

tomistes les désignent sous le nom à'apophjsês quand elles font une saillie considérable, et qu'elles sont confondues avec le reste de l'os ; dans le cas où elles s'en trouvent encore séparées par une couche cartilagineuse^ ils les appellent épiphyses. Cette derpière disposition ne se rencontre que chez les jeunes sujets ; elle tient à ce que Tossification n'est pas achevée; avec Tâge, le phosphate de chaux envahit la couche cartilagineuse, et la soudure qui en résulte change les épiphyses en apophyses^. Cela exphque pourquoi Ton compte un plus grand nombre d'os distincts dans l'enfant que dans l'adulte, et surtout que dans le vieillard, chez lequel tout tend à la minéralisation, à l'incrustation, même le cœur.

Les os sont, en outre, revêtus d'une membrane fibreuse nommée périoste ^ laquelle sert à leur accroissement et à leur union avec les parties voisines. Béclard a démontré que le périoste concourait à l'accroissement des os, soit en fournissant par sa face interne une exsudation albumineuse, qui devient cartilagineuse et finit par s'ossifier; soit en soutenant les nerfs et les vaisseaux sanguins qui les pénètrent pour leur porter la sensibilité et les matériaux de la nutrition. Il est à remarquer que, toute proportion gardée, les os reçoivent moins de sang et d'influx nerveux que les autres organes; ce qui explique leur peu de sensibilité, et, par suite, la Oiarche longue et latente de leurs maladies.

Formation des os. On doit à M. Flourens un beau

* D'après les travaux de M. Flourens, cette réunion a généralement lieu Chez l'homme à vingt ans ; c'est le moment où le corps cesse de croître en loogueur.

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et consciencieux travail sur ce sujet ; toutefols^^l'ôpl* nion de ce savant, presque entièrement adoptée put Millier, est loin d'être partagée par M. Bftichet, qni^ après de longues considérations, se résume ainsi dàfid la seconde édition de sa Physiologie :

f< Il ne nous est pas permis d'admettre tii là doc«* irine de Duhamel pour le développement de Tob eu épaisseur par superposition, ni celle de M. Flourerts, pour son allongement par juxtaposition. Nous sotli» mes obligé de revenir à Topinion d'iiitussusceptioil de Haller, David, Bichat, Gibson, Morand^ Sev tesj etc., et d'admettre, pour la nutrition de l'oS, un travail intime dans tout le tissu de sa substance^ dans toutes les molécules qui le composent, de telle façon que l'ossification s'exécute soit par l'additiotl de molécules nouvelles, soit par la substitution de molécules nouvelles aux molécules anciennes, et qu'elle ressemble à toutes les autres nutritions. Ce-» pendant, en l'examinant de près, ce travail présente dans l'os une particularité qu'on ne trouve point dans les autres tissus. Dans ceut-ci, la nutrition consiste simplement dans l'élaboration de la matière spéciale propre à chacun. Dans l'os, il y a deux temps ou plutôt deux élaborations : la substance osseuse est d'abord cartilagineuse; plus tard, la matière calcaire y est à son tour élaborée et déposée. Il semble que la véritable ossification ne consiste que dans la formation du cartilage, puisque, chez beaucoup dV nimaux, de poissons surtout, l'os reste toujours cartilagineux. La matière calcaire ne serait pas essen*^ tielle à la composition de l'os, elle ne serait qu'un complément ajouté et déposé pour en assureir la soU«

dite. La garance aussi établit cette distinction ; car elle ne teint jamais les cartilages, elle ne s'attache qu'à la matière calcaire. Du reste, nous sommes obligés de reconnaître là encore une de ces lois providentielles en vertu desquelles les fonctions s'exécutent. On ne se souvient pas assez, comme le dit Buffon, que la forme est immuable et que la matière est mobile et change d'un moment à l'autre. Ainsi le germe du poulet ne contient ni os ni cartilage : toutes les parties sont confondues et n'en font qu'une; mais la vie débrouille ce chaos, sépare, joint et coordonne ces parties, et leur imprime la forme qui leur convient. Si l'ossification pouvait se faire indépendante de cette force vitale intelligente, les os ne seraient tous que des concrétions uniformes. Il n'y aurait pas de raison pour que l'un fût plutôt long que large, ou plutôt large que long, et pour qu'il fût toujours à sa même place pour accomplir sa destination.

« Quant à la formation du cal dans les fractures, au lieu d'une virole périostique bien proportionnée, nous avons vu, comme Dupuytren, le développement d'un tissu presque amorphe et spécial, mais qui n'appartenait pas plus au périoste qu'aux autres tissus. Jamais non plus le cal ne se développe par couches régulières : ce sont, comme l'a observé M. Flourens, des points osseux qui se forment dans différents endroits, et qui, par leur extension et leur accroissement, se réunissent les uns aux autres pour constituer la virole du cal. Dans ce travail vital providentiel, où Ton retrouve cet instinct organique qui veille à la conservation de l'organisme et des or-

ganesy et dont on n*a jamais tenu assez compte» la vie fait participer à la consolidation de Tos, non pas seulement le périoste, mais tous les tissus voisins. C'est une impulsion d'ossification communiquée autour de la fracture et qui y fait développer le cal : muscles, tendons, etc., tout s'ossifie, tout concourt à la formation de la virole osseuse. »

Maladies des os. Indépendamment des fractures^ solutions de continuité des surfaces osseuses, et des luxations, ou déplacements des surfaces articulaires, nous mentionnerons ici Vostéite, ou inflammation du tissu osseux; la carie, ou son ulcération ; la /?écrose, ou sa gangrène ; Vostéosarcome, ou son cancer; le rachiiismey ou sa déformation par ramollissement; puis Xexostose, tumeur osseuse se développant plus vite et offrant moins de résistance qiie la périos^ tose, formée seulement par la boursouflure de l'enveloppe fibreuse. C'est ici le lieu de dire que chez les petits enfants qu'on s'obstine à faire marcher trop tôt, les os des jambes se courbent souvent d'une manière vicieuse sous le poids du reste du corps.

D'après le recensement de la population en i85i, on compte en France 445619 bossus^ ^0,378 éclopés, et 22,547 piedS'botSy ou individus que leurs pieds tordus rendent impropres à de longues marches et, par suite, au service militaire.

Du Squelette,

On nomme ainsi l'assemblage de tous les os du corps soumis à la dessiccation et maintenus à leur place. Le squelette est dit naturel^ si les os demeurent

10 NOTIONS PRÊUMINâIRES.

réunis par leurs propres liganients; artificiel, quand on substitue à ces derniers des fils de fer ou de laiton.

Le squelette de l'adulte est formé de deux cent quarante-huit os, selon quelques anatomistes; par deux cent cinquante-six, selon d'autres. Pour en faciliter Tétude, on le divise en trois parties : la tête^ le tronc et les membres ou extrémités.

Tète (65 os).

La tAte comprend le crâne et la facey qui ont en commun des points d'appui aussi solides que multipliés.

Le crâne, boîte ovoïde, enveloppe osôeuse du cerveau et du cervelet, est composé de huit os principaux : le frontal^ les deux pariétaux^ Y occipital^ les temporaux, Vethmoïde et le sphénoïde.

Par une prévision aussi ingénieuse qu'utile, ce dôme osseux présente un assemblage parfaitemetit garanti de toutes parts, et renforcé dans les points les plus exposés aux accidents. Il est en outre composé de deux couches ou tables : la table extérieure, qui est de la nature du bois, a ses bords dentelés en queue d'aronde, tandis que ceux de la table interne, qui est d'une nature vitrée, sont simplement mis en contact pour prévenir l'éclat des arêtes. Le crâne devient d'autant plus résistant qu'on a moins l'habitude de se couvrir la tête.

Vos frontal^ impair et symétrique, estrecouvert par le muscle et la peau du front. On le nommait jadis coronalj parce qrre c'est en partie sur lui que repose la couronne des princes ou des triomphateurs. Quant

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tiii /ront, il était déjà chez les anciens remblème de Tinlelligence et du génie '.

Les pariétaux j os non symétriques, s'articulent l'un avec l'autre, et forment deux murailles latérales, pour garantir le cerveau des chocs extérieurs,

Uoccipitaly os impair, se trouve placé à la partie postérieure inférieure de la tête, à Tocciput. Le large trou dont il est percé livre passage à la moelle épinière, et met ainsi la cavité crânienne en communication avec le canal vertébral.

Les temporaux sont deux os irréguliers occupant les parties latérales et inférieures du crâne, où ils. forment les tempes {tempora) , ainsi nommées parce que les premiers cheveux blancs y annoncent les ravages du temps. On distingue aux temporaux une portion squammeuse ou écailleuse^ une mastotde on mamelonnée j et une pierreuse ^ connue sous le nom de rocher. Cette éminence dure et anfractueuse renferme les organes spéciaux de l'ouïe, entre autres, quatre petits osselets : le marteau^ V enclume^ Vos lenticulaire et Vé trier.

Vethmoïde, sorte de crible implanté dans l'échan* crure de l'os frontal, concourt à former la base du crâne, les orbites et les fosses nasales.

Le sphénoïde se trouve placé comme un coin à la base du crâne, entre tous les os de cette cavité, avec

« On a obsenré c|u'à dater de Fère nouvelle , un accroissement sensible s'est produit dans la région supérieure et antérieure du crâne, en même temps qu'une dépression de ses parties latérales et postérieure. Cette transformation, bien plus évidente, assure-t-on,chez la femme que chez Ttiomme, ne saurait être attribuée qu'à l'influence du christianisme, qui, en relevant notre nature morale, a embelli notre nature physique, principalement dans le sexe, jusifa'alord le plus asservi.

lesquels il s'articule. Cet os impair, que sa forme a fait comparer à une chauve-souris, présente un corps ou partie moyenne, et des ailes, au nombre de quatre : deux grandes et deux petites; ces dernières sont aussi nommées apophyses dlngrassias.

C'est sur le sphénoïde, os central du crâne, que viennent s'appuyer en arcs-boutants la série d'os larges, aplatis et courbes qui se rejoignent en décrivant une voûte, et qui se trouvent maintenus par le merveilleux engrenage de leurs sutures. C'est aussi sur cet os que viennent aboutir tous les chocs plus ou moins décomposés dans les diverses articulations de l'enveloppe protectrice de l'encéphale. Non, l'art le plus ingénieux n'a jamais reproduit qu'imparfaitement l'admirable architecture du crâne.

Face. — On divise la face en mâchoire supérieure et en mâchoire inférieure,

Jja mâchoire supérieure est composée de treize os, savoir : les deux maxillaires supérieurs, s'articulant avec toutes les pièces qui composent la face; les /zasaux ou os propres du nez ; les malaires ou os de la pommette; les os ungujs ou lacrymaux^ papyracés et plus minces que l'ongle; les palatins ou os du palais; les cornets inférieurs, lames osseuses roulées sur elles-mêmes dans les fosses nasales; enfin , le vomer, os impair, formant la partie postérieure de la cloison de ces mêmes fossés nasales. Son nom latin lui vient de ce qu'on l'a comparé au soc d'une charrue.

La mâchoire inférieure n'a qu'un seul os, le maxillaire inférieur, dont la tête articulaire ou condjle

est reçue dans la cavité glénoïde du temporal. Les deux pièces dont il est primitivement composé finissent par se réunir à la symphyse du menton.

Aux 8 os du crâne et aux i4 de la face, il faut joindre les jîa dents et Vo^ hyoïde ou lingual^ suspendu entre la base de la langue et le larynx; ce qui porte à 65 le chiffre des os de la tête.

Tronc (53 os).

Le TRONC comprend la colonne vertébralcy la poitrine et le bassin : c'est le torse des statuaires.

La Colonne vertébrale ou le rachisy vulgairement V épine du dos , se trouve placée à la partie postérieure du tronc, soutenant la tête, et appuyée sur le bassin. Ce grand lien entre toutes les parties du squelette, cet étui protecteur de la moelle épinière, se compose de 240s, formant autant de charnières, appelés vertèbres y du mot latin vertere, tourner, savoir 7 vertèbres cervicales, i a dorsales et 5 lombaires.

On les distingue dans chaque région par le rang qu'elles occupent, en comptant de haut en bas; toutefois, la première vertèbre du cou a reçu le nom d'atlasy parce qu'elle supporte la tête, comme le géant Atlas est représenté supportant la sphère céleste. La seconde est appelée axis y parce qu'elle forme un axe, une sorte de pivot sur lequel roulent tout à la fois l'atlas et la tête. La septième est qualifiée proéminente , à cause de la longueur de son apophyse épineuse, qui dépasse celle des vertèbres voisines.

On distingue, en général, aux vertèbres un corps, sept apophyses, quatre échancrures formant par leur

14 NOTIONS PBÊUmNAIRES.

jonction les trous de conjugaison qui livrent passage aux nerfs et aux vaisseaux de la moelle épinière; enfin un large trou, placé entre le corps et les apophyses , et qui concourt à former le canal vertébral ou rachidien.

La légère inclinaison que chaque vertèbre peut faire isolément donne à toute l'épine la flexibilité nécessaire aux grands mouvements du corps. En outre, ses différentes courbures en font un ressort parfait, admirablement calculé pour porter la tête et la préserver des secousses.

Ainsi, lien des diverses pièces du squelette, appui sohde, centre des grands mouvements du tronc, aboutissant de tous les chocs, de toutes les secousses qu'elle décompose, la colonne vertébrale se trouve former à la fois une tige brisée et un étui mobile : précieux résultat dû à la combinaison du tissu osseux, qui la rend très-résistante, avec le tissu ligamenteux qui, nous le verrons bientôt, lui laisse une suffisante flexibilité.

La Poitrine ou thorax est formée de 20 os : le sternum j en avant; les côtes, au nombre de 12 pour chaque côté. {Foir ci-après X Appareil de la respira^ tion.) En général, cette cage osseuse offre plus de hauteur et de largeur chez Thomnie, dont les organes respiratoires sont plu» développés pour subvenir à de plus grands efforts musculaires.

Quatre os constituent le Bassin ou ca^fité pehienne : les deux os iliaques, coxaux ou innominés, qui le circonscrivent sur les côtés et en avant, où leur jonction forme la symphyse du pubis; puis, le sacrum et le coccjXj qui le limitent en arrière. Cette cavité,

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qui a la forme d'un cône renversé, renferme l'intestin rectum, la vessie et les organes internes de la génération. A l'opposé de ce qui a lieu pour la poitrine, le bassin de la femme présente plus d amplitude et de capacité que celui de l'homme ; les contours en sont plus arrondis, les hanches plus saillantes, les cavités cotyloïdes, logeant la tête de l'os de la cuisse, sont plus éloignées l'une de l'autre, écartement qui produit chez la femme une allure disgracieuse dans la marche et surtout dans lai:ourse : on voit par là que la femme est mieux conformée pour les douleurs de la maternité; Thomme, pour le travail et le mouvement poussé jusqu'à la fatigue.

Les os iliaques sont primitivement formés de trois pièces distinctes : Tune supérieure ou ilion, l'autre inférieure ou ischion, la troisième antérieure, dé* signée sous le nom à'os pubis. Chez l'adulte^ ces pièces se soudent tellement qu'elles ne forment plus qu'un seul os, contourné de manière à dessiner la hanche, et à former un point d'appui solide quand on est assis.

Le sacrum, os symétrique, triangulaire et recourbé ' en devant, fait suite à la colonne vertébrale qu'il soutient \ raison pour laquelle la dernière vertèbre lombaire est parfois appelée sacrée. Certains anatomistes, regardant comme autant de vertèbres les cinq pièces séparées que présente cet os chez Tenfant, leur donnent même à toutes le nom de vertèbres sacrées.

Un petit os spongieux semble suspendu au sacrum, avec le sommet duquel il s'articule; il a été appelé coccjx, parce qu'on a cru lui trouver quelque

ressemblance avec le bec d'un coucou. Il est composé de quatre pièces, qui restent longtemps mobiles, et qui sont regardées comme des vertèbres rudimentaires correspondant à la queue des animaux.

Membres ouextrémités (124 os).

Les quatre appendices ou prolongements du tronc, auquel ils semblent suspendus , sont distingués en membres supérieurs ou thoraciques et en membres inférieurs ou abdominaux. I-es premiers sont formés par 64 os; les derniers, seulement par 60, les hanches faisant partie du bassin. Les 124 os qui constituent les membres représentent des colonnes brisées, dont le nombre des pièces augmente à mesure qu'on s'éloigne du tronc : multitude de brisures à laquelle l'homme est en grande partie redevable de la souplesse, de la précision et de la grâce qui caractérisent ses mouvements.

Les membres supérieurs sont destinés à exécuter des mouvements très-étendus et dans tous les* sens ; ils comprennent Vépaulèj le bras, Vai^ant-bras et la main.

Deux os composent l'épaule : la clavicule et Vomoplate. La clavicule^ petite clef, ou plutôt arc-boutant de la poitrine, s'articule en dedans avec le sternum, en dehors avec l'omoplate. Cet os , dont la forme approche un peu de celle d'une s italique, est plus droit, plus long et plus lisse chez la femme que chez l'homme. Sa fracture, assez fréquente, offre en général peu de danger, et se réduit facilement.

"L^ omoplate y ou os large de F épaule y est située à la partie postérieure et supérieure du thorax ; elle

s'articule avec la clavicule et l'os du bras, Thuinérus, dont la tête, arrondie et supportée par un col Irès-courl, est reçue dans la cavité glénoïde.

Uhumérus est le plus long des os du membre supérieur; à lui seuil il forme le bras proprement dit. Son extrémité supérieure s'articule avec l'omoplate ; l'inférieure, avec les deux os de l'avant-bras.

En supposant les bras pendants, les pouces en dehors et les petits doigts appuyés contre la cuisse, comme dans la position du soldat sans armes, le radius ou os du rayon se trouve situé à la partie externe de Tavant-bras, et, comme le rayon d'une roue , tourne sur le cubitus avec lequel il s'articule en haut et en bas.

Placé à la partie interne de l'avant^ bras, plus gros et plus long que le radius , le cubitus doit son nom à ce qu'il forme la saillie du coude pendant les mouvements de flexion. Son extrémité supérieure, qui est la plus forte , présente en arrière une apo<physé volumineuse nommée olécrane; et, en avant, une autre plus petite, ou apophyse coronoide. Ces deux éminences sont séparées par la grande échancrure sigmoïdcy qui reçoit la poulie articulaire de l'extrémité inférieure de l'humérus.

Les mains y dernière partie des membres supérieurs, se subdivisent en trois régions : le carpe ^ le métacarpe et les doigts.

Le carpe ou poignet , organe de transition de l'avant-bras au reste de la main , se compose de 8 os, distribués sur deux rangées. Les os de la rangée supérieure sont, de dehors en de(lans : le scaphoïde^ le semi'luiiaire y le pyramidal et le pisifornie. I^

16 NOTIONS PRÊUMINAIRES.

rangée inférieure comprend : le trapèze ^ le trapézoïde, le grand os et Vos crochu.

Le métacarpe constitue la partie de la main qui occupe l'intervalle existant entre le carpe et les doigts. Il est formé de 5 os longs, distingués les uns des autres par leurs noms numériques. La face antérieure du métacarpe correspond à la paume de la main ; la face postérieure en forme le dos.

Les doigts, au nombre de 5 pour chaque main , sont désignés sous les noms suivants, tirés du latin : \e pouce y ou doigt puissant ; V index ^ ou indicateur; le médius^ ou doigt du milieu ; Vannulaire^ réservé à Tanneau nuptial ; Vauriculaire , ou petit doigt , dont on introduit facilement Textrémité dans Toreille. Trois os, ^i^^és phalanges ^ entrent dans la composition de chaque doigt, à Texception du pouce , qui n'en a que deux. On a proposé de les distinguer par les noms de phalanges métacarpiennes ^ — moyennes y — unguéales ^ ou bien , eu égard à leur dimension , en phalanges , — phalan-gines, — phalangettes. Du reste , ce nom de pha- Janged a été donné par les anciens anatomistes aux ^tits os qui forment les doigts, parce qu'ils se trouvent rangés les uns à côté des autres, comme le fameux corps d'infanterie macédonienne, lequel présentait plus de hauteur que de front.

Les membres inférieurs rappellent la conformation des membres supérieurs : ainsi, les hanches correspondent aux épaules; les cuisses, aux bras; les jambes , aux avant-bras ; et les pieds , aux mains. Ces membres sont quelquefois Sip[)elés peli^iens , parce qu'ils arc-boutent sur le bassin (pelais). Des-

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tinés à supporter le poids du corps, ils s'articulent, en haut, de la manière la |)lus solide dans une cavité autrement profonde que celle qui reçoit la tête de i*os du bras. Nous avons vu précédemment que les hanches sont formées par les deux on iliaques.

Ainsi que le bras^ la cuisse est constituée par un seul os, \e/émur, le plus long de tous les organes passifs du mouvement. Par sa tête, que supporte un col volumineux', le fémur s'articule avec la cavité cotyloïde de Tos iliaque*, par son extrémité inférieure, c'est avec le tibia, à laide de deux éminences considérables , l'une interne , Tautre externe, nommées céndfles du fémur.

Située entre la cuisse et le pied , la jambe est formée en dedans par le tibia ; en dehors par le péroné. Les extrémités inférieures de ces deux os s'articulent avec l'astragale, et constituent les malléoles^ improprement appelées chevilles. I^a malléole interne est formée par le prolongement du tibia ; la malléole externe, par celui du péroné.

Ici, nous devons parler de la rotule y roulette osseuse, assez épaisse, formant la saillie antérieure du genou , et dont le développement a lieii dans l'épaisseur du tendon commun aux muscles extenseurs de la jambe. La rotule, le plus grand de tous les os sésamoïdes, s'articule postérieurement avec les deux condyles du fémur, à Taide de deux facettes encroûtées de cartil.nge; inférieurement , elle se trouve fixée au tibia par un ligament ; elle appar-

* Malgré le volume et la force de ce col, sa fracture cnlre environ pour un tiers dans la totalité des fractures, et pour plus de moitié dans les fractares ebes tei vieillards.

tient donc autant à la jambe qu'à la cuisse, dont elle complète l'articulation.

Dernière partie du membre inférieur, le /;«W, organe de support , forme une base à double voûte , allongée en avant. On le subdivise en trois sections : une postérieure, une moyenne, une antérieure. La section postérieure constitue le tarse; la moyenne, le métatarse; et Tantérieure, les phalanges.

Le tarse est formé par 7 os , courts et arrondis, analogues aux 8 os du carpe ; ce sont : le calcanéumy os du talon , V astragale , le scaphoïde, le cuboîde et les trois os cunéiformes.

Le métatarse se compose de 5 os cylindriques , ayant la plus grande analogie avec ceux du métacarpe; seulement, ils sont un peu plus volumineux.

\a% phalanges y qui composent les orteils ou doigts du pied, sont, comme celles de la main, au nombre de i49 le gros orteil n'ayant que deux brisures.

Outre les os dont nous venons de faire Ténumération , il en est une vingtaine d'accessoires ou surnuméraires; ce sont les os ivormiens, empruntant leur nom à Olaûs Wormius , médecin danois , qui les a décrits le premier; puis , les os sésamoïdes, ainsi désignés à cause de leur ressemblance avec les graines de sésame, plante oléagineuse cultivée en Orient. On rencontre souvent les os wormiens dans les principales sutures des os du crâne, dont ils augmentent la solidité par leurs nombreuses engrenures. Les os sésamoïdes, dont la rotule offre le type le plus volumineux, ont pour usage d'augmenter la force des muscles, dans les tendons desquels ils sont développés. Très-rares dans l'enfance, ces os se rencontrent

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en plus grand nombre chez l'Iioinnie que chez la femme, dont les travaux corporels exigent moins d'efforts.

it" Syndesmologie et mieux Arthrologie*

Ainsi que l'indique son nom, la stmdesmologie est la partie de Tanatomie qui traite des liens, des attaches ligamenteuses j Tarthrologie, ou étude des articulations, comprend non -seulement les divers moyens d'union des os, mais encore les rapports que les os ont entre eux dans le lieu même où ils se joignent.

Pour que les os puissent conserver leur place naturelle, il était nécessaire qu'ils fussent maintenus réunis : V articulation constitue leur mode d'union. Dans les os longs, l'articulation a lieu par les extrémités ; dans les os larges, par les bords ; dans les qs courts, par différents points de leur surface.

On divise les articulations en trois grandes classes: en articulations continues et immobiles [synarthrose) , telle est celle des os du crâne ; — en articulations contigués et mobiles {diarlhrose) ^ comme celle du bras, dont les extrémités articulaires sont en contact, mais libres; en articulations mixtes {amphiarthrose), dans laquelle les surfaces osseuses sont unies par un corps intermédiaire, comme on le voit dans la jonction des corps des vertèbres entre eux.

Les parties qui entrent dans la composition des articulations sont : les cartilages, les ligaments proprement dits, X^s/ibrO'Cartilages, \^s capsules fibre uses articulaires, les capsules sjnouiales avec la sjrno^ie.

22 NOTIONS PRÊUMINAIR£&

leur produit onctueux , destiné à faciliter le glissement des os en diminuant leur frottement.

Les cartilages f distingués en sjnarthrodiaux et en arthrodiauxy suivant qu'ils appartiennent à des articulations mobiles ou immobiles, sont des parties d'un blanc laiteux , opalin , offrant une consistance qui tient le milieu entre celle des os et celle des ligaments. Flexibles, compressibles, très-élastiques surtout , ils revêtent les surfaces articulaires des os en leur adhérant. Par une admirable disposition, ils offrent leur moindre épaisseur au centre des cavités osseuses, et leur plus grande sur les éminences arrondies , ce qui leur permet de supporter les plus fortes pressions et d'amortir les chocs les plus rudes. Les cartilages entrent aussi dans la formation de plusieurs autres organes , tels que le nez, la langue et la trachée-artère. On les nomme cartilages acci-* dentels quand ils se développent fortuitement dans l'épaisseur de certains tissus ; et cartilages dossification quand , à une certaine époque de la vie, ils doivent faire partie intégrante des os avec lesquels ils sont continus. On remarque sur certains cartilages une membrane fibreuse, analogue au^ périoste ; on lui donne le nom de périchondre.

Les ligaments sont des faisceaux fibreux, d'un blanc argenté, d'un tissu serré, souple et inextensible, qui, diversement disposés autour des articulations, établissent entre eux une union solide, tout en concourant à la précision de leurs mouvements. Il est quelques ligaments, exceptionnellement placés entre les os; on les a distingués par les épithètes d'interarticulaires y d^interosseux. l\ en est encore qui ser-

vent à maintenir en place des parties molles, tels sont les ligaments de la vessie et de Piiténis, les ligaments suspenseurs du foie.

Par leur structure et leurs propriétés , les fibrocartilages participent des ligaments et des cartilages; plus fermes que les premiers, moins durs que les seconds, ils forment tantôt des coussins élastiques, tantôt de véritables liens. Leur couleur est d'un blanc gris ou jaunâtre. Béclard a distingué les fibrocartilages i** en temporaires ou à' ossification y par exemple, ceux qui chez le fœtus doivent plus tard former la rotule et les autres os sésamoïdes ; 2" en fibrO'Cartilages d* incrustation , existant là où il y a un frottement considérable d'un os ou d'un tendon contre le périoste, coumie on le voit aux coulisses de l'extrémité inférieure du tibia et du péroné ; 3" en interarticulaires y tels sont ceux qu'on rencontre aux articulations de la mâchoire, de la clavicule, du genou , er surtout des corps des vertèbres entre eux. Sans l'interposition de ces derniers coussins, nous éprouverions en sautant sur nos pieds d'aussi graves accidents que si nous tombions sur la tête.

Capsules fibreuses articulaires. Ori nomme ainsi des espèces de sacs fibreux, embrassant les extrémités articulaires des os pour les maintenir en rapport, tout en leur laissant un relâchement convenable. Il n'existe que quatre articulations dans lesquelles les capsules fibreuses sont substituées aux ligaments proprement dits , ce sont celles des épaules et des hanches ; aussi, tandis que le coude et le genou sont réduits à la flexion et à l'extension , ont-elles le pri**

vilége d'exécuter des mouvements dans tous les sens {flexion, extension^ mouvements latéraux et circu-laires).

On compte près de 800 ligaments concourant à former nos diverses articulations. En voici le relevé, fait d'après la dernière édition de \Anatomie de M. le professeur Cruveilhier :

4° Ligaments de la colonne vertébrale (les \

deux côtés compris) 434 ^

Ligaments de la colonne avec la tète ( les

deux côtés compris) 6

Ligaments des premières vertèbres cer- v jm vicales (les deux côtés compris). < . 44 ' Ligaments de l'articulation sacro-vertébrale 4

Ligaments de l'articulation sacro-coccy-

gienne 2 ^

V Ligaments des articulations costo-verté- \

braies (60 de chaque côté) 420 1

Ligaments des articulations chondro-ster- I

nales (2 de chaque côté) 4 '

Ligaments des articulations chondro-costales (2 de chaque côté). %

3» Ligaments de l'épaule avec la clavicule, du sternum et des côtes (6 de chaque côté et 4 entre deux) . 43 43

K^ Ligaments de l'articulation scapulo-humé-

raie ( 2 de chaque côté) 4 4

5® Ligaments de l'articulation du coude (8 de

chaque côté) 46 46

6^ Ligaments de Farticulation radio -car-

pienne (8 de chaque côté) 46 46

7^ Ligaments des articulations des os du carpe , du métacarpe et des phalanges (95 de chaque côté) 490 490

8* Ligaments de l'articulation sacro-iliaque

et des os iliaques entre eux 49 49

A reporter. . • . 538 538

ANATOMIË. 25

Report 538 538

90 Ligaments des articulations coxo-fémo-

rales (2 de chaque côté) 4 4

40* Ligaments des articulations du genou

(8 de chaque côté) 46 46

44* Ligaments des articulations péronéo-ti-

biales 9 9

42» Ligaments des articulations tibio- tarsiennes. 44 44

4 3* Ligaments des articulations du tarse , du métatarse et des phalanges (404 de chaque côté) 202 202

4 4** Ligaments du maxillaire ( temporo-maxii-

laire) 4 4

TOTAL GÉNÉRAL des ligaments des jointures, en comptant les deux côtés du corps 787 787

Les capsules synoviales sont de petits sacs sans ouverture, composés d*un seul feuillet de membrane séreuse, se déployant sur toutes les articulations mobiles et à surfaces contigiiës. Leur face externe est en rapport avec les parois articulaires ; leur face interne, contiguë avec elle-même, se trouve continuellement lubréfiée, rendue glissante, par la synovie. On a improprement donné le nom de glandes sjnoi>iales à des franges qu'on voit flotter dans Tintérieur des capsules synoviales, et qui paraissent destinées à la sécrétion de la synovie ; il convient mieux de les appeler /ra/z^r'^ synoviales.

Quant à la synovie, qui doit son nom à sa ressemblance avec le blanc de l'œuf, c'est un liquide albumineux, ayant pour usage de faciliter le jeu des articulations tant qu'il y est sécrété en proportion et en qualité convenables. Aussi , dans l'inflammation in-

terne du genou, par exemple, les surfaces articulaires manquant de synovie crient-elles en frottant péniblement l'une contre l'autre, comme les gonds d'une porte qui auraient besoin d'huile. L'absence complète de synovie se prolonge-t-elle, Vankjlose ou soudure du genou peut en être la suite, de même que la surabondance du liquide peut produire une hydropisie locale, voire une tumeur blanche s'il y a maladie des surfaces osseuses.

a*" Myologie.

La mfologie est la partie de l'anatomie qui traite des muscles, ou instruments actifs des mouvements. L'ensemble des muscles constitue le système musculaire; le professeur Chaussier réduisait leur nombre à 368; aujourd'hui, la plupart des anatomistes le portent à 4o8.

On donne le nom de muscles à des organes rougeâtres, charnus, gorgés de sang, chargés d'électricité \ médiocrement sensibles, mais très-contractiles, c'est-à-dire susceptibles de se raccourcir et de s'éten-

• Les travaux de MM. Malteucci et Du Bois-Raymond ont démontré que, chez les animaux vivants ou récemment tués, les muscles constituent des sources d'électricité dynamique capables 4'influencer le galvanomètre d'une manière non équivoque. Perfectionnant les expériences de ses devanciers , le docteur Jules Regnauld est parvenu à évaluer la force électro- motrice d'un muscle appartenant à tel ou tel animal. On savait qu'à partir du moment où cet organe est soustrait à la vie, Tintensité de courant diminue progressivement , puisque chez le lapin , animal à sang chaud , le phénomène électrique s'eiTace plus vite que chez la grenouille, animal à sang froid ; on sait maintenant d'une manière positive que, chez ie mammifère, trois heures suffisent pour abaisser l'intensité au même degré que chez le reptile après cinq heures d'expérience.

AlfàtaMIE. 27

dre; ils sont formés de fibres innombrables, réunies en faisceaux et terminées soit par des membranes, soit par des cordons élastiques merveilleusement disposés pour la transmission du mouvement; en sorte que toute la mécanique animale se trouve dans la dépendance du système musculaire.

Outre les fibres musculaires proprement dites , dont le nombre est prodigieux, il entre dans la composition des muscles : du tissu cellulairey pour unir, protéger et oindre leurs moindres fibriles; des apo^ névroses j expansions membraneuses pour les fixer aux os, les maintenir en faisceaux, diminuer leur longueur, et, par cela même, doubler la puissance de leur action; des tendons, véritables aponévroses roulées, apparaissant sous la forme de cordons, d'un blanc perlé, aussi gracieux que solides, tantôt plats, tantôt arrondis, terminant d'ordinaire les muscles^ et allant se fixer aux os qu'ils entraînent dans le sens du mouvement communiqué *; puis, A^s vaisseaux sanguins et lymphatiques, pour y charrier la nourriture et en ramener le résidu ; enfin des nerfs^ pour y transmettre nos sensations et les ordres du principe immortel qui nous anime.

Par une disposition toute prévoyante, le système musculaire comprend deux ordres de muscles : les muscles de la vie animale^ dont le jeu intermittent est soumis à la volonté, et les muscles de la vie organique, dont les contractions continues sont indé-

* C68 merveilleux cordages diffèrent essentiellement des cordons nerveux, des nerft avec lesquels le vulgaire se plait à les confondre. Peu sensibles à l'état normal , les tendons se trouvent parfois protégés par des coulisses dans lesquelles ils manœuvrent comme dans de véritables poulies.

pendantes de cet empire. Les premiers, situés en général plus à l'extérieur et fixés sur des os, appartiennent aux fonctions de relation ; tels sont ceux de la tête, du tronc et des membres, on en compte 4o8. Les seconds, peu nombreux, plus intérieurs, et rarement attachés aux os, sont au service des fonctions nutritives, dont le travail est perpétuel. C'est particulièrement le cœur, ce muscle souverain de la vie organique, à qui un repos d'une minute est interdit pendant toute la durée de Texistenco.

Les muscles de ce dernier ordre, répandus sur l'œsophage, l'estomac, l'intestin grêle, le gros intestin, la vessie, etc., sont désignés sous le nom de l'organe qu'ils concourent à former par le plan plus ou moins mince de leurs fibres.

Quant aux 4^8. muscles dits {volontaires , c'est-àdire appartenant aux fondions de relation, ils ont été dénommés tantôt d'après leurs usages, leur position, \e\XT figure^ leur dimension, leur composition, leur direction, enfin d'après leurs attaches, lesquelles se font sur les os au moyen d'aponévroses ou de tendons. C'est sur cette dernière considération que se trouve basée la nomenclature de Chaussier et celle de Dumas. Il serait fâcheux que la tyrannie de l'habitude fit abandonner cette nouvelle classification d'après les attaches : les noms des muscles s'y trouvent, il est vrai, quelque peu interminables et barbares ; mais aussi, quel avantage dans une dénomination qui, en désignant les points d'insertion des extrémités musculaires, rappelle aussitôt leur place, leur étendue, leur direction et leurs usages.

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