‹ Les merveilles du monde: ou Les plus beaux ouvrages de la nature ..., Volume 2Chapitre 47 sur 134 · CATARACTE DU VELINO · texte numérisé non relu

CATARACTE DU VELINO

Il existe sans doute dans lé monde des cataractes d'une bauteur plus considérable que celle du Velino, près de Terni, dans l'état de l'Eglise ; elles peuvent même être plus larges et plus abondantes : mais il n^en est assurément aucune qui réunisse au même degré l'élévation des eaux , et le pittoresque de la contrée qui l'environne. Le chemin étroit et rocailleux qui y conduit de . Terni , offre des points de vue tous plus agréables les uns que les autres. Vainement la peinture chercherait-elle à rendre ces grandes scènes qui frappent de surprise et d'admiration le voyageur qui entreprend pour la première fois cet intéressant voyage ; tout son art serait impuissant pour représenter le mouvement et la vie qui sont l'essence de ce magnifique tableau de la nature.

De quelque côté qu'on régardé la cataracte, soit de côté , soit d'en haut , soit d'en bas , la

même sublimité s'y trouve toi^jours ; cette iorce qui entrai Be et qui subjugue , s'y montre dans toute sa pompe et dans toute sa force. Si l'on descend environ trente pas pour aller se placer sur un des angles saillans de la montagne , on y voit Tonde écumante qui se détache des rochers avec le fracas du tonnerre , et qui dessine dans sa chute une immense cascade. Ce fracas épouvantable et non interrompu , que répètent les échos des montagnes voisines , imprime un sentiment profond qu'on ne saurait décrire. Sur la poussière humide qui , comme un brouillard , enveloppe la xolonne d'eau que forme la cataracte , les rayons brisés du soleil déploient toutes les nuances de l'arc-en-ciel , et l'éclat de ses couleurs est rehaussé par la fraîche verdure du feuillage qui couvre la montagne ,.et l'écume argentée de laNéra. Les regards se portent^ils sur le vallon où le torrent poursuit sa course impétueuse , des bosquets de figuiers , d'oliviers et de citronniers , contrastent agréablement avec ses ondes , et font un ensemble merveilleux des beautés les plus variées.

Les difficultés locales se sont opposées à ce qu'on mesurât avec exactitude la hauteur de la cataracte du Telino ; mais , au défaut de mesures certaines, l'œil l'évalue à environ trois cents pieds.

Page 1