‹ Les merveilles du nouveau Paris--Chapitre 1 sur 144 · Les merveilles du nouveau Paris-- · texte numérisé non relu

Les merveilles du nouveau Paris--

la langue des Romains, et en outre que la corporation des marchands de l'eau, qui prit plus tard le nom de Hanse , existait déjà. Le navire de cette corporation est devenu le symbole de la grande cité. La Hanse parisienne fut soumise aux règlements qui régissaient alors toutes les corporations industrielles et commerçantes de l'empire.

La forteresse où les Parisiens avaient abrité leur indépendance sous César était devenue le siège de la jurande municipale.

De Tibère à Dioclétien, Lutèce s'étendit sur les deux rives ; il y a même lieu de croire qu'elle atteignit à un haut degré de prospérité.

Constance Chlore fit bâtir le palais des Thermes (V. p. 4), à peu de distance du temple de Mercure. Sur l'emplacement de ce temple, on bâtit plus tard l'église Sainte-Geneviève. Cette partie de la rive gauche était occupée par des artisans et surtout des potiers.

Sur la rive droite, un temple de Mars s'élevait au sommet de Montmartre; un temple de Mercure apparaissait plus bas. Les rives de la vieille cité avaient été endiguées.

A l'extrémité occidentale de l'île, on découvrait un palais; à l'autre extrémité était l'autel des Naules (Bateliers).

Une voie romaine partait de Lutèce et se dirigeait vers Beauvais et Rouen; deux autres voies se dirigeaient de l'endroit où se trouve aujourd'hui la place du Châtelet, l'une vers la Marne, l'autre vers Senlis.

Le palais des Thermes fut la résidence de Julien; c'est là qu'il fut proclamé empereur par ses légions en 360. La cour de cet empereur se composait de savants et de philosophes.

Ce fut devant Lutèce que Gratien perdit la bataille qui livra l'empire à Maxime, et où il trouva la mort.

Suivant la tradition chrétienne, saint Denis aurait prêché à Lutèce et y aurait subi le martyre, en 2 '±5. Lutèce commençait à se convertir à la religion nouvelle.

Julien, comparant l'état moral des Parisiens à la débauche des habitants d'Antioche, où le christianisme avait triomphé depuis deux siècles, disait : « S'ils rendent un culte à Vénus, ils considèrent cette déesse comme présidant au mariage; s'ils adorent Bacchus et usent de ses dons, ce dieu est pour eux le père de la joie qui, avec Vénus, contribue à procurer une nombreuse progéniture. On ne voit chez eux ni l'insolence , ni les danses lascives de vos théâtres. »

Lutèce, au quatrième siècle, fut visitée par les invasions germaniques, et dévastée par les Bagaudes. Les terres des Parisiens avaient été distribuées aux Barbares.

Au commencement du cinquième siècle, saint Marcel, évêque de Paris, bâtit une église dans le faubourg qui porte son nom. Une basilique s'élevait à peu près sur l'emplacement de Notre-Dame; mais elle disparut sous les Mérovingiens.

Lors de l'invasion d'Attila, Paris fut sauvé par l'intercession de sainte Geneviève. On sait que cette sainte devint la patronne de Paris.

Clovis, vainqueur des Visigoths, s'empara de Paris, et en fit sa capitale. Childebert reconstruisit la basilique de Paris, ruinée par l'invasion des Francs. Chilpéric Ier commença la construction de Saint-Germain-l'Auxerrois. Sous Glotaire II, un incendie détruisit les maisons de la Cité. C'est vers cette époque que Grégoire de Tours, le fameux annaliste, vint s'établir à Paris.

Sous les derniers rois de la première race, Paris cessa d'être la résidence royale. Ceux de la deuxième race n'y apparurent que rarement.

Charlemagne, toujours occupé de conquêtes, n'y demeura presque jamais, toutefois son génie eut une heureuse influence sur Paris. Son amour pour les sciences et les lettres y protégea l'établissement d'écoles de langue latine, de dialectique et de théologie. Charlemagne promulgua un

grand nombre de capitulaires, le premier recueil de lois publié en France. L'origine des chanoines de l'église de Paris date du règne de ce prince.

En 84 1 et 845, Paris fut dévasté par les Normands ; Charles le Chauve ne se débarrassa de ces farouches visiteurs qu'au prix de 7000 liv. d'argent. Ils reparurent dix ans après, rançonnèrent les églises de Saint- Vincent et de Saint-Germain, et incendièrent celles de Sainte-Geneviève et de Saint- Pierre.

Nouvelles invasions en 861 et 885. Cette fois, les Parisiens surent résister et supportèrent un siège de treize mois. Eudes, comte de Paris, sollicita le secours de Henri, duc de Saxe, et de Charles le Gros. Il fallut encore acheter l'éloignement des Normands; ceux-ci ne se retirèrent qu'après avoir abattu le Petit- Pont et inc'mdié la tour du Sud.

Les débordements de la Seine, la disette, les épidémies désolèrent plus d'une fois la cité, du neuvième au dixième siècle.

Hugues Capet, élu en 987, fixa définitivement sa résidence dans le palais de la Cité.

Philippe Ier institua la prévôté de Paris, charge qui subsista jusqu'en 1792.

Louis le Gros eut à lutter contre une puissance féodale qui contestait son autorité au delà de sa capitale. Ce fut pour trouver un allié dans le peuple qu'il encouragea l'établissement des communes. Paris prit dès lors une plus grande importance.

Pierre Lombard, dit le maître des Sentences, et surtout le philosophe Abai'ard, rendirent les écoles de Paris célèbres.

Louis VI fonda l'abbaye de Montmartre, la léproserie de Saint-Lazare, convertie depuis en prison, et les églises de Saint-Aignan, Sainte-Croix, Sainte-Geneviève des Ardents, Saint-Pierre aux Bœufs, Saint-Jacques la Boucherie, Saint-

Nicolas des Champs et Saint-Martin. On lui doit encore la construction du grand et du petit Châtelet.

Les Templiers se fixèrent à Paris sous Louis VII. L'hôpital Saint-tiervais, le collège de Dan ou Danemark, furent fondés par ce prince. Suger, son ministre, demeurait près dj l'église Saint-Merry.

Paris était alors enfermé dans une enceinte dont les principales portes étaient situées rue Saint Denis, en face de la rue d'Avignon, rue des Arcis, place Maubert et rue Saint- André des Arts. De nombreuses abbayes occupaient 1 s faubourgs. Des marais s'étendaient de Ghaillot à Ménihnontant et dons le quartier qui a conservé le nom de Marais.

Le règne de Philippe Auguste marque pour Paris une ère de prospérité. Deux aqueducs sont construits pour amener les eaux de M é ni 1 montant et de Delleville; des fontaines les répandent dans Paris; les rues sont pavées de grès; un port est établi sur la Seine; la construction de la cathédrale est entreprise, en 1163; enfin la police de la ville est organisée. Tant de bienfaits portèrent l'affection des Parisiens pour le roi jusqu'à l'enthousiasme. Le Louvre fut rebâti; mais il conserva encore l'apparence d'une citadelle. Les anciennes fondations de cet édifice disparurent sous Henri II.

Des fouilles, exécutées en 1866, ont fait retrouver l'emplacement des principales parties de l'ancien Louvre.

Quatre nouveaux collèges furent fondés; des halles entourées de murs furent établies près du cimetière des Innocents. Ce cimetière fut également clos tt des charniers y furent bâtis. Piiilippe Auguste érigea encore de nombreuses églises, des abbayes et des hôpitaux.

Enfin Paris fut enfermé dans une enceinte fortifiée. Les murs, de huit pieds d'épaisseur, étaient protégés par des fossés; ils étaient entremêlés de tours. Paris alors s'étendait jusqu'au pont des Arts à l'ouest; la porte Saint -Honoré, la porte Coquillière, près de la rue de ce nom; la porte Dur-

bette dans la rue Vieille-du-Temple, la porte Baudoyer, le quai des Célestins, les portes Saint- Victor, Bordet, Saint- Jacques, Saint-Michel, des Cordeliers, de Bussy, et la tour de Nesle (V. p. 9), sur remplacement de la rue Mazarine, formaient les autres limitas. On voit encore quelques restas de cette muraille dans la rue des Fossés-Saint- Victor.

Louis IX fît construire la Sainte-Chapelle, fonda la Sorbonne, les collèges de Sainte-Catherine, du Trésorier, de Calvi, de Cluny, des Bernardins, des Prémontrés et de l'hôtel Saint-Denis. De nombreuses congrégations se fixèrent à Paris sous ce prince, notamment les Grands-Augustins, les Blancs-Manteaux, les Chartreux et les Béguines. Louis IX fonda enfin l'hospice des Quinze-Vingts. C'est sous son règne que les écoles se constituèrent en universités. Pithard, chirurgien de Louis IX, institua la confrérie des chirurgiens, qui ouvrit plus tard des écoles de médecine.

Le règne de Philippe le Bel est signalé par le procès et le supplice des Templiers. Ce prince fonda plusieurs collèges, dont les plus célèbres furent ceux de Navarre et de Bayeux. On voyait encore, au commencement de la Révolution, la statue de Philippe le Bel, devant Notre-Dame, en souvenir de ses victoires.

Le règne de Louis le Hutin ne rappelle que les horreurs de la tour de Nesle et le supplice d'Enguerrand de Marigny, pendu au gibet de Montfaucon, qu'il avait fait construire. Le parlement prit, dès Philippe le Bel, une certaine importance; les Clercs de la Basoche furent constitués en commun îuté; la Hanse parisienne, devenue puissante, était gouvernée par le prévôt des marchands, qui avait sous ses ordres des jurés ou échevins : les différents corps de métiers avaient reçu des statuts particuliers; la police avait été l'objet d'un commencement d'organisation. Cependant, dès que la nuit était venue, les larrons déguisés en mendiants prenaient encore possession des rues. Le couvre-feu, qui

sonnait à Notre-Dame, avertissait les habitants qu'ils eussent à rteindre les lumières.

En 13'i3, la peste asiatique vint répandre la terreur dans Paris ; c'est aussi l'époque de l'inva*ion des Anglais. Du haut des tours de Notre-Dame, les Parisiens contemplaient les incendies a'iumés par les envahisseurs.

Malgré ses désastres, Paris s'enrichit encore, sous Philippe VI, de collèges et d'églises.

Le règne de Jean donna aux Parisiens l'occasion de déployer leur patriotisme en face des revers qui accablaient la France; le roi expulsa d'abord les truands, qui désolaient Paris à la faveur des troubles civils ; il fit décapiter ou emprisonner plusieurs grands vassaux qui avaient pris parti pour les Anglais : Raoul, connétable de France, fut décapité ; Charles le Mauvais, roi de Navarre, fut enfermé dans la tour du Louvre. Les états généraux, convoqués à Paris, votèrent les subsides nécessaires pour continuer la guerre et ordonnèrent un armement général. Toutefois le tiers état demandait des garanties pour assurer la bonne administration du royaume.

La capitale fut de nouveau mise à l'épreuve quand le roi eut perdu la bataille de Poitiers, en 1356. Etienne Marcel, prévôt des marchands, était l'âme du tiers étit; il ne craignit pas d'assiéger dans son palais le Dauphin, devenu régent du royaume depuis la captivité du roi, afin de lui demander l'exécution des promesses faites aux états généraux. Trente mille bourgeois en armes égorgèrent, sous les yeux du Dauphin, plusieurs de ses conseillers. Le Dauphin, s'échappant de Paris, revint à la tête d'une armée. Marcel mit la ville en état de défense et implora le secours de Charles le Mauvais; mais il fut surpris et tué à la porte Saint-An toine, dans la nuit du 1er août 1358, par Jean Maillard, qui fît rentrer le régent dans sa capitale.

La paix de Brétigny, en 1330, amena le retour du roi Jean.

Paris dut à Etienne Marcel certaines améliorations importantes. Le parloir aux bourgeois, qui devint plus tard l'hôtel de ville, fut transféré sur la place de Grève, dans la maison aux Piliers; l'enceinte de Paris fut agrandie et portée jusqu'à la rue Saint-Antoine, où fut construite une porte fortifiée, qui devint, après les agrandissements opérés par Charles V, la Bastille Saint-Antoine.

De l'autre côté de la Seine, la ville s'étendait jusqu'au quai des Ormes; au nord, jusqu'à la rue du Temple et jusqu'à la porte ou Bastille Saiut-Denis. La porte Saint-Honoré et la tour du Bois formaient les autres limites.

Paris était alors divisé en trois parties : l'Université sur la rive gauche, la cité et la ville sur la rive droite. Charles V, qui aimait Paris, accorda des lettres de noblesse à tous les bourgeois. Henri III restreignit ce privilège aux prévôts et aux échevins. Charles V fit construire, entre les rues Saint- Paul et Saint-Antoine, l'hôtel Saint-Paul, dont il fit une somj. tueuse habitation; ce palais était appelé l'Hôtel solennel des grands esbatements. Le Louvre reçut une bibliothèque de neuf cents volumes dans la tour appelée depuis Tour de la librairie ; cette bibliothèque, importante pour l'époque, devint le noyau de la Bibliothèque royale. Charles V affectionnait l'Université et ses écoliers. Il força le prévôt de Paris, Hugues Aubriot, à faire amende honorable à des écoliers qujl avait insultés. Sous le règne de ce prince, Paris vit des fêtes magnifiques.

La capitale ht moins heureuse sous Charles YI; la disette provoqua la révolte des Maillotins, qui fut noyée dans le sang. Nicolas Flamand et Jean Deemarets furent impliqués dans cette affaire et conduits au pilori des Halles où ils furent décapités avec deux autres individus.

Pendant la démence du roi, les bourgeois se prononcèrent pour Jean sans Peur, duc de Bourgogne. Les Cabochiens, unis aux écoliers, remplirent Paris de massacres, après avoir

chassé la cour. Gependaritles bourgeois, effrayés de ces désordres, auxquels les états généraux n'avaient pu remédier, se prononcèrent contre Jean sans Peur. Celui-ci quitta Paris pour traiter avec les Anglais et y rentra après la bataille d'Azincourt, en 1418, grâce à la trahison dePerrinetLeclerc, 18 000 bourgeois furent égorgés dans les rues et les maisons parles Cabochiens.

Les Anglais restèrent maîtres de Paris sous Charles VII. Jeanne d'Arc vint l'assiéger, en 1429, et dirigea l'attaque du côtédelarueSaint-Honoré. Malgré l'héroïsme de Jeanne qui, couverte de sang, refusait de quitter le champ de bataille, la ville ne put être emportée. C'est à cette occasion qu'elle déclara que sa mission était terminée et qu'elle consacra dans l'église de Saint-Denis son armure qui a été conservée.

Ce fut seulement en 1436, parle dévouement de Michel l'Allier, que Dunois et Richemont purent pénétrer dans Paris par la porte Saint- Jacques, et en chassèrent, les Anglais après une lutte sanglante.

L'année suivante, Paris fut désolé par la peste et la famine; des bandes de loups se répandaient dans les rues pour s'y repaître de cadavres.

Louis XI trouva dans les Parisiens des alliés utiles lors de la guerre du Bien public. Il encouragea l'imprimerie à sa naissance, organisa les postes et reconstitua la cour des aides.

A cette époque, Paris commençait déjà à prendre un nouvel aspect et à s'assainir. Seize fontaines publiques fournissaient l'eau; des égouts à ciel ouvert donnaient un écoulement aux eaux croupissantes, les principales rues étaient pavées; de beaux hôtels construits, plusieurs ports et huit ponts établis sur la Seine. Le pont Notre-Dame avait été reconstruit de manière à résister aux inondations.

Le goût du théâtre commençait à se répandre parmi le

les faubourgs Saint-Honoré et Montmartre sont compris dans cette enceinte.

Le luxe des gentilshommes était porté si haut qu'il dut être supprimé par des édits somptuaires; Paris avait alors ses brelans et ses académies de jeu.

Si, dans le centre de la ville, les rues étaient étroites, les maisons amassées et mal construites , on voyait s'élever, dans les quartiers plus éloignés, des rues larges et bien alignées, des maisons d'une construction remarquable.

Les lettres, protégées par Richelieu, avaient pris un brillant essor ; le génie de Corneille venait d'ouvrir de nouvelles voies au théâtre.

La minorité de Louis XIV est marquée par des faits qui appartiennent autant à notre histoire nationale qu'à celle de Paris : l'arrestation du conseiller Brousse, qui donna lieu à la journée des barricades, en 1648; la b'i taille du faubourg Saint-Antoine entre Turenne et Condé, en 1652; enfin la rentrée de Louis XIV à Paris.

La puissance féodale fut définitivement renversée par le grand roi. La noblesse était condamnée désormais à suivre le char triomphal de la royauté, le roi et les nobles étaient liés par des intérêts solidaires. ^>*£±*a*

La monarchie, parvenue à son plus haut degç^^è^LBrK) deur, grâce à l'appui des communes et du tb^jkat, allait bientôt se rencontrer face à face avec un peuple uni, ayant conscience de sa nationalité et prêt à revendiqueV ses libertés. \^£ïi^

Tout contribuait à servir le grand roi : la langue s'épurait avec Pascal, Bossuet et Fénelon ; la Fontaine dépassait comme fabuliste les plus beaux modèles de l'antiquité; Molière s'emparait du sceptre de la comédie ; Corneille et Racine égalaient la pureté antique ; Boileau fixait les lois de la prosodie; Lulli créait une musique nouvelle; Lebrun, Poussin, Lesueur, Mignard, dans la peinture, plaçaient l'école

française au rang de l'école italienne ; le Nôtre créait l'art des jardins; Mansart et Perrault marquaient, par leurs œuvres, une grande époque de l'architecture; Puget, Girardon, Sarrasin s'illustraient dans la sculpture, Boule dans l'ébénisterie; Baillin et Germain dans l'orfèvrerie; Colbert attachait son nom à d'admirables ordonnances sur le commerce; Turenne, Vauban et tant d'autres faisaient resplendir la gloire de nos armes ; et pour faire cortège au grand roi dans le palais féerique de Versailles, il ne fallait rien moins que toute la noblesse du royaume; les Académies des inscriptions et belles-lettres, des sciences, de peinture et de sculpture, d'architecture, de chirurgie, la manufacture de tapis des Gobelins sont des fondations dues à Colbert. Paris voyait s'ouvrir des places magnifiques : le Carrousel, la place Vendôme , la place des Victoires ; les boulevards étaient transformés en avenues et les fossés comblés; le Nôtre dessinait le jardin des Tuileries, qui était complété par celui des Champs-Éljsées; la ville s'ornait encore de trois magnifiques édifices : l'hôtel des Invalides, la Salpêtrière, l'hôtel des Quatre-Nations.

La ville agrandie comptait déjà 500 rues, 100 places, 9 faubourgs, 17 ports, 9 ponts, 30 hôpitaux.

La Reynie, lieutenant de police, purgeait la capitale des malfaiteurs; sous son administration, les rues commencèrent à être éclairées par des lanternes.

En 1718, Pierre le Grand visita Paris.

La fin du règne de Louis XV fut agitée par les tristes querelles que suscita la bulle Unigenitus; on vit ensuite l'exil du Parlement, les convulsionnaires de Saint Médard, les odieuses tortures de Damiens, le régicide; l'assassinat juridique de Lally-Tollendal.

Quelques monuments furent construits ou commencés : l'École militaire, le Garde- Meuble, le Ministère de la marine, la Halle au blé, l'Hôtel des monnaies, le Panthéon. Paris

s'agrandit du faubourg du Roule et de Ja Chausséed'Àntin.

Louis XVI contribua aussi à l'embellissement de la capitale, mais l'heure de la révolution avait sonné : la Bastille fut emportée le 14 juillet 1789. Trois mois après, le peuple allait chercher son roi à Versailles et le forçait à rentrer aux Tuileries.

L'année 1792 est marquée par le siège des Tuileries, le massacre des prisons, la convocation d'une Convention nationale.

1793 rappelle l'exécution de Louis XVI sur la place de la Révolution et le renversement des Girondins. La Terreur domine dès lors jusqu'en 1795.

La révolution du 9 thermidor donne le pouvoir au Directoire, qui l'abandonne à son tour à Bonaparte, au 18 brumaire.

Les dernières années de Louis XVI avaient été signalées par quelques établissements utiles : l'École de médecine, celles des ponts et chaussées, des mines, de chant, de déclamation et de danse, des jeunes aveugles, des sourds-muets, avaient été fondées; on vit s'élever aussi, sous ce règne, l'hôpital Beaujon, plusieurs halles et marchés, les pompes à feu de Ghaillot et du Gros-Caillou, le Théâtre-Français, la Porte-Saint-Martin, consacrée alors à l'opéra; les Italiens, devenus Opéra-Comique; le théâtre Montansier. En 1786, Paris fut entouré d'un mur servant à la perception des droits d'octroi.

La Convention créa les écoles Normale et Polytechnique, le Conservatoire des arts et métiers, l'Institut, les Archives nationales, le musée du Louvre et le musée d'artillerie.

De grands travaux signalèrent l'époque du Consulat et de l'Empire : entrepôt des vins, abattoirs, marchés, de nouveaux quais et qnatre nouveaux ponts sont construits ; les canaux de l'Ourcq, de Saint-Denis et de Saint-Martin sont creusés;

les cimetières de l'Est et du Nord sont établis en dehors de la ville; Pans voit enfin s'élever le palais de la Bourse, qui ne fut achevé qu'en 1 826, la Madeleine, la colonne Vendôme, l'arc de triomphe du Carrousel.

Le 30 mars 1814, 140 000 alliés, sous le commandement de Blùcher, de Langeron, de Kleist, de Barclay de Tollay et du prince de Wurtemberg, se pressaient sur tous les points d'où ils pouvaient attaquer la capitale; ils étaient divisés en cinq corps d'armée.

Les Français n'avaient à leur opposer que 23 000 hommes; 6000 gardes nationaux défendaient les quarante barrières. Le duc de Raguse disposait de 12 000 hommes qui s'étendaient de Pantin à Mont-euil, et le duc de Trévise, de 1 1 000 hommes qui couvraient la banlieue de Pantin à Saint-Ouen. De nombreux volontaires se présentaient; mais la plupart des chefs, gagnés aux alliés, leur refusaient des armes, et ne leur offraient que des piques. On savait cependant que les armes ne manquaient pas au fort de Vincennes. Enfin les chefs avaient négligé de faire venir à Paris les hommes du dépôt de Versailles et ceux du dépôt général des remontes qui auraient fourni en tout 8000 hommes. Les élèves de l'école polytechnique et ceux de l'école vétérinaire d'Alfort comptaient parmi les combattants.

La première attaque eut lieu dans la direction de Pantin et de Romainville. Barclay de Tollay , qui disposait de 47 000 hommes, fut d'abord refoulé. Mais grâce au renfort que lui amena le prince de Wurtemberg, il s'empara de Belleville et de Romainville.

Les 700 hommes de la brigade Clavel se défendirent héroïquement , sans pouvoir cependant arrêter l'effort de 20 000 alliés. Bagnolet, Charonne, la Villette, la Chapelle furent successivement occupés par les Russes et les Prussiens. Pendant ce temps-là le corps de Blucher débouchait par la plaine Saint-Denis.

Le roi Joseph, songeant plutôt à sa sûreté qu'à la prolongation de la défense, avait autorisé les maréchaux à traiter pour la reddition de la capitale. Le maréchal Marmont, appuyant cet avis, demanda et obtint une suspension d'armes. Elle fut suivie d'une convention négociée pendant la nuit, par les colonels Fabvier et Damrémont. Napoléon, qui s'avançait à marches forcées, eût peut-être sauvé Paris, sans le mauvais vouloir des généraux chargés de la défense.

En juillet 1815, Paris fut une seconde fois occupé par l'étranger. Après l'échec de Waterloo, Blùcher se porta sur Versailles , et s'empara de Meudon , de Sèvres et d'Issy. Montmartre avait été mis en état de résister, des détachements armés occupaient les barrières. Cependant ces préparatifs devinrent inutiles.

Le 3 juillet, le prince d'Eckmûhl signa avec Wellington et Blùcher une convention par laquelle il consentait à évacuer Paris , et à se retirer avec ses troupes derrière la Loire Deux jours après, les Prussiens et les Anglais occupaient la capitale.

La Restauration ne se maintint pas sans agitations : après l'assassinat du duc de Berry par Louvel, à la sortie de l'Opéra, en 1820, on ei.tla conspiration des Quatre Sergents de la Rochelle, qui furent exécutés sur la place de Grève.

Charles X, qui succède à Louis XVIII, en 1824, se voit forcé de fuir, en 1830, devant la révolution triomphante.

Louis-Philippe Ier vient ensuite ; le nouveau gouvernement ne peut s'établir qu'après avoir vaincu plusieurs insurrections redoutables, de 1832 à 1839. Ce règne fut favorable à l'agrandissement et à l'embe lissement de Paris : la Madeleine, l'Arc de l'Étoile, le palais d'Orsay furent achevés; plusieurs lignes de chemins de fer furent ouvertes; la ville entourée de fortifications; les rues élargies et assainies; les maisons bordées de trottoirs ; l'éclairage au gaz substitué aux réverbères.

En 1848, une nouvelle révolution amena la proclamation de la République. Cependant la création des ateliers nationaux ne tarda pas à compromettre la sûreté du gouvernement populaire; on eut l'invasion de l'Assemblée nationale au 15 mai, les journées de juin 1848.

Le coup d'Etat du 2 décembre ramena l'Empire. D'admirables travaux furent alors entrepris : le vieux Paris fut démoli, et des larges trouées ainsi pratiquées sortirent des rues et des boulevards splendides. Le Louvre fut achevé, les Halles centrales construites et, la place de l'Hôtel-de- Ville rebâtie sur un nouveau plan.

L'histoire a enregistré huit traités conclus à Paris : 1« Traité du 12 avril 1229. Raymond VII, comte de Toulouse, qui protégeait les Albigeois, étant entré dans une ligue féodale contre Blanche de Castille, alors régente du royavme, fut contraint de signer un traité par lequel il cédait le Languedoc à Louis IX, moins l'Agénois, le Rouergue, l'Albigeois, le Quercy; il promettait sa fille Jeanne en mariage à Alphonse de Poitiers, frère du roi, consentait à lui céder ses États à sa mort, restituait les biens du clergé, s'obligeait à combattre les Albigeois, et s'engageait enfin à payer une rançon de 20 000 marcs d'argent.

2° Traité du 20 mai 1303. Edouard III, roi d'Angleterre, profitant des démêlés de Philippe le Bel avec la papauté, et de l'agitation que le pape entretenait dans les provinces du Midi, exigea du roi de France la cession de l'Aquitaine. Celui-ci y consentit à la condition que le roi d'Angleterre jurerait foi et hommage au roi de France.

3° Traité du 24 mars 1515. François Ier, à peine monté sur le trône, et méditant déjà la conquête du Milanais, signa avec Charles d'Autriche un traité par lequel ce dernier s'engageait à ne pas soutenir Ferdinand le Catholique contre la France. François Ier promettait en mariage à Charles

d'Autriche la princesse Renée, fille de Louis XII, et lui donnait le Berry en dot. Ce traité ne fut pas exécuté.

4° Traité de 1635. Parce traité, Louis XIII faisait alliance avec les États généraux de Hollande contre l'Espagne.

5° Traité du 10 février 1763. Ce traité termina la guerre de Sept-Àns. Malgré le pacte de famille et l'alliance de la France avec les Bourbons d'Espagne et de Naples, la marine française avait été ruinée, et l'Angleterre dominait sur toutes les mers. La France cédait à l'Angleterre le Canada, la Nouvelle-Ecosse, Minorque, qu'elle échangeait contre Belle -Isle; elle abandonnait la Louisiane à l'Espagne, qui était obligée à son tour de livrer la Floride aux Anglais. La France conservait la Guadeloupe, la Martinique, et ses possessions en Afrique et dans les Indes; l'Angleterre restituait à l'Espagne Cuba et les Philippines.

6° Traité du 30 mai 1814. Il fut précédé de l'armistice du 23 avril. Talleyrand, qui fut le négociateur de la paix, consentit à ce que le territoire de la France fût limité aux frontières qu'elle avait en 1792. Les frontières du Nord, de Sambre-et-Meuse, de la Moselle, de la Sarre, du Haut-Rhin, devaient être rectifiées. D'un autre côté, les alliés reconnaissaient à la France les possessions de Montbéliard, d'Avignon, de Mulhouse et d'une partie de la Savoie. La France conservait ses anciennes colonies, à l'exception de l'île de France, de Tabago et de Sainte-Lucie.

7° Traité du 20 novembre 1815. Après Waterloo, les limites de la France furent encore reculées et bornées à l'étendue qu'elles avaient avant 1790. La France perdait Philippeville, Marienbourg, le duché de Bouillon, Sarrelouis et les rives de la Sarre, Sairbriïck, la rive gauche de Lauter, sauf Weissembourg, quelques communes du pays de Gex, l'ancienne Savoie. Les frontières devaient rester ouvertes du côté de Bâle et les fortifications d'Huningue abattues. Une indemnité de 700 millions devait être payée aux alliés;

enfin, la France devait entretenir une armée d'occupation de 150 000 étrangers pendant cinq ans.

8° Traité du 30 mars 1856. Il mit fin à la guerre de Grimée, entre la Russie d'une part, la France, l'Angleterre, la Sardaigne et la Turquie de l'autre. La Turquie et la Sardaigne furent admises dans le concert européen. Les puissances belligérantes se restituaient réciproquement les places conquises; l'intégrité de l'empire ottoman était garantie parles puissances contractantes; ces puissances s'engageaient à interposer leur médiation, en cas de rupture de la Poite avec l'une des grandes puissances ; la Russie s'interdisait toute immixtion dans l'administration intérieure de la-Turquie; la navigation du Danube devenait libre; la frontière de la Bessarabie devait être rectifiée; la Russie renonçait à ouvrir des arsenaux maritimes sur le littoral de la mer Noire, qui était neutralisée au profit de toutes les nations; les fortifications des îles d'Aland ne devaient pas être relevées; la Moldavie et la Valachie continuaient à avoir une administration séparée, sous la suzeraineté de la Porte; enfin, le traité donnait acte au sultan de ce qu'il avait spontanément accordé la liberté de conscience à ses sujets chrétiens.

Paris a donné le jour à beaucoup de grands hommes dont la France s'honore; nous allons les énumérer ici par ordre alphabétique.

Ce sont : Anquttil, Arnault, Bailly, Barbie du Bocage, Beaumarchais, Béranger, Berryer, Beiton, Biot, Boileau, Boissonade, Bougainville, Brongniart, Burnouf, Cartellier, Cassini, Catinat, Caylus, Charlet, Charron, Clairaut, Collé, Condé, Condorcet, Courrier, Cousin, Crevier, d'Alembert, d'Anville, Darcet, David, Delacroix, Delambre, Didot,-Dufresny, Duhamel, Estienne, Favart, Fourcroix, Ferret, Goujon, Gros, Gudin, Halévy, Hérold, Laharpe, Lavoisier,

Lebeau, Charles Lebrun, Legendre, Legouvé, Lekain, Lemaistre, Lemercier, Lenoir, le Nôtre, le Sueur, Louis- Philippe Ier, Malebranche, Malibran (Mme), Mansart, Marivaux, Mars (Mlle), Molet, Molière, Perrault, Picart, Picot, Pojnsot, Préville, Quatremère, Quinault, Racine (Louis), Regnard, Richelieu, Riccoboni (Mme), Rollin, Jean-Baptiste Rousseau, Saint-Marc-Girardin, Scarron, Scribe, Sedaine, Staël (Mme de), de Sacy, Talleyrand-Périgord, Talma, Tavernier, de Thou, de Tocqueville, Tronchet, Turgot, Vestris, de Wailly, Carie et Horace Vernet, Villemain, Voltaire.

Page 1