‹ Les merveilles du nouveau Paris--Chapitre 20 sur 144 · RUE RICHELIEU · texte numérisé non relu

RUE RICHELIEU

La garde les voyant se prendre aux cheveux, les empoigne sans vouloir en entendre davantage, et les conduit au poste, tandis que l'auteur de tout ce bruit et ses deux amis se dirigent vers le boulevard en festonnant. Et cette fois encore les battus payèrent l'amende.

La rue Montmartre part des Halles centrales, non loin de la rue Saint-Honoré, qui s'étend parallèlement à la rue de Rivoli, et dont la physionomie va être profondément modifiée par les travaux actuels; elle se poursuit sous le nom de faubourg Montmartre au delà des boulevards, et va aboutir à une sorte de carrefour formé par les rues Lamartine, des Martyrs, Notre-Dame de Lorette et Saint-Lazare, donnant ainsi accès à un quartier de plus en plus populeux.

La rue A'ivienne aux éclatants magasins part du Palais- Royal, pendant que la rue de Richelieu relie directement la rue de Rivoli aux boulevards.

La maison portant le n° 112, rue Richelieu, était, sous le premier Empire et la Restauration, l'hôtel Frascati, célèbre maison de jeu. C'est là que le fermier des jeux de Paris, M. Benazet, fit, en grande partie, cette fortune colossale, qui faisait dire de lui qu'il couchait sur des matelas de billets de banque, et pourtant ses charges étaient lourdes; car, indépendamment du prix de fermage et des tolérances de toute nature qu'il payait très-cher, on déposait, chaque soir sur la cheminée de la chambre du roi, à titre d'épingles, deux rouleaux d'or de mille francs chacun, dont Sa Majesté faisait assez ordinairement présent à la première personne qui entrait chez elle, et cette première personne était presque toujours la belle Mme du Cayla que Béranger appelle la belle Octavie. La charmante favorite prenait sans compter; mais elle comptait chez elle, et un jour que, dans un rouleau, elle trouva deux louis de moins, on l'entendit

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