LE PALAIS-ROYAL
hôtel de Nantes, à deux pas d'ici, el je montrerai mes parchemins.
— Soit, dit l'officier de paix, marchons; mais je vous déclare que si vous vous moquez de l'autorité, je vous flanque immédiatement à la préfecture.»
Le drôle de l'affaire c'est que Marco avait dit presque vrai; il était réellement le descendant du grand bouteiller du fils de Henri IV et il put montrer le brevet de son ancêtre, scellé et timbré aux armes de France de ce temps. L'officier de paix est saisi de respect à. la vue de ce vieux morceau de parchemin; il le lit avec émotion, fait des excuses, et se retire. Depuis ce jour, Saint-IIilaire ne sortait plus sans son brevet de grand bouteiller, et il disait le plus gravement du monde :
« Il faut avoir ses papiers dans sa poche; on ne sait pas ce qui peut arriver. »
Le café Lamblin, au Palais Royal, fut longtemps le lieu de rendez-vous des officiers de l'Empire; aussi était-il, après les Cent-Jours, activement surveillé par la police. Un soir, en 1816, le colonel Dulac, sortint de ce café avec un de ses amis, dit en jetant un pan de son manteau sur son épaule : Ma foi, vive l'ampleur ' Aussitôt il est saisi par quatre sbires et conduit chez le commissaire de police. Le colonel s'explique et soutient avoir dit vive l'ampleur. Malheureusement en ouvrant son manteau, il laissa voir au-dessous de sa cravate une petite épingle noire, prise amoureusement par lui ce jour-là même dans les cheveux d'une jolie femme. Or, on venait de découvrir la conspiration dite de l'Épingle noire. Il n'en fallut pas davantage pour faire croire au commiss lire qu'il tenait un des chefs de la conspiration. Le colonel fut mis en prison; il y passa six mois, et ne dut peut-être de n'être pas envoyé à l'échafaud qu'à la petitesse de l'épingle, qui ne ressemblait pas à celles saisies sur les chefs
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