ARC DE L'ÉTOILE
d'enceinte destiné à faciliter la perception des droits d'octroi et supprimé en 1860.
Les barrières des boulevards extérieurs, dont les plus remarquables, la barrière du Trône et l'Arc de Triomphe de l'Étoile existent encore, formaient donc autrefois les véritables portes de Paris.
La barrière du Trône est ainsi appelée en souvenir du serment de fidélité qu'y prêtèrent les Parisiens à Louis XIV et à Marie-Thérèse, assis tous deux sur un trône magnifique élevé aux frais de la ville de Paris. Deux colonnes surmontées des statues de Philippe Auguste et de saint Louis sont placées de chaque côté de la chaussée.
Elles devaient faire partie d'un arc de triomphe qui n'a pas été exécuté.
Sur l'emplacement de cette barrière, se trouve une place magnifique où viennent aboutir des voies magistrales , et qui sert pendant les fêtes nationales aux divertissements populaires.
La barrière de Glichy tient une place remarquable dans les fastes historiques de la France ; c'est là que le général Moncey à la tête de la garde nationale de Paris, opposa une vigoureuse résistance aux alliés ; elle était située sur l'emplacement de la place de Glichy.
L'Arc de Triomphe de l'Étoile est situé au centre de la vaste place circulaire appelée l'Étoile. (V. p. 25.)
Les dessins en furent fournis par Chalgrin et la première pierre posée le 15 août 1806.
La hauteur de ce monument gigantesque est de 51 mètres; sa largeur de 45 mètres et son épaisseur de 23. Il coûta environ 10 millions.
Les travaux furent poursuivis avec beaucoup d'activité
3k BARRIERE MONTPARNASSE,
jusqu'en 1814; un moment repris en 1823, ils furent abandonnés jusqu'en 1 832.
L'Arc de Triomphe de l'Étoile fut inauguré le 29 juillet 1836 : il offre le résumé complet des gloires militaires de la grande ère républicaine et impériale de 1792 à 1815. Les emplacements laissés libres par les sculpteurs sont remplis par cent soixante-deux noms de victoires et six cent cinquante-deux noms de généraux.
Les barrières étaient, avant l'annexion, le rendez-vous des ouvriers qui allaient, avec leur famille, s'y distraire le dimanche.
La barrière Montparnasse était, il y a quelques années, une de celles de la rive gauche qui jouissaient de la plus grande renommée.
La barrière du Maine, sa voisine, malgré son avenue magistrale, était loin de l'égaler.
Pour les amateurs du petit bleu et des bals de barrières, nous croyons qu'il n'y a que la Courtille qui pourrait lui être opposée avec quelque avantage.
Nous ne voulons pas faire l'historique de cette barrière, l'espace et les documents nous manquent, d'ailleurs nous laissons ce soin aux doctes écrivains qui font des volumes à propos d'un tas de pierres.
L'origine seule du nom tout mythologique de cette barrière, nous jette dans un monde de réflexions ; ce nom tout poétique de Montparnasse ne serait-il pas une de ces nombreuses antithèses que le hasard se plaît ironiquement à accoler aux choses les plus prosaïques; car est-il rien de plus bourgeois et de plus monotone que la vie de ses habitants et de ceux qui la fréquentent?
Le cimetière, qui se trouve à quelques pas de la barrière sur le boulevard, loin de jeter une ombre sur le tableau de sa gaieté, ne faisait qu'augmenter le mouvement et la cou-
sommation ; car, à Paris, il est de bonne compagnie, après avoir enterré un ami, d'aller boire à sa santé.... à sa mémoire, voulons-nous dire.
La spécialité des repas d'enterrements était aux Barreaux Verts, comme celle des festins de noces était autrefois à la Belle Polonaise ; pendant longtemps les Lucullus de la rive gauche citèrent cet établissement pour le choix de ses mets et l'heureuse composition de ses plats.
Maintenant ils sont trois ou quatre restaurants qui se disputent la palme culinaire, mais la Belle Polonaise, dont l'enseigne n'a pas changé depuis trente ans, prime toujours, et ses bosquets aux grands arbres verdoyants voient constamment de nouveaux couples venir bégayer sous leurs ombrages les premiers mots d'un amour, qui, hélas! ne dure pas toujours.
L'n industriel eut un matin l'idée de créer, sous le rapport de la victuaille, un établissement colossal ; c'était ni plus ni moins que la cuisine de Gamache dans une caserne.
C'était un spectacle tout pantagruélique de voir dans les longues salies de Richefeu une foule compacte, buvant, mangeant, criant, se disputant, riant, etc., etc. L'odeur sui gencris que laissait échapper une cuisine titanesque, titillait agréablement l'organe olfactif de la masse qui se ruait dans la rue de la Gaîté, et une procession continuelle ne cessait d'envahir la maison du fortuné rest mrateur.
La maison fit fortune et l'heureux propriétaire trouva un acheteur; mais un an après les barrières tombaient sous la pioche municipale et l'enceinte fortifiée remplaçait, l'ancien mur d'octroi ; ce fut le coup de grâce pour tous les marchands de vin.
Aujourd'hui l'établissement créé par M. Richefeu aîné a été converti en partie en hôtel garni.
Les bals en renom sont ceux du Jardin de Paris, de Grados et de Constant; viennent ensuite les Deux-Éléphants;
nous ne savons plus si c'est dans ce dernier endroit qu'un jour le plancher s'effondra sous les pieds des danseurs.
Pendant longtemps, à l'enseigne de la Pièce en perce, il se tint une goguette; c'est là qu'à une de ces soirées, soidisant lyriques, le président rappela l'auditoire au silence en disant :
« Silence, messieurs, nous ne sommes pas ici pour nous amuser. »
Au nombre des plaisirs qu'offre la barrière de Montparnasse, nous devons compter le théâtre. A une certaine époque, il sortit des acteurs remarquables de cette petite scène.
C'est là que débuta Alcide Tousez; il y jouait alors la tragédie !
Il y a vingt ans, il y avait un endroit célèbre : le bal du Caveau, où il était assez dangereux de s'aventurer; une population hideuse le fréquentait, et, malgré les patrouilles qui sillonnaient continuellement la rue de la Gaîté, il s'y commettait bon nombre de vols.
C'était à cette barrière que trônait la famille Meurt-de- Soif, dont la spécialité consistait à vendre des vêtements sans nom, sans forme, hors d'état de service. Là, pour un franc cinquante, on pouvait avoir un pantalon, un gilet et une redingote; c'était à désespérer les marchands de confections.
« C'est moins cher qu'une blouse, criait Meurt-de-Soif, et avec ça vous pouvez aller dans le monde. »
Pendant longtemps se tint à cet endroit un pauvre saltimbanque, l'illustre Gras-Boyau, qui avait bien la figure la plus triste qu'on puisse imaginer.
« Ah! vous allez rire, » disait-il à son public, et là-dessus il avalait cinq ou six lames de couteaux.
Loin de faire rire, il provoquait le dégoût et ne recevait rien.
Il faudrait un livre, l'esprit d'un chercheur, pour faire l'histoire de cette barrière, qui, pendant longtemps, fit les délices des étudiants, à cette époque où l'on sonnait du cor dans la rue de la Harpe, à minuit, sans que personne y trouvât à redire; alors que les étudiants portaient des bérets et avaient des maîtresses qui allaient en journée et portaient des bonnets; à cette époque enfin où gisait encore au fond de notre cœur l'espérance, où tout nous semblait plus beau, où le contact de la civilisation ne nous avait pas encore corrompu, comme disait Mùrger.
Le plaisir s'est déplacé, il existe toujours; la rue de la Gaîté n'a plus ses beaux jours; elle est devenue rue Yandamme, il n'en reste plus que le souvenir : c'est ce souvenir que nous avons cherché à évoquer.
La troisième zone est comprise entre les boulevards extérieurs et les fortifications; elle comprend diverses localités de l'ancienne banlieue qui, en vertu du décret du 16 juin 1859, ont été réunies à la ville de Paris.
En dehors des fortifications se trouvent une foule de villages et de petites villes, telles que Boulogne, Sablonville, Neuilly, Glichy, Pantin, Vincennes, qui forment la banlieue actuelle, et dont nous parlerons ailleurs.
La partie de la ville sise sur la rive gauche de la Seine ne comprend que deux zones : celle comprise entre la Seine et les boulevards extérieurs et celle comprise entre les boulevards extérieurs et les fortifications, annexée depuis 1860.
La nouvelle banlieue de ce côté comprend également une série de localités assez importantes, telles que Issy, Yanves, Montrouge, Gentilly, etc.