LES GOBELINS
L'Imprimerie impériale prit naissance au temps de François Ier: ce prince faisait graver des poinçons de caractères hébreux, français, grecs et latins et les mettait à la disposition des imprimeurs de la capitale afin d'encourager leur industrie.
L'Imprimerie du gouvernement ne fut vraiment constituée que par Louis XIII. Elle était alors placée à l'entre-sol de la grande galerie du Louvre.
Sous la République on lui donna le nom d'Imprimerie nationale executive. Napoléon l'appela ensuite Imprimerie impériale, et l'établit rue Vieille-du-Temple dans l'ancien palais Cardinal, qui avait appartenu autrefois au cardinal Rohan-Soubise.(K. page 245.)
Cette imprimerie est chargée de l'impression du Bulletin des lois et de toutes celles qui sont nécessaires pour le service de l'État. On imprime aussi, dans cet établissement, les ouvrages de sciences et d'arts. L'Imprimerie impériale est surtout riche en caractères orientaux; elle a du reste tous les différents types de caractères employés chez les diverses nations. On y trouve divers ateliers affectés au clichage, à la fonderie, à la lithographie, au séchage, au pliage, à la rognure, à la reliure, etc.
La célèbre manufacture de tapisseries des Gobelins, est ainsi nommée du nom de son fondateur, Gilles Gobelin, habile teinturier en laines, qui vivait au temps de François Ier. Ce Gilles Gobelin était de Reims et était venu s'établir avec ses frères à Paris. Dès 1450, il avait ses ateliers sur la Bièvre, dans le faubourg Saint-Marcel. La fabrique des frères Gobelin avait acquis une telle supériorité, que leurs contemporains attribuèrent le talent de ces célèbres artistes à un pacte que l'un d'eux aurait fait avec le diable. Cette anecdote n'est pas con trouvée; elle se trouve très-sérieusement racontée dans le Parfait Teinturier, imprimé en 1716.