Callimaque, Hymnes, VI, a3, 116; Ov., VIII
au V® siècle * ; mais nous ne voyons pas qu'aucun poète l'eût chantée avant Callimaque : la préférence même qu'il lui accorde entre toutes celles qui se rapportaient au culte de Cérès, le soin avec lequel il la développe suffiraient, s'il en était besoin, pour attester qu'elle avait encore de son temps toute la fraîcheur de la nouveauté. Ainsi nous avons chance d'aboutir ici à des conclusions certaines. La comparaison s'impose si bien d'elle-même qu'elle a été faite dès le xvi® siècle par Jules César Scaliger et souvent reprise depuis*. On peut essayer d'y apporter un peu plus de précision avec l'aide des nombreux travaux dont les métamorphoses et la mythologie ont été l'objet dans ces dernières années.
Le point de départ d'Ovide ce sont les métamorphoses de la fille d'Érysichthon ; quand l'horrible mal dont il souffre l'a obligé à dévorer tout son bien et qu'il ne lui reste plus de quoi pourvoir à sa subsistance, il veut vendre sa fille comme esclave ; elle lui échappe une première fois en prenant la forme d'un pêcheur, puis successivement celles de divers animaux ; mais dans l'intervalle son père la livre à prix d'argent à plusieurs maîtres. Il n'y a rien de semblable chez Callimaque. Nous ne savons pas exactement où Ovide a pris cette histoire. Il en est question dans un des sommaires de Libéralis au milieu d'une fable tirée des Métamorphoses de Nicandre^ ; on y lit même le nom de la jeune fille, supprimé par le poète latin ; elle y est appelée Hypermestra *. Une hypothèse assez vraisemblable fait remonter l'origine de cette combinaison par divers intermédiaires jusqu'à l'historien Hellanicus^; pourtant en quelques endroits les vers d'Ovide se rapprochent si exactement du texte
I. 0. Grusius, art. Erysichthon, dans Roscher, Lexikonder Gr. u. R. Mythologie, p. 1873.
3. Scaliger (J.-C.) dans sa Poetice (i56i), V, 8 ; Ërnesti dans son édition des Hymnes de Callimaque (1761), Excursus ad hymnum in Cererem ; La Porte du Theil, Hymnes de Callimaque, édition avec version française, an III (1795), 2» partie, p. i3 : Comparaison de la fable d'Ovide avec V hymne de Callimaque ; Zielinski (Th.), dans le Philologus, N. F., IV (1890), p. 137-162.