Ibid., 176 à aSi
ig8 LES MÉTAMORPHOSES d'oVIDE
troisième partie du discours*. Arrivé à la quatrième, le poète passe rapidement en revue les révolutions qui se sont accomplies dans les sociétés humaines jusqu'au glorieux principat d'Auguste, prédit par un oracle dès le temps de la chute de Troie ; enfin on revient au point de départ : puisque tout change, puisque, au terme de notre existence, notre âme passe dans de nouveaux corps, épargnons les animaux; qui sait si en les tuant nous ne faisons pas couler le sang de nos proches " ?
De ces quatre parties la dernière a pu sans peine être-imaginée par Ovide ; elle répète et résume ce qui précède. Il n'en est pas de même des trois autres ; là il est facile de voir qu'il réunit par un lien factice des idées hétérogènes, empruntées à la littérature philosophique. Sans doute le tableau des transformations du monde concorde bien avec le sujet principal du poème ; ce genre de métamorphoses n'est pas celui qui nous intéresse le moins ; il nous repose un peu des quatorze livres de fables qui précèdent, quoiqu'il comporte aussi une part de merveilleux, qui l'y rattache heureusement, et c'est bien pour cette raison qu'Ovide lui a donné tant d'importance. Mais la question est de savoir si les diverses parties du développement ont toutes un rapport aussi étroit avec la doctrine pythagoricienne, et si elles ont été puisées dans le même ouvrage ou dans des ouvrages distincts. A ce point de vue la variété même qu'elles présentent et les transitions très apparentes, qui les nouent les unes aux autres'*, suffiraient à nous avertir; il est clair qu'Ovide, à son ordinaire, butine un peu de tous côtés.
La première et la seconde parties * ne peuvent pas provenir d'un modèle d'une haute antiquité ; lorsque Ovide parle de la fuite incessante de toutes choses, on a supposé qu'il avait présente à